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    PROGRAMME INTERNATIONAL SUR LA SÉCURITÉ CHIMIQUE



    PRISE EN CHARGE
    DES INTOXICATIONS


    Manuel de l'agent de santé

    J. A. Henry
    H. M. Wiseman



    Medical Toxicology Unit
    Guy's and St Thomas'
    Hospital Trust
    Londres, Angleterre




    Organisation mondiale de la Santé
    Genève
    1998

    Catalogage à la source: Bibliothèque de l'OMS
    Henry, J. A.
    Prise en charge des intoxications: manuel de l'agent de santé/J. A.
    Henry, H. M. Wiseman.

    1. Toxicologie --- 2. Toxiques --- 3. Intoxication --- prévention &
    contrôle 4. Intoxication --- thérapeutique 5. Manuel I. Wiseman, H. M.
    II. Title

    ISBN 92 4 254481 7 (Classification NLM: QV600)


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    se fera un plaisir de fournir les renseignements les plus récents sur
    les changements apportés au texte, les nouvelles éditions prévues et
    les réimpressions et traductions déjà disponibles.

    (c) Organisation mondiale de la Santé , 1998
    Illustrations (c) Picthall & Gunzi 1998

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    déposé.

    Table des matières

    Préface
    Remerciements 
    Introduction 
         Comment utiliser ce manuel 
         Centres antipoisons et programmes de lutte contre les
         intoxications 

    Partie 1. Poisons et intoxications: généralités 

         1.   Poisons et intoxications 
              Objectifs 
              Qu'est-ce qu'un poison? 
              Exposition à un poison 
              Mode de pénétration d'un poison dans l'organisme 
              Ce qui se passe lorsqu'un poison pénètre dans l'organisme 
              Effets des poisons 
              Survenue des effets généraux 

         2.   Circonstances dans lesquelles surviennent les intoxications
              Objectifs 
              Intoxications accidentelles 
              Intoxication volontaire 
              Empoisonnement délibéré de tiers 
              Intoxications alimentaires 
              Intoxications médicamenteuses 
              Toxicomanies et abus 
              Utilité et danger des substances chimiques 

         3.   Prévention des intoxications 
              Objectifs 
              Comment aider les gens à assurer la sécurité à domicile, sur
              les lieux de travail et dans la communauté?
              Que peut-on faire pour prévenir les intoxications?
              La sécurité à domicile 
              Prévention des intoxications par les pesticides
              Ce que peuvent faire les employeurs pour éviter les
              intoxications professionnelles
              Précautions à prendre contre les morsures de serpents 
              Précautions à prendre contre les piqûres et les morsures
              d'insectes (araignées et scorpions) 
              Précautions à prendre pour éviter de consommer des poissons
              venimeux, des plantes ou des champignons vénéneux 
              Précautions à prendre pour éviter de consommer des aliments
              contaminés par des microbes 

         4.   Conduite à tenir en cas d'urgence 
              Objectifs 
              Surveillance des risques 
              Conduite à tenir en cas d'urgence 

         5.   Premiers secours 
              Objectifs 
              Donner immédiatement les premiers soins 
              Premiers secours en cas d'intoxication 
              Traitement des piqûres et morsures d'animaux venimeux par
              des remèdes traditionnels 
         6.   Recherche d'une aide médicale 
              Objectifs 
              A moins de deux heures d'un hôpital 
              Loin d'un hôpital 
              En l'absence d'une aide médicale rapide 
              Transport de la victime à l'hôpital 
              Ce qu'il faut faire après avoir lu ce chapitre 

         7.   Examen de la victime 
              Objectifs 
              Signes et symptômes 
              Ce que l'examen ne peut révéler 
              La victime ne présente aucun signe ni symptôme 
              Comment procéder à l'examen d'une victime et reconnaître les
              signes et symptômes qu'elle présente 
              Tableaux de signes et de symptômes 

         8.   Retracer la suite des événements 
              Objectifs 
              Interroger les gens 
              Rechercher le poison ou des indices permettant de retracer
              la suite des événements 
              Ce qu'il y a lieu de faire ensuite 

         9.   Prise en charge des intoxications en dehors de l'hôpital 
              Objectifs 
              Ce qu'il faut faire en cas d'ingestion d'un poison 
              Comment empêcher le poison de parvenir jusqu'à la
              circulation sanguine 
              Provoquer les vomissements 
              Administration de charbon activé 
              Administration d'un laxatif 
              Prise en charge d'un sujet très malade 

         10.  Médicaments et matériel
              La trousse de premier secours
              Médicaments 
              Matériel de premiers secours 

    Partie 2. Poisons: caractéristiques

         Introduction
              Renseignements figurant dans chaque section 

         Pesticides 
              Arsenic et produits contenant de l'arsenic 
              Chlorate de sodium 
              Désherbants au chlorophénoxyacétate 
              Dinitro- o-crésol (DNOC), dinitrophénol, dinoseb et
              pentachlorophénol 
              Insecticides à base de pyréthrines et de pyréthrinoïdes 
              Insecticides organophosphorés et carbamates 
              Métaldéhyde 
              Paraquat 
              Pesticides organochlorés 
              Phénol et substances apparentées 
              Phosphure d'aluminium et phosphure de zinc 
              Raticides 
              Répulsifs contre les insectes 
              Strychnine 
              Thallium 
              Warfarine et autres pesticides ayant un effet anticoagulant 

         Substances chimiques à usage domestique et professionnel 
              Benzène, tétrachloro-éthylène, toluène, trichloro-éthane,
              trichloréthylène et xylène 
              Borax, acide borique et perborate de sodium 
              Colle 
              Cosmétiques et produits de toilette 
              Cyanures 
              Désinfectants et antiseptiques 
              Désodorisants d'ambiance, blocs désodorisants et boules
              antimites 
              Distillats de pétrole 
              Essences volatiles 
              Ethanol et isopropanol 
              Ethylèneglycol et méthanol 
              Oxyde de carbone 
              Phosgène 
              Piles miniaturisées 
              Plomb 
              Pulvérisateurs d'aérosols 
              Savon et détergents 
              Substances caustiques et corrosives 
              Tabac 
              Tétrachlorure de carbone 
              Produits habituellement peu dangereux 

         Médicaments 
              Acide acétylsalicylique, salicylate de choline, salicylate
              de méthyle, acide salicylique 
              Amphétamines, atropiniques, antihistaminiques, cocaïne,
              éphédrine et pseudoéphédrine 
              Aminophylline et théophylline 
              Barbituriques, médicaments de type chlorpromazine,
              médicaments de type diazépam et méprobamate 
              Carbamazépine, phénytoïne et acide valproïque 

              Carbonate de lithium 
              Colchicine 
              Contraceptifs oraux 
              Dapsone 
              Digitaline, digitoxine et digoxine 
              Hydroxyde de magnésium, sulfate de magnésium,
              phénolphthaléine et séné 
              Ibuprofène 
              Insuline et médicaments de type chlorpropamide 
              Isocarboxazide, phénelzine et tranylcypromine 
              Isoniazide 
              Médicaments de type amitriptyline, chloroquine, quinidine et
              quinine 
              Médicaments contenant du fer 
              Opiacés 
              Paracétamol 
              Pénicilline et tétracycline (antibiotiques) 
              Proguanil 
              Rifampicine 
              Salbutamol 
              Trinitrine, hydralazine et médicaments de type propranolol

         Plantes, animaux et toxines naturelles 
              Plantes contenant de l'atropine 
              Cannabis 
              Plantes irritantes 
              Lauriers roses 
              Haricots ornementaux 
              Champignons 
              Serpents 
              Araignées 
              Poissons venimeux 
              Toxi-infections alimentaires par les poissons et fruits de
              mer 

         Glossaire 

         Index 
    

    Préface

    Ce manuel répond à deux objectifs principaux: informer les gens vivant
    dans des régions rurales, loin de toute aide médicale, de la conduite
    à tenir en cas d'intoxication et proposer des moyens de prévention au
    sein de la communauté.

    Il a été rédigé à l'intention des personnes qui, n'ayant que peu ou
    pas de formation médicale, peuvent être amenées à être les premières
    en contact avec un sujet intoxiqué, à savoir les agents de santé
    communautaires, les secouristes ou les cadres travaillant dans des
    communautés rurales. Certains renseignements ont été ajoutés à
    l'intention des médecins qui, ayant une expérience de la clinique et
    des méthodes diagnostiques, travaillent dans les postes et les centres
    de santé ruraux et peuvent à ce titre disposer de certains instruments
    médicaux et médicaments.

    Ce manuel se veut un ouvrage de référence pratique en cas d'urgence.
    Il peut également servir aux personnes chargées de former les agents
    de santé communautaires et autres intervenants à des gestes pratiques
    tels que le bouche-à-bouche et le massage cardiaque, gestes qui ne
    s'acquièrent qu'avec la pratique sous la supervision d'une personne
    qualifiée. Il devrait également être utile aux étudiants en médecine,
    aux infirmières et au personnel paramédical.

    Cet ouvrage sera d'autant plus utile qu'il sera traduit dans
    différentes langues et adapté aux diverses situations locales en
    fonction des responsabilités confiées aux agents de santé
    communautaires (autorisés ou non, par exemple, à pratiquer des
    injections); des fonctions des centres de santé locaux et des médecins
    des hôpitaux ruraux; des médicaments disponibles et des problèmes
    particuliers qui se posent dans chaque région.

    On ne s'est pas attardé ici sur les intoxications chroniques, souvent
    causées par l'emploi de produits chimiques dans le cadre
    professionnel. Les lecteurs qui veulent en savoir plus sur ces
    intoxications devront se reporter à un ouvrage traitant de la santé en
    milieu professionnel (médecine du travail).

    Public auquel ce manuel s'adresse

     Agents de santé communautaires. L'agent de santé communautaire sait
    en général lire, écrire et résoudre des problèmes arithmétiques
    simples; sa formation de base lui permet de:

    --   donner les premiers secours,
    --   prendre la température,
    --   prendre le pouls,
    --   dispenser des médicaments.

    Les agents de santé communautaires peuvent également être formés à la
    pratique des injections intramusculaires et sous-cutanées.

     Secouristes. Les secouristes sont entraînés à porter secours aux
    gens en difficulté et à apporter une aide immédiate aux victimes
    d'accidents en attendant qu'un agent de soins de santé qualifié puisse
    prendre le relais. Les personnes susceptibles d'être présentes les
    premières sur les lieux d'un accident, telles que les employés d'une
    entreprise, les pompiers, ou les agents de police, ont souvent un
    diplôme de secouriste.

     Cadres sans qualification médicale. De nombreux cadres ayant fait
    des études supérieures tels que les enseignants, les agronomes, les
    pharmaciens, les scientifiques et les techniciens, connaissent les
    usages et les effets des substances chimiques. Dans les communautés où
    il n'y a pas de médecin, ils sont parfois les seuls à avoir des
    connaissances sur les substances chimiques et les poisons. Ils peuvent
    donc être amenés à être les premiers sur les lieux d'un accident ou à
    être appelés auprès de personnes dont on pense qu'elles ont été
    intoxiquées. Ils doivent connaître la conduite à tenir en cas
    d'intoxication par les pesticides, les médicaments, les produits
    ménagers et autres substances. Ils doivent également être en mesure de
    conseiller les gens sur la manière d'éviter toute intoxication.

    Dans certains pays, les cadres sans formation médicale peuvent suivre
    des cours organisés par les centres antipoisons afin d'apprendre les
    gestes à effectuer en cas d'urgence.

     Infirmières, étudiants en médecine et personnel paramédical. Cet
    ouvrage peut leur servir de manuel pratique ou de manuel de formation.

     Médecins. Certains renseignements ont été mentionnés expressément à
    l'intention des médecins qui travaillent dans les dispensaires et les
    centres de santé ruraux et disposent à ce titre de certains
    instruments médicaux et de médicaments. Ces renseignements figurent
    dans des encadrés qui les isolent du corps du texte. Le détail des
    traitements médicaux qui ne peuvent être administrés qu'en milieu
    hospitalier n'y est pas précisé.

    Remerciements

    Ce manuel a été préparé sur recommandation d'un groupe d'experts réuni
    par le Programme international sur la Sécurité chimique (PISC)1 en
    février 1987. Un avant-projet a été préparé par le Dr J. A. Henry et
    MmeH. M. Wiseman et revu par un certain nombre d'experts qui ont
    apporté leurs observations, en particulier le Dr E. Fogel de Korc
    (Montevideo, Uruguay), le Dr G. R. Gardiner, Le Dr J. Jackson et M. W.
    Tardoir (Bruxelles, Belgique), ainsi que par des collègues du Registre
    international des Substances chimiques potentiellement toxiques
    (RISCPT) du PNUE et du service de la Sécurité et de la Santé au
    travail du BIT. Le groupe de rédaction réuni par le PISC pour examiner
    le texte, était constitué des personnes suivantes: le Dr J.-C. Berger
    (Luxembourg), le Dr N. Besbelli (Ankara, Turquie), le Professeur M.
    Ellenhorn (Los Angeles, Etats-Unis d'Amérique), le Professeur B. Fahim
    (Le Caire, Egypte), le Dr Sming Kaojarern (Bangkok, Thaïlande), le
    Professeur A. Furtado Rahde (Porto Alegre, Brésil), le Dr N. N.
    Sabapathy (Fernhurst, Angleterre), le Professeur A. N. P. van Heijst
    (Utrecht, Pays-Bas), et le Dr A. David (BIT). Le texte de ce manuel a
    été testé lors d'un atelier du PISC qui s'est tenu a Harare, au
    Zimbabwe du 28 janvier au 1 er février 1991, puis dans deux ateliers
    de formation organisés par la suite au Zimbabwe. Certaines parties de
    ce texte ont également été examinées lors d'un atelier du PISC qui
    s'est tenu à Dakar, Sénégal, du 24 au 27 janvier 1995. En ce qui
    concerne le PISC, c'est le Dr J. Pronczuk de Garbino qui a apporté les
    modifications d'ordre rédactionnel et le Dr J. A. Haines qui a
    coordonné le travail.

    Le manuel de premiers secours des Joint Voluntary Aid Societies du
    Royaume-Uni et les publications de la Global Crop Protection
    Federation ont été particulièrement utiles pour la préparation de
    l'avant-projet. Le soutien financier apporté au PISC par le Department
    of Health du Royaume-Uni, a permis de réaliser l'avant-projet et
    d'organiser les réunions du groupe de rédaction. Les illustrations ont
    été préparé es par Picthall & Gunzi, Londres.

                   

    1  Le PISC est un projet de coopération entre l'Organisation
         mondiale de la Santé (OMS), le Bureau international du Travail
         (BIT) et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement
         (PNUE). L'OMS est l'agent d'exécution du programme, qui vise à
         fournir aux pays une base de données scientifiques évalué es au
         plan international afin qu'ils mettent en place leurs propres
         mesures de sécurité chimique et qu'ils renforcent les moyens
         d'action nationaux pour la prévention et le traitement des effets
         nocifs des substances chimiques et la gestion des situations
         d'urgence.

    Introduction

    Comment utiliser ce manuel

    Ce manuel est constitué de deux parties. Dans la Partie 1 on trouvera
    des renseignements d'ordre général sur les poisons et les
    intoxications, sur la façon dont les intoxications se produisent et
    sur ce qu'il y a lieu de faire pour les prévenir. Elle comporte
    également des indications sur la manière de traiter les urgences. Dans
    la Partie 2 on trouvera des renseignements précis sur les effets de
    l'intoxication par divers pesticides, médicaments, produits ménagers,
    plantes vénéneuses et animaux venimeux et des indications sur la
    conduite à tenir lorsqu'on pense être en présence d'un cas
    d'intoxication. On y trouvera également un glossaire et un index.

    Pour être prêt en cas d'urgence

    1.   Disposer d'une trousse de premiers secours, comme celle
         recommandée au chapitre 10, à domicile, dans la communauté ou sur
         le lieu de travail.

    2.   Etudier ce manuel avant d'en avoir besoin, en particulier les
         chapitres 4 à 9 de la Partie 1, qui indiquent la conduite à tenir
         en cas d'intoxication.

    3.   S'exercer à pratiquer certains gestes de premiers secours, de
         façon à savoir ce qu'il y a lieu de faire en cas d'urgence.

    Recherche d'une substance chimique, d'une plante ou d'un animal

    En cas d'intoxication, se reporter à la Partie 2. Rechercher dans
    l'index figurant à la fin du manuel le médicament, le produit
    chimique, la plante ou l'animal qui semble être à l'origine de
    l'intoxication.

    Renseignements destinés aux médecins

    Dans le chapitre 5, «Premiers secours» et le chapitre 9 «Prise en
    charge des intoxications en dehors de l'hôpital», ainsi que dans la
    Partie 2, le texte est parsemé d'encadrés. Les renseignements qui y
    figurent sont destinés aux médecins.

    Si vous ne comprenez pas la signification de certains mots utilisés
    dans cet ouvrage

    Rechercher le mot dans le glossaire (le vocabulaire médical figurant
    dans les encadrés destinés aux médecins n'y est pas expliqué).

    Centres antipoisons et programmes de lutte contre les intoxications Il
    existe dans beaucoup de pays des centres antipoisons qui donnent des
    conseils sur le traitement et la prévention des intoxications. Ils
    disposent de renseignements sur les médicaments, les pesticides, les
    plantes vénéneuses, les animaux venimeux, les produits ménagers et les
    substances chimiques employées dans le cadre professionnel. Le médecin
    du centre antipoison peut vous indiquer la conduite à tenir lorsque
    quelqu'un a ingéré ou respiré une substance toxique, ou en a reçu des
    projections sur la peau ou dans les yeux.

    La plupart des centres antipoisons peuvent être contactés 24 heures
    sur 24 par téléphone ou, dans certains pays, par radio. Ils disposent
    parfois d'antidotes particuliers (par exemple, sérums antivenimeux
    contre les serpents ou les araignées). Certains d'entre eux disposent
    de lits d'hôpital où ils peuvent traiter les sujets intoxiqués.

    Dans beaucoup de pays, d'autres institutions collaborent avec les
    centres antipoisons dans le cadre de programmes nationaux de lutte
    contre les intoxications, afin d'améliorer la prise en charge et la
    prévention de ces dernières. On peut citer:

    --   les hôpitaux et autres établissements dans lesquels les sujets
         intoxiqués sont traités;
    --   les organismes qui recueillent des informations sur les
         intoxications;
    --   les entreprises qui fabriquent ou utilisent des substances
         pouvant provoquer des intoxications;
    --   les instances gouvernementales qui contrôlent l'utilisation des
         substances chimiques dans le pays;
    --   les universités et les établissements d'enseignement supérieur
         qui dispensent des cours sur les intoxications aux médecins et
         autres personnes intéressées.

    On trouvera au dos de ce manuel un espace dans lequel inscrire les
    noms et adresses des organismes susceptibles d'apporter leur aide en
    cas d'intoxication, ou de donner des conseils en matière de prévention
    des intoxications.

    PARTIE 1  Poisons et intoxications: généralités

    CHAPITRE 1  Poisons et intoxications

    Objectifs

    A la fin de ce chapitre, on doit être à même de :

    1.   Savoir ce qu'est un poison.

    2.   Savoir ce que l'on entend par intoxication locale et intoxication
         générale. Comprendre de quelle façon un poison peut pénétrer dans
         l'organisme et être capable de reconnaître les situations dans
         lesquelles une intoxication est susceptible de se produire.

    3.   Savoir ce que l'on entend par intoxication aiguë et intoxication
         chronique et être capable d'expliquer aux gens qu'une exposition
         continue à de faibles quantités de substance toxique pendant
         plusieurs jours, semaines ou mois, peut être dangereuse, même
         s'ils n'en ressentent pas immédiatement les effets nocifs.

    4.   Pouvoir expliquer aux gens que prendre trop d'un médicament peut
         être dangereux.

    5.   Pouvoir expliquer aux gens pourquoi il est important de faire
         attention lorsqu'on manipule des produits dangereux et pourquoi
         il est important de rincer le plus vite possible toute substance
         toxique ayant été en contact avec la peau.

    6.   Pouvoir expliquer pourquoi les distillats de pétrole, tel le
         pétrole lampant, sont nocifs si on les avale.

    7.   Comprendre comment l'on peut aider des personnes ayant avalé un
         poison en les faisant vomir ou en leur donnant du charbon activé.

    8.   Savoir que les sujets très âgés, très jeunes ou en mauvaise santé
         sont plus exposés aux dangers des poisons.

    9.   Savoir pourquoi une personne ayant été exposée à un poison peut
         sembler ne pas être incommodée et pourquoi il est souvent bon de
         la garder en observation pendant 12 à 24 heures après
         l'exposition, même si elle semble en bonne santé.

    Qu'est-ce qu'un poison?

    Un poison est une substance qui provoque des effets nocifs lorsqu'elle
    pénètre dans l'organisme. Ces effets peuvent être bénins (par exemple,
    maux de tête ou nausées), graves (par exemple, convulsions ou très
    forte fièvre), ou mortels.

    Pratiquement n'importe quelle substance chimique peut être toxique si
    elle pénètre en quantité suffisante dans l'organisme. Certaines sont
    dangereuses en très petite quantité (par exemple, l'ingestion d'une
    cuillerée de produit toxique ou la faible quantité de venin injectée
    par un serpent); d'autres ne sont dangereuses qu'en grande quantité
    (par exemple, plusieurs tasses d'un produit).

    La quantité de substance qui pénètre dans l'organisme à un moment
    donné est appelée dose. Une dose de substance qui provoque une
    intoxication est une dose toxique. La plus petite quantité de
    substance ayant un effet toxique est appelée dose seuil. Si la
    quantité de substance ayant pénétré dans l'organisme est inférieure à
    la dose seuil, elle ne provoquera pas d'intoxication et peut même
    avoir des effets bénéfiques. Par exemple, les médicaments ont des
    effets bénéfiques si on les prend à la bonne dose, mais certains
    d'entre eux peuvent être toxiques si l'on en prend trop.

    Exposition à un poison

    Lorsque des personnes sont en contact avec un poison, on dit qu'elles
    y sont exposées. L'effet de l'exposition dépend d'une part de la durée
    du contact et de la quantité de substance ayant pénétré dans
    l'organisme et de l'autre, de la quantité de substance que l'organisme
    peut éliminer au cours de cette période.

    L'exposition peut n'avoir lieu qu'une fois ou se produire à de
    nombreuses reprises.

     L'exposition aiguë est un contact unique de quelques secondes,
    minutes ou heures, ou une succession d'expositions au cours d'une
    journée tout au plus.

     L'exposition chronique est un contact de plusieurs jours, mois ou
    années. Elle peut être continue ou interrompue par des périodes
    pendant lesquelles il n'y a aucun contact. Par exemple, il y a
    exposition discontinue dans le cadre professionnel.

    L'exposition chronique à de petites quantités de substance toxique
    peut ne provoquer aucun signe ni symptôme au début. Il faut parfois
    des jours ou des mois avant qu'il y ait suffisamment de substance
    toxique dans l'organisme pour entraîner une intoxication. Par exemple,
    une personne peut employer un pesticide tous les jours. Chaque jour,
    elle ne sera exposée qu'à une faible quantité de pesticide, mais peu à
    peu le pesticide s'accumulera dans l'organisme jusqu'à atteindre la
    dose toxique. C'est à ce moment-là que la personne commencera à se
    sentir mal.

    Mode de pénétration d'un poison dans l'organisme

    Le mode de pénétration d'un poison dans l'organisme est appelé 
     type d'exposition ou voie d'absorption. La quantité de poison qui
    pénètre dans la circulation sanguine au cours d'une durée donnée
    dépend de cette voie.

    Par la bouche en cas d'ingestion

    La plupart des intoxications se produisent ainsi. Il arrive souvent
    que de jeunes enfants avalent des poisons accidentellement; les
    adultes qui veulent s'empoisonner les ingèrent eux délibérément. Si,
    après avoir manipulé des substances toxiques, les gens mangent,
    boivent ou fument sans s'être lavés les mains, ils peuvent en ingérer
    accidentellement. C'est une cause fréquente d'intoxication par les
    pesticides.

    Lorsqu'elles sont ingérées, les substances toxiques vont dans
    l'estomac (Fig. 1). Certaines d'entre elles traversent la paroi
    intestinale et vont dans la circulation sanguine. Plus la durée
    pendant laquelle une substance toxique reste dans l'intestin est
    longue, plus la quantité qui pénétrera dans la circulation sanguine
    sera importante et plus l'intoxication sera grave.

    FIGURE 1

    Si une personne vomit peu après avoir ingéré un poison, ce dernier
    sera peutêtre expulsé avant d'atteindre une dose toxique dans le sang.
    Donc, si la personne ne vomit pas immédiatement, il est parfois utile
    de la faire vomir. Il existe deux autres façons d'empêcher les poisons
    de passer dans la circulation sanguine: 1) administrer du charbon
    activé car il se fixe à certains poisons et les empêche de traverser
    la paroi intestinale; ou 2) administrer des laxatifs pour accélérer le
    transit intestinal et éliminer la substance toxique plus rapidement.
    Le chapitre 9 indique les situations dans lesquelles il est utile de
    faire vomir un malade, de lui donner du charbon activé ou un laxatif
    et celles où au contraire cela peut être dangereux.

    Les poisons qui ne traversent pas la paroi intestinale ne parviennent
    pas dans la circulation sanguine et ne peuvent donc pas entraîner
    d'intoxication générale. Ils parcourent l'intestin et quittent
    l'organisme dans les selles. Par exemple, le mercure métallique ne
    peut traverser la paroi intestinale. En cas d'ingestion, le mercure
    d'un thermomètre sera éliminé dans les selles, sans entraîner
    d'intoxication.

    Par les poumons en cas d'inhalation par la bouche et le nez

    Les gaz, vapeurs, poussières, fumées ou aérosols toxiques peuvent être
    inhalés par la bouche et le nez et pénétrer dans les voies aériennes
    jusqu'aux poumons (Fig. 2). Seules les particules trop petites pour
    être vues peuvent pénétrer dans les poumons. Les particules plus
    grosses sont piégées dans la bouche, la gorge et le nez et peuvent
    être ingérées. On peut inhaler une substance toxique en travaillant
    dans un bâtiment mal aéré ou en pulvérisant des pesticides sans
    protection suffisante. Les appareils de chauffage au mazout ou au gaz,
    les cuisinières et les feux dégagent des vapeurs toxiques qui peuvent
    atteindre des concentrations dangereuses si la fumée n'est pas évacuée
    à l'extérieur ou si la pièce n'est pas bien aérée.

    FIGURE 2

    Les substances toxiques qui pénètrent dans les poumons passent très
    rapidement dans la circulation sanguine du fait que les voies
    aériennes ont des parois fines et sont très bien irriguées.

    Par la peau du fait d'un contact avec des liquides, gouttelettes de
    pulvérisation ou brouillards

    Les personnes qui travaillent avec des produits comme les pesticides
    peuvent s'intoxiquer à l'occasion de pulvérisations ou d'éclaboussures
    reçues à même la peau, ou en portant des vêtements qui en sont
    imbibés.

    La peau constitue une barrière qui protège l'organisme des agressions
    extérieures. Cependant, certains poisons peuvent penétrer à travers la
    peau (Fig. 3). Ils traversent plus facilement une peau chaude,
    mouillée ou moite qu'une peau froide et sèche, et plus rapidement une
    peau endommagée par des égratignures ou des brûlures qu'une peau
    intacte. Par conséquent, une substance qui endommage la peau
    traversera plus facilement qu'une autre qui ne l'endommage pas. Il est
    parfois possible d'éliminer en la rinçant la substance toxique avant
    qu'une dose dangereuse ne pénètre dans l'organisme.

    FIGURE 3

    Par injection à travers la peau

    Des substances toxiques peuvent être injectées à travers la peau au
    moyen d'une seringue, d'un injecteur sans aiguille, lors d'un
    tatouage, ou à l'occasion d'une morsure ou d'une piqûre d'animal
    venimeux (insecte, poisson ou serpent). Le produit injecté peut
    pénétrer directement dans les vaisseaux sanguins ou sous la peau, dans
    les muscles ou les tissus adipeux. Un poison injecté dans les
    vaisseaux sanguins agit très rapidement. S'il est injecté sous la peau
    ou dans un  muscle, il faut qu'il traverse plusieurs couches de tissus
    avant d'atteindre les vaisseaux sanguins, et il agit donc plus
    lentement.

    Ce qui se passe lorsqu'un poison pénètre dans l'organisme

    Comment le poison diffuse dans l'organisme

    Unefois qu'une substance toxique aatteint la circulation sanguine,
    elle est véhiculée dans tout l'organisme, le coeur pompant le sang qui
    alimente ce dernier (Fig. 4).

    FIGURE 4

    Comment le poison est dégradé dans l'organisme

    Certaines substances toxiques sont modifiées dans l'organisme et
    transformées en d'autres produits appelés métabolites, qui peuvent
    être plus ou moins dangereux que la substance d'origine. Les
    métabolites sont plus facilement éliminés que la substance d'origine.
    La plupart du temps, cette dégradation s'opère au niveau du foie.

    Comment le poison est éliminé par l'organisme

    Les substances inchangées ou leurs métabolites sont en général
    éliminés par l'organisme dans les urines, les selles, la sueur, ou
    dans l'air expiré par la personne. Les substances toxiques passent du
    sang dans les urines au niveau des reins et du sang dans l'air expiré
    au niveau des poumons. Les substances toxiques retrouvées dans les
    selles peuvent avoir parcouru l'intestin sans passer dans la
    circulation sanguine, ou être parvenues dans la circulation sanguine
    et avoir été rejetées dans l'intestin.

    Certains poisons, comme le DDT, pénètrent dans les tissus et les
    organes où ils peuvent demeurer longtemps.

    Effets des poisons

    Les effets d'une substance chimique sur l'organisme sont soit locaux,
    soit généraux.

    L'effet local est limité à la partie de l'organisme en contact avec la
    substance: la peau, les yeux, les voies aériennes, le tube digestif.
    Parmi les effets locaux, on peut citer les éruptions et les brûlures
    cutanées, le larmoiement et l'irritation de la gorge engendrant une
    toux. De nombreux poisons ont des effets locaux, mais il en existe
    également beaucoup qui n'en ont pas.

    Les effets généraux se produisent lorsqu'un poison est absorbé dans
    l'organisme.

    Certaines substances provoquent à la fois des effets locaux et des
    effets généraux. Si quelqu'un présente des effets locaux à la suite
    d'une exposition à une substance chimique, il est important de
    vérifier qu'il n'y a pas également des signes et symptômes
    d'intoxication générale.

    Effets locaux

    Peau

    Les substances chimiques qui endommagent la peau provoquent des
    rougeurs ou des éruptions, des douleurs, des tuméfactions, des cloques
    ou des brûlures graves. Les brûlures sont analogues à celles
    provoquées par le feu.

    Une substance chimique  irritante provoque des démangeaisons, une
    sensation de brûlure ou une douleur lorsqu'elle vient au contact de la
    peau, mais ne provoque aucune brûlure si elle est immédiatement
    rincée. Toutefois, en cas de contact prolongé avec la peau (plusieurs
    heures), par exemple en raison du port de vêtements contaminés, elle
    peut entraîner des brûlures.

    Certaines substances irritantes n'ont aucun effet lors des quelques
    premiers contacts avec la peau, mais finissent par provoquer des
    rougeurs ou une éruption à la suite de contacts répétés, par exemple
    lorsqu'on emploie souvent un produit d'entretien.

    Parfois, les gens deviennent sensibles à un produit chimique après
    l'avoir utilisé à de nombreuses reprises. Si au début, ils ne
    ressentent aucun effet, au bout de quelques semaines ou de quelques
    mois, ils peuvent présenter une éruption chaque fois qu'ils s'en
    servent.

    Un produit  corrosif ou caustique provoque très rapidement des
    brûlures douloureuses et détruit le tissu cutané. Des cloques peuvent
    apparaître et la peau prend alors une couleur gris-blanc ou marron.

    Yeux

    Les substances irritantes ou corrosives peuvent provoquer des douleurs
    sévères si elles pénètrent dans les yeux. Elles peuvent brûler très
    rapidement la surface de l'oeil et engendrer des cicatrices, voire la
    cécité. Les yeux sont alors rouges et larmoyants. La personne refuse
    parfois d'ouvrir les yeux et la lumière vive lui fait mal.

    Tube digestif

    Les substances irritantes ou corrosives peuvent endommager la cavité
    buccale et la gorge, ou le tube digestif. La personne présente en
    pareil cas des maux d'estomac, des vomissements et de la diarrhée, qui
    peuvent être sanglants. En cas de brûlure, la gorge enfle très
    rapidement, empêchant la personne de respirer.

    Voies aériennes et poumons

    Certains gaz et certaines vapeurs irritent le nez, la gorge et les
    voies aériennes supérieures, entraînant des accès de toux et de
    suffocation. Certains gaz et certaines vapeurs endommagent les
    poumons, qui se remplissent alors d'eau. Cela se produit immédiatement
    après l'inhalation de la substance ou dans les 48 heures qui suivent.
    Une personne ayant du liquide dans les poumons ne peut respirer
    correctement et risque de se noyer. Il faut donc l'emmener à l'hôpital
    le plus rapidement possible. La présence d'eau dans les poumons
    définit l'oedème pulmonaire.

    Certains des gaz qui provoquent des oedèmes pulmonaires irritent
    également le nez, la gorge et les voies aériennes supérieures,
    entraînant des accès de toux et de suffocation. Quelqu'un qui commence
    à tousser et à suffoquer cherchera rapidement à se mettre au grand air
    s'il le peut et, dans ce cas, ne sera pas suffisamment exposé pour
    être intoxiqué.

    Certains gaz toxiques comme l'oxyde de carbone n'ont aucune action
    locale sur le nez ou la gorge. Les gaz toxiques qui ne provoquent ni

    toux ni suffocation sont très dangereux, car on peut les respirer sans
    le savoir.

    Les distillats de pétrole, comme le pétrole lampant, peuvent provoquer
    un oedème pulmonaire après ingestion. Lorsqu'on avale une substance
    liquide, de petites quantités de liquide peuvent pénétrer dans les
    poumons, même si les voies aériennes se ferment et empêchent
    théoriquement un tel passage. Dans la plupart des cas, ces quantités
    infimes ne sont pas dangereuses mais, s'il s'agit de distillats de
    pétrole, elles peuvent entraîner un oedème pulmonaire.

    Beaucoup plus grave, lorsqu'une personne est inconsciente, ses voies
    aériennes ne se ferment pas et rien n'empêche alors les aliments, la
    boisson ou les vomissures de pénétrer dans les poumons et d'obstruer
    les voies aériennes ou de provoquer un oedème pulmonaire. C'est
    pourquoi il est très dangereux d'essayer de donner à une personne
    inconsciente des aliments, une boisson ou un médicament.

    Points d'injection

    Les poisons irritants qui sont injectés dans la peau, par exemple à
    l'occasion d'une piqûre d'insecte ou d'une morsure de serpent, peuvent
    provoquer une douleur et une tuméfaction au point d'injection.
    Lorsqu'à l'occasion d'injections de produits vétérinaires à des
    animaux ou à des oiseaux, on se pique soi-même, cela peut engendrer
    des effets locaux.

    Effets généraux

    Les poisons peuvent agir de nombreuses façons:

    *    En endommageant des organes tels que le cerveau, le coeur, le
         foie, les poumons, les reins ou la peau et les nerfs. La plupart
         des substances toxiques ont un effet plus marqué sur un ou deux
         organes que sur le reste de l'organisme. Les organes les plus
         touchés sont appelés organes cibles.

    *    En bloquant les messages nerveux.

    *    En empêchant l'organisme de fonctionner correctement, par exemple
         en bloquant l'approvisionnement en énergie et en oxygène.

    Effets sur les enfants à naître

    Certaines substances toxiques peuvent être dangereuses pour l'enfant à
    naître. C'est surtout vrai au cours du premier trimestre de la
    grossesse, lorsque le système nerveux et tous les organes principaux
    sont en formation. Les os, les yeux, les oreilles, la bouche et le
    cerveau du foetus sont en général les plus touchés. Si les dégâts sont
    très importants, l'enfant arrête de se développer et meurt. Certaines
    substances peuvent être toxiques pour le foetus et non pour la mère,
    ce qui est dangereux, car rien alors ne permet à cette dernière de
    savoir que son enfant est menacé.

    Une mère qui boit de l'alcool ou qui fume pendant sa grossesse fait
    courir un risque à son enfant. Les médicaments peuvent également être
    dangereux. Une femme enceinte ne doit jamais prendre de médicaments
    sans prescription médicale.

    Survenue des effets généraux

    Les effets généraux n'apparaissent que lorsque la quantité de
    substance toxique présente dans l'organisme est supérieure à celle
    dont l'organisme est capable de se débarrasser, et donc s'accumule et
    atteint la dose seuil.

    En général, lorsque le contact avec un poison est de très courte durée
    (exposition aiguë), les effets s'en font sentir juste après
    l'exposition et ne durent pas très longtemps. Mais, dans certains cas,
    l'effet du poison ne s'observe qu'au bout de plusieurs heures, voire
    de plusieurs jours après l'exposition aiguë. Par ailleurs, lorsque
    quelqu'un a été longuement exposé à un poison (exposition chronique),
    les effets de ce dernier peuvent durer longtemps.

    Il arrive parfois qu'une personne ayant été exposée à une substance
    toxique semble ne présenter aucun effet indésirable. Il peut y avoir à
    cela plusieurs raisons: la personne n'a peut-être pas été exposée
    suffisamment longtemps pour absorber une dose toxique; ou bien, elle a
    absorbé une dose toxique mais semble bien parce qu'il est trop tôt
    pour que se manifestent les effets de l'intoxication.

    Il est parfois difficile de savoir si une personne qui a été exposée à
    un poison va présenter des effets indésirables. Avant de la renvoyer
    chez elle, vérifier toujours:

    --   de quand date l'exposition à la substance toxique;

    --   combien de temps il faut en général à cette substance pour
         manifester ses effets (vérifier dans la Partie 2 de ce manuel, ou
         contacter un centre antipoison).

    Lorsque l'on soupçonne une intoxication, il est souvent bon de garder
    la personne en observation pendant 12 à 24 heures, dans l'attente d'un
    éventuel effet indésirable. Dans certains cas, il peut être nécessaire
    de prolonger cette période d'observation.

    Tout le monde ne réagit pas de la même façon en cas d'exposition à une
    substance chimique. Certaines personnes sont plus sensibles que
    d'autres. Par exemple, les jeunes enfants et les personnes âgées sont
    davantage susceptibles d'être gravement intoxiquées que les jeunes
    adultes. La probabilité d'être gravement intoxiqué est plus grande
    pour des gens dont la santé est fragile (mauvaise alimentation,
    alcoolisme) ou qui sont malades, que pour des personnes en bonne
    santé.

    CHAPITRE 2  Circonstances dans lesquelles surviennent les 
    intoxications

    Objectifs

    A la fin de ce chapitre, on doit être à même de:

    1.   Savoir reconnaître un risque d'intoxication par des produits
         chimiques, des médicaments, de l'oxyde de carbone, des
         pesticides, ou des aliments contaminés, à domicile ou dans le
         cadre professionnel.

    2.   Expliquer aux autres comment se produisent les intoxications de
         manière à ce qu'ils prennent conscience de ce genre de risque.

    3.   Mettre en garde les gens contre les dangers liés au fait de
         changer un produit chimique d'emballage.

    4.   Expliquer aux gens pourquoi il est important d'utiliser un
         produit de la façon préconisée par le fabricant.

    5.   Expliquer aux gens pourquoi il est dangereux de détourner l'usage
         des médicaments.

    L'intoxication peut être accidentelle ou volontaire (utilisation de
    poisons contre soi-même ou contre d'autres personnes).

    Il existe d'autres circonstances dans lesquelles une intoxication peut
    survenir:

    --   ingestion d'aliments toxiques;
    --   prise ou administration d'un médicament mal adapté ou d'une dose
         mal calculée;
    --   prise de médicaments, de plantes ou de produits chimiques parce
         que ce sont des modificateurs de l'humeur ou du comportement.

    Intoxications accidentelles

    Il peut y avoir intoxication accidentelle lorsque:

    --   de jeunes enfants ou des personnes âgées manipulent des
         substances toxiques sans le savoir;
    --   des gens confondent une substance toxique avec un aliment ou une
         boisson, parce qu'elle n'est pas dans son emballage d'origine;
    --   des gens utilisent des produits chimiques ou des médicaments à
         mauvais escient;
    --   des gens utilisent des pesticides à bon ou à mauvais escient;
    --   des gens travaillent avec des produits chimiques;
    --   des gens sont exposés à l'oxyde de carbone, en général à
         domicile.

    Intoxications de la petite enfance 

    De nombreuses intoxications domestiques se produisent chez les jeunes
    enfants entre 1 et 4 ans. A cet âge, ils veulent tout explorer. Ils se
    déplacent tout seuls à quatre pattes ou marchent, et dès l'âge de 2
    ans sont capables de grimper sur une chaise pour atteindre une étagère
    haute. Ils ouvrent tiroirs et armoires et sont capables de dévisser
    les bouchons de bouteilles. 

    Les jeunes enfants aiment porter les choses à leur bouche, mais ils ne
    sont pas assez grands pour comprendre la notion de danger. Leur sens
    du goût ne semble pas être le même que celui d'un adulte et souvent
    ils aiment des choses ayant un goût étrange ou amer pour un adulte.
    Ils peuvent avaler des médicaments qui ressemblent à des bonbons ou de
    l'huile pour moteur qui ressemble à du sirop. S'ils ont soif, ils sont
    capables de boire un produit d'entretien qui ressemble à une boisson
    sucrée ou à un jus de fruit. 

    Les produits chimiques le plus souvent ingérés par les enfants sont
    les suivants:

    --   les produits d'entretien comme l'eau de javel, les détergents et
         les désinfectants;
    --   la paraffine et le pétrole lampant employés comme combustibles
         domestiques;
    --   les cosmétiques;
    --   les médicaments;
    --   la peinture et les produits pour bricolage;
    --   les pesticides à usage domestique.

    Ces produits sont souvent utilisés dans le cadre domestique; ils sont
    souvent rangés bien en vue, à la portée d'un jeune enfant, par exemple
    sur une étagère ou une table, ou à même le sol.

    De nombreux accidents surviennent lorsque les parents sont trop
    occupés pour surveiller leurs enfants en permanence. La famille peut
    être importante, comporter plusieurs enfants en bas âge et la mère
    être souvent occupée à des tâches domestiques. Il ne faut que quelques
    secondes à un enfant pour attraper un récipient ouvert laissé à sa
    portée et en avaler le contenu.

    Le danger est encore plus grand si l'enfant est laissé seul ou sous la
    garde de frères et soeurs à peine plus âgés pendant plusieurs heures.

    Intoxications chez les personnes âgées

    Les personnes âgées peuvent s'intoxiquer accidentellement. Si elles ne
    voient pas très bien, elles peuvent se tromper de bouteille et avaler,
    par exemple, un produit d'entretien au lieu d'une boisson ou d'un
    médicament. Les personnes âgées ont tendance à perdre la mémoire et à
    mélanger les choses. Elles oublient parfois de prendre leurs

    médicaments ou en prennent trop et s'intoxiquent parce qu'elles ne se
    souviennent plus de la dose à prendre, ou à quand remonte la dernière
    prise.

    Produits retirés de leur emballage d'origine

    Des accidents peuvent se produire lorsque l'on change un produit
    chimique d'emballage. Le nouveau n'est pas toujours correctement
    étiqueté, ce qui fait que personne d'autre ne sait ce qu'il y a
    dedans. Même la personne qui l'y a mis peut oublier de quoi il s'agit.
    Il est particulièrement dangereux de verser un produit chimique ou un
    médicament dans une tasse ou dans une bouteille de boisson, ou dans
    tout autre récipient qui favoriserait la confusion avec des aliments
    ou une boisson. Un jeune enfant n'est pas capable de faire la
    différence entre un produit nocif et un aliment ou une boisson, et il
    arrive même aux adultes de boire à la bouteille sans en vérifier le
    contenu.

    C'est pourquoi il est dangereux pour les commerçants de revendre au
    détail des produits chimiques qu'ils reçoivent en gros.

    Intoxications dues à des erreurs d'utilisation

    Des accidents peuvent survenir lorsque l'on utilise à mauvais escient
    des produits chimiques, sans tenir compte des mises en garde relatives
    à leur sécurité d'emploi. Par exemple, il y a en général sur les
    bouteilles d'eau de javel une mise en garde indiquant qu'il ne faut
    pas la mélanger à d'autres produits d'entretien. Si l'on ignore cette
    mise en garde, on peut être intoxiqué par les gaz toxiques que dégage
    un tel mélange. Lorsque des insecticides destinés à des cultures ou à
    des bâtiments sont employés pour tuer des insectes présents dans les
    cheveux ou sur le corps, il s'agit là encore d'un mauvais usage.

    Il arrive parfois que les gens s'intoxiquent eux-mêmes en faisant un
    mauvais usage des médicaments. Ils en prennent plus que le docteur
    n'en a prescrit parce qu'ils pensent à tort qu'une dose plus
    importante leur fera du bien plus rapidement, ou ils prennent le
    médicament de quelqu'un d'autre, ce qui peut s'avérer nocif si la dose
    n'est pas la bonne ou si le médicament ne convient pas à l'affection
    qu'ils présentent. Les femmes qui prennent des médicaments pour
    essayer d'interrompre une grossesse en font un mauvais usage et
    risquent de s'intoxiquer.

    Intoxications par des pesticides

    Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer les
    insectes, les mauvaises herbes ou autres nuisibles. La plupart d'entre
    eux sont également toxiques ou nocifs pour l'homme en cas de contact
    cutané, d'inhalation (gaz, fumées, poussières ou fines gouttelettes
    pulvérisées) ou d'ingestion.

    Voici quelques-uns des modes d'intoxication possibles:

    --   un mauvais usage des pesticides; par exemple, on peut intoxiquer
         des enfants en vaporisant des pesticides sur leurs draps et
         couvertures;
    --   l'absence de matériel de protection; par exemple, le fait de
         recevoir des éclaboussures de pesticide sur ses vêtements ou à
         même la peau, ou d'en inhaler;
    --   le fait de manger, de boire ou de fumer après avoir manipulé des
         pesticides et en en ayant sur les mains --- il faut d'abord se
         laver les mains;
    --   le fait d'utiliser des récipients de pesticides vides pour
         conserver de la nourriture ou des boissons --- il est impossible
         d'éliminer totalement le pesticide d'une boîte vide et il va
         contaminer la nourriture ou la boisson;
    --   le fait d'employer des récipients ayant contenu des aliments ou
         des bouteilles de boisson pour conserver des pesticides ---
         quelqu'un peut se tromper et croire qu'il s'agit d'un aliment ou
         d'une boisson.

    Intoxications en milieu professionnel

    Beaucoup de substances chimiques fabriquées, employées ou conservées
    sur les lieux de travail sont dangereuses. Les personnes qui les
    utilisent doivent savoir comment les manipuler en toute sécurité afin
    d'éviter toute intoxication.

    Il arrive que des employés ne sachent pas qu'ils manipulent une
    substance toxique, ou qu'ils le sachent, mais qu'on ne leur ait pas
    indiqué ni montré comment l'utiliser sans risque. Ils peuvent ne pas
    avoir lu les instructions ni les indications relatives à la sécurité
    d'emploi du produit. Parfois, ils en connaissent les dangers, mais
    sont trop paresseux ou trop négligents pour prendre les précautions
    voulues.

    Les accidents, les feux ou les explosions en milieu professionnel
    peuvent entraîner un déversement ou des fuites de produits chimiques
    sur les routes ou dans les rivières, ou bien le dégagement de vapeurs
    et de gaz dans l'atmosphère. Il est arrivé que des substances
    chimiques se répandent sur de vastes régions et intoxiquent un grand
    nombre de personnes.

    Les déchets chimiques et les récipients vides ayant contenu des
    produits chimiques peuvent constituer un danger important s'ils ne
    sont pas traités ni éliminés correctement.

    Intoxication à l'oxyde de carbone

    Lorsque du mazout, du gaz, du bois, du charbon ou d'autres
    combustibles brûlent, ils dégagent un gaz appelé oxyde de carbone, qui
    peut être à l'origine d'intoxications graves et entraîne souvent le
    décès. Utilisés dans des pièces où il n'y a ni fenêtre ouverte, ni
    cheminée pour permettre à l'oxyde de carbone de s'échapper et à l'air

    frais d'entrer, les feux, poêles, appareils de chauffage ou fours,
    sont dangereux. Les moteurs à essence dégagent également de l'oxyde de
    carbone, et l'on peut s'intoxiquer en laissant tourner un moteur dans
    un garage dont les portes sont fermées.

    Intoxication volontaire

    Lorsque des personnes attentent à leurs jours en prenant un poison, on
    parle d'intoxication volontaire. Dans certains pays, la tendance est
    de prendre pour cela des médicaments mais, dans les communautés
    rurales, ce sont plutôt les pesticides qui sont utilisés.

    Les personnes atteintes de dépression, une maladie grave, ou
    d'alcoolisme chronique, tentent parfois de se suicider en prenant des
    doses massives de médicaments, de pesticides ou autres produits
    toxiques. Lorsqu'elles en réchappent, il arrive qu'elles récidivent si
    leur dépression n'est pas traitée.

    Bon nombre des jeunes qui font des tentatives de suicide sont
    malheureux parce que confrontés à des problèmes qu'ils n'arrivent pas
    à résoudre, qu'il s'agisse d'une déception amoureuse ou de disputes
    avec un(e) petit(e) ami(e).

    Empoisonnement délibéré de tiers

    Il arrive parfois que des gens tentent d'empoisonner des tiers. Il
    peut s'agir d'une plaisanterie, de vouloir faire peur ou de vouloir
    réellement tuer quelqu'un. S'il semble que ce soit le cas, avertir la
    police.

    Intoxications alimentaires

    Les aliments ou les boissons peuvent être contaminés par des
    substances toxiques libéré es par des micro-organismes tels que des
    bactéries, virus ou moisissures, ou par des produits chimiques.
    Certaines espèces de plantes, de champignons, d'animaux (y compris
    marins) contiennent naturellement des substances toxiques. Les poisons
    fabriqués par des plantes, des animaux ou des micro-organismes son
    appelés toxines.

    Toxines fabriquées par des micro-organismes

    Les aliments peuvent être contaminés par des bactéries avant ou après
    la cuisson, en cours de préparation ou de stockage, ou par contact
    avec des surfaces, des récipients, des ustensiles de cuisine ou des
    mains n'ayant pas été soigneusement lavés. Ils peuvent également être
    contaminés par des animaux ou des insectes, en particulier par des
    mouches. La plupart des bactéries et toxines bactériennes sont
    détruites à la cuisson mais pas toutes. Si la nourriture est conservée
    au chaud, à température ambiante, les bactéries présentes vont
    proliférer et risquent de rendre les gens malades.

    Les moisissures se développent sur les aliments humides ou endommagés
    par les insectes, et certaines d'entre elles produisent des substances
    toxiques. Les moisissures que l'on trouve sur les fruits secs ou les
    céréales ayant été ramassés et stockés avant d'être secs peuvent
    entraîner des intoxications graves. Certains procédés de séchage et de
    conservation des aliments n'empêchent pas les moisissures de se
    développer.

    Il arrive qu'on attrape des maladies en mangeant des aliments infestés
    par des vers ou autres nuisibles, mais il ne s'agit pas alors
    d'intoxication et la question ne sera donc pas abordée dans cet
    ouvrage.

    Substances chimiques toxiques

    Les substances chimiques toxiques peuvent contaminer les aliments et
    les boissons de nombreuses manières; par exemple,

    --   lorsque des personnes travaillant avec des produits chimiques
         mangent sur leur lieu de travail, ou ne se lavent pas les mains
         avant de déjeuner;
    --   lorsque l'on renverse une substance chimique sur de la nourriture
         pendant son transport ou à l'endroit où elle est conservée;
    --   lorsque l'on conserve ou que l'on cuit des aliments ou des
         boissons dans des récipients contaminés par des substances
         chimiques;
    --   lorsque l'on fait de la farine à partir de grains traités par des
         pesticides et destinés à être employés comme semences ou comme
         appâts, mais pas comme aliments;
    --   lorsque l'on fabrique son propre alcool et que l'on obtient des
         alcools toxiques comme le méthanol;
    --   lorsque les réserves d'eau sont polluées par le déversage
         accidentel de produits chimiques ou de déchets chimiques
         provenant d'usines ou de décharges situées non loin des cours
         d'eau.

    Plantes, champignons, poissons, et coquillages toxiques

    Certaines plantes et champignons vénéneux et certains animaux et
    coquillages marins contiennent des toxines. Il est parfois très
    difficile de distinguer des plantes ou des poissons comestibles
    d'autres qui ne le sont pas.

    Intoxications médicamenteuses

    Il arrive que des personnes soient intoxiquées par des médicaments que
    leur a donnés le médecin ou un autre agent de santé. Il se peut qu'on
    leur ait donné le mauvais médicament, ou un bon médicament mais à la
    mauvaise dose. Il peut y avoir à cela de nombreuses raisons: le
    médecin ignore que le patient est allergique à un médicament ou a mal
    calculé la dose.

    Toxicomanies et abus

    Les gens prennent parfois des médicaments pour obtenir une
    modification de l'humeur ou du comportement, se sentir plus détendus
    ou plus énergiques. C'est ce qu'on appelle le détournement d'usage des
    médicaments, car il ne s'agit pas d'un usage médical. D'autres
    personnes font un usage immodéré de drogues comme l'héroïne, la
    cocaïne ou les barbituriques. Le fait de boire des quantités
    excessives d'alcool (alcoolisme) constitue également un abus
    important.

    D'autres substances peuvent entraîner des effets à peu près analogues.
    Certaines personnes inhalent des substances chimiques: colle,
    peinture, dissolvant pour vernis à ongles, gaz de briquet, essence ou
    produits de nettoyage à sec. C'est ce qu'on appelle parfois le
    «sniffing» ou abus de solvants. Pour cela, on inhale les vapeurs d'un
    tissu trempé dans le liquide, ou l'on met une substance chimique ou de
    la colle dans un sac en plastique et on les inhale ensuite
    profondément.

    Dans de nombreuses sociétés, on utilise des plantes ou des champignons
    pour leurs propriétés hallucinogènes, stimulantes ou relaxantes.
    Certaines plantes peuvent être mangées crues, d'autres sont cuites,
    préparées sous forme de boissons, ou fumées. Le tabac et le cannabis
    en sont deux exemples fréquemment utilisés.

    Beaucoup de ces médicaments, produits chimiques et plantes qui font
    l'objet d'un usage immodéré sont toxiques si l'on en prend trop à la
    fois, ou durant des mois ou des années. Par exemple, l'alcool provoque
    des lésions hépatiques, le fait de fumer un cancer du poumon, et le
    cannabis des troubles de la mémoire.

    Utilité et danger des substances chimiques

    Partout dans le monde, on emploie toutes sortes de substances
    chimiques dans l'agriculture, l'industrie, les produits
    pharmaceutiques ou le cadre domestique. Il y a beaucoup de bonnes
    raisons de les utiliser. Les pesticides et les engrais ont permis aux
    agriculteurs d'augmenter leurs rendements. Les médicaments permettent
    de guérir ou de prévenir la maladie, et d'augmenter l'espérance de vie
    de la population en rendant cette vie plus agréable. Les produits
    d'entretien ont facilité les tâches ménagères.

    Les substances chimiques utiles peuvent également être dangereuses. Il
    arrive qu'on en emploie des quantités qui seraient dangereuses si
    elles pénétraient dans l'organisme. Certaines d'entre elles peuvent
    également être nocives si elles sont libéré es dans l'air que l'on
    respire, sur le sol sur lequel les gens travaillent ou font pousser
    des plantes ou élèvent des animaux, dans les rivières et les fleuves
    qui servent à l'approvisionnement en eau de boisson, de lavage ou
    d'irrigation. Ce risque diminue si ces substances sont utilisées en
    toute sécurité et si l'on s'efforce de prévenir les accidents, mais il
    ne sera jamais totalement absent.

    Il appartient aux communautés de décider si les avantages que l'on
    tire de l'utilisation de ces produits l'emportent suffisamment sur les
    risques encourus pour s'en accommoder. Pour cela, de nombreux points
    sont à considérer:

    *    La substance chimique est-elle très utile ?

    *    Quel type d'effet nocif peut-elle causer ?

    *    Aura-t-elle un effet sur l'environnement ?

    *    Peut-elle être manipulée en toute sécurité?

    *    Combien de personnes l'utiliseront et combien d'autres pourront y
         être exposées parce qu'elles travaillent ou habitent à proximité
         de l'endroit où elle est employée ou fabriquée ?

    *    Ne peut-on employer à sa place une substance moins dangereuse ?

    *    Quelle économie réalise-t-on en l'utilisant et que coûterait le
         fait de ne plus l'utiliser ?

    CHAPITRE 3  Prévention des intoxications

    Objectifs

    A la fin de ce chapitre, on doit être à même de:

    1.   Discuter avec les gens de la façon de prévenir les intoxications

    2.   Aider les gens à faire en sorte que la sécurité soit assurée à
         domicile, sur les lieux de travail et dans la communauté.

    Mieux vaut prévenir les intoxications que les guérir, c'est plus sûr
    et moins onéreux. La plupart des intoxications sont évitables.

    Chacun --- enfants, parents, agriculteurs, instituteurs, ouvriers et
    agents de santé --- peut faire quelque chose pour assurer la sécurité
    chez lui, sur son lieu de travail et dans la communauté.

    Comment aider les gens à assurer la sécurité à domicile, sur les lieux 
    de travail et dans la communauté?

    Il faut procéder en trois étapes:

    1.   Tout d'abord, se renseigner sur les intoxications survenues dans
         la communauté ces quelques dernières années. Chercher à savoir
         comment  elles se sont produites, où elles ont eu lieu et quels
         étaient les poisons en cause. Réfléchir sur les raisons pour
         lesquelles ces intoxications se sont produites.

    2.   Réfléchir sur la façon dont ces intoxications auraient pu être
         évitées. Ce chapitre indique les nombreux moyens à mettre en
         oeuvre pour éviter les intoxications. Il convient d'informer le
         centre antipoison le plus proche de sa région des intoxications
         survenues dans la communauté. Il peut être à même de suggérer des
         moyens pour les éviter.

    3.   Discuter avec les gens de la façon dont on peut prévenir les
         intoxications. Partager ses connaissances avec les autres et les
         aider à comprendre pourquoi les intoxications se produisent et ce
         qui peut être fait pour empêcher qu'elles ne se reproduisent.

    *    Discuter avec les familles et les groupes de santé maternelle et
         infantile de la prévention des intoxications à domicile. Leur
         indiquer comment apprendre, même très tôt, à leurs enfants à ne
         pas toucher, manger ni jouer avec des médicaments ou des produits
         ménagers.

    *    Aborder avec les instituteurs la question de la façon dont il
         faut enseigner aux enfants les dangers d'une intoxication à
         domicile et les dangers liés aux plantes vénéneuses et animaux
         venimeux (serpents). Par exemple, l'instituteur peut demander aux
         enfants de se renseigner sur les accidents survenus dans la
         communauté et de proposer des solutions pour les éviter.

    *    Informer les responsables communautaires ou les associations des
         accidents survenus. Discuter avec eux et avec les membres de la
         communauté de ce que vous pensez qui peut être fait pour assurer
         une meilleure sécurité dans la communauté.

    *    Prévoir de temps à autre des visites amicales à domicile ou sur
         les lieux de travail, non pour prendre les gens en défaut, mais
         pour les aider à prendre conscience des dangers et de ce qu'il y
         a lieu de faire pour les éviter.

    Ce chapitre indique ce qu'il y a lieu de «faire» et de «ne pas faire»
    lorsque l'on essaie de montrer aux gens comment prévenir les
    intoxications.

    A la première lecture de ce chapitre, on peut penser qu'il est
    impossible aux gens de sa communauté d'agir ainsi. Comment leur
    demander de porter des bottes pour se protéger des morsures de
    serpents lorsqu'ils ne peuvent même pas s'offrir des chaussures?
    Comment leur dire de ranger les médicaments dans  une armoire fermée à
    clef lorsqu'il n'y a pas d'armoire dans les habitations ?

    La communauté doit connaître les meilleurs moyens de prévention des
    intoxications et avoir pour but de les employer. Mais lorsque l'on
    parle aux gens de prévention des intoxications, chercher à adapter le
    conseil à la situation locale. Il peut exister d'autres solutions tout
    aussi bonnes. Par exemple, les gens diront peut-être qu'il existe
    d'autres endroits dans leur maison qui sont aussi sûrs qu'une armoire
    fermée à clef. Ou bien le menuisier local pourrait fabriquer des
    boîtes ou des armoires fermant à clef si la communauté le désire.

    Chercher à atteindre son but en plusieurs étapes. Par exemple, si les
    gens ne peuvent s'offrir des bottes, les encourager au début à porter
    des chaussures ou des sandales fabriquées sur place.

    Que peut-on faire pour prévenir les intoxications ?

    Il est important que tous les produits chimiques soient manipulés en
    toute sécurité et pas seulement ceux que l'on sait dangereux. De
    nombreux produits qui paraissent inoffensifs peuvent rendre malades ou
    provoquer des brûlures. Il est très important de protéger les enfants
    parce qu'ils ne peuvent se protéger eux-mêmes et qu'ils ne comprennent
    pas que certaines choses peuvent être toxiques.

    Beaucoup d'intoxications pourraient être évitées si l'on conservait,
    utilisait et éliminait les produits chimiques en toute sécurité.

    Conservation des produits chimiques

    *    Conserver les médicaments, les produits d'entretien et pesticides
         hors de vue et de portée des enfants (Fig. 5).

    FIGURE 5

    *    Ne pas conserver les produits chimiques dont on n'a plus besoin.

    *    Ne pas mettre des produits chimiques dans des récipients ayant
         contenu des aliments ou des boissons; quelqu'un pourrait en boire
         ou en manger par erreur.

    Utilisation des produits chimiques

    *    Utiliser les médicaments, produits d'entretien, pesticides et
         autres produits chimiques à bon escient et à la bonne quantité
         (ni plus ni moins). Lire l'étiquette et suivre scrupuleusement
         les indications données (Fig. 6). Si l'on ne sait pas lire, se la
         faire lire. Il peut être dangereux d'utiliser un produit dont
         l'emballage n'est pas étiqueté. Demander au fournisseur un autre
         emballage ayant une étiquette.

    Elimination des restes de produits chimiques et des récipients vides

    *    Vérifier s'il vaut mieux enterrer ou brûler les produits dont on
         veut se débarrasser. Les enterrer ou les brûler dans un endroit
         soigneusement choisi pour présenter le moins de risque possible
         pour les gens vivant à proximité ou pour l'environnement.

    *    Demander aux responsables de l'hygiène de l'environnement ou de
         la communauté quelles sont les dispositions locales pour se
         débarrasser des restes de produits chimiques. Pour se débarrasser
         de grandes quantités de substances chimiques, demander l'avis
         d'un professionnel.

    FIGURE 6

    *    Ne pas utiliser de bouteilles, boîtes ou autres récipients vides
         ayant contenu des produits chimiques pour conserver ou cuire des
         aliments ou des boissons. Ne pas les donner aux enfants pour
         jouer.

    *    Ne pas laisser des restes de produits chimiques ou des récipients
         vides dans des endroits où les enfants ont accès.

    *    Ne pas jeter des restes de produits chimiques ou des récipients
         vides à proximité d'une rivière, d'une mare ou d'une source. Ils
         risqueraient de se diluer dans l'eau et d'intoxiquer les
         poissons, les gens ou les animaux qui boivent cette eau ou se
         lavent avec. Le risque est le même si les restes de produits
         chimiques sont vidés dans des canalisations qui débouchent dans
         des cours d'eau.

    On trouvera dans la suite de ce chapitre des directives plus
    détaillées sur la façon de prévenir les différents types
    d'intoxications décrits au chapitre 2.

    FIGURE 7

    La sécurité à domicile

    Produits chimiques

    *    Conserver tous les produits d'entretien hors de vue et de portée
         des enfants. Conserver les médicaments, insecticides, désherbants
         et raticides dans une armoire ou une valise fermée à clef, ou
         dans un placard très haut.

    *    Laisser les produits ménagers, pesticides et médicaments dans
         leur emballage d'origine.

    *    Reboucher soigneusement les bouteilles (Fig. 8). Refermer les
         boîtes. Un enfant qui trouve un récipient ouvert peut en avaler
         le contenu avant que quiconque ait pu l'en empêcher. Un enfant
         mettra davantage de temps à ouvrir un récipient fermé, qui peut
         s'avérer être difficile à ouvrir s'il est très jeune; un adulte
         peut alors le voir et intervenir à temps.

    FIGURE 8

    *    Ne pas ranger les produits d'entretien à même le sol, sous
         l'évier de la cuisine, ni dans des placards bas faciles à ouvrir
         pour un enfant (Fig. 9).

    FIGURE 9

    *    Ne pas ranger les médicaments, pesticides ou produits ménagers au
         même endroit que les aliments et la boisson. Un enfant peut
         penser qu'il s'agit de choses comestibles, et même un adulte peut
         en avaler sans vérifier ce que c'est. Par ailleurs, le produit
         peut se renverser sur les aliments et provoquer des
         intoxications.

    *    Ne pas mettre les médicaments, pesticides et produits d'entretien
         dans des bouteilles, des tasses ou des récipients normalement
         employés pour les aliments ou la boisson.

    *    Ne pas conserver les produits ou les récipients vides dont on n'a
         plus besoin. On trouvera à la page 31 des directives relatives à
         la manière de s'en débarrasser.

    Médicaments et produits ménagers

    Médicaments

    *    S'assurer que l'on prend ou que l'on donne la bonne dose de
         médicament. Le vérifier en lisant l'étiquette ou en posant la
         question à un agent de santé. Faire très attention à ne pas en
         prendre ou en donner trop. Une dose trop forte de médicament peut
         rendre très malade. C'est une erreur de penser que si l'on prend
         tout le médicament d'un coup, on se sentira mieux plus
         rapidement.

    *    Ranger le médicament en lieu sûr dès qu'il a été administré.

    *    Ne pas prendre un médicament ni le donner à quelqu'un d'autre
         sans avoir pris conseil auprès d'un médecin ou d'un agent de
         santé.

    *    Ne pas donner aux enfants des médicaments qui ne leur ont pas été
         prescrits.

    *    Ne pas faire croire aux enfants que les médicaments sont des
         bonbons. Ils sont incapables de faire la différence et peuvent
         s'empoisonner s'ils pensent que les médicaments sont des bonbons.

    Produits ménagers, tels que les produits d'entretien ou les pesticides

    *    Lire ce qui figure sur l'étiquette. S'assurer que l'on sait
         comment employer le produit et en quelle quantité, et rechercher
         les consignes de sécurité.

    *    Ne pas se dessaisir du produit pendant qu'on l'utilise. Si on
         doit le poser, le laisser à portée de vue. Un enfant est capable
         d'attraper rapidement une bouteille ouverte et d'en avaler le
         contenu, ou de se le renverser dessus ou dans les yeux.

    *    Essuyer toute éclaboussure ayant pu se produire et s'assurer que
         l'extérieur de la bouteille ou du récipient est propre et sec.

    *    Ranger les produits dès qu'on a fini de les utiliser. C'est
         lorsqu'ils ne sont pas à leur place habituelle que les enfants
         peuvent s'en emparer.

    *    Ne vaporiser aucun pesticide domestique sur des aliments ou des
         jouets d'enfants.

    *    Ne pas mélanger différents produits de nettoyage ou autres.

    *    Si le produit doit être mélangé à de l'eau avant usage, ne pas le
         verser dans un récipient employé pour les aliments ou la boisson.

    Elimination des produits domestiques

    *    Fermer les poubelles à l'aide d'un couvercle, de façon que les
         enfants ne puissent fouiller dedans.

    *    Utiliser les systèmes de ramassage des ordures qui existent
         localement. Ne pas laisser des ordures traîner dans la maison et
         ne pas les jeter n'importe où.

    *    Ne pas percer, chauffer ni brûler des récipients sous pression.
         Si la communauté brûle les ordures ménagères, ne pas brûler les
         récipients sous pression, mais les enterrer.

    La sécurité à domicile: autres précautions à prendre

    *    Nettoyer régulièrement les sols et les murs, et boucher les trous
         et les fissures de façon qu'aucun insecte ne puisse s'y glisser
         et qu'aucun serpent ne puisse entrer dans la maison.

    *    Assurer l'entretien des appareils de chauffage, fourneaux et
         foursœ agaz ou à mazout, de façon qu'ils n'émettent pas des
         quantités dangereuses d'oxyde de carbone.

    *    Faire ramoner les cheminées ou les tuyaux de poêle et aérer les
         pièces de façon que l'oxyde de carbone dégagé par le feu et les
         fourneaux ne stagne pas dans la maison.

    *    Ne pas utiliser d'appareils de chauffage, de fourneaux ni de
         fours dans des pièces où il n'y a ni cheminée, ni tuyau
         d'évacuation, ni fenêtre ouverte permettant à l'air frais
         d'entrer et aux fumées contenant de l'oxyde de carbone de
         s'échapper.

    Prévention des intoxications par les pesticides

    Les pesticides sont très largement employés et, dans certains pays,
    beaucoup de gens tombent malades ou meurent à la suite
    d'intoxications, la plupart du temps évitables si l'on respectait les
    mesures de sécurité et les précautions d'emploi.

    Les gens qui travaillent dans des endroits où l'on utilise ou conserve
    des pesticides --- plantations, exploitations agricoles, usines ou
    magasins --- doivent savoir les manipuler et les utiliser en toute
    sécurité. Chaque membre de la communauté doit connaître les risques
    liés à l'utilisation des pesticides et savoir ce qu'il faut faire pour
    s'en prémunir.

    La plupart de ces directives peuvent être appliquées partout où l'on
    conserve ou utilise des produits chimiques de quelque sorte que ce
    soit. Pour en savoir plus sur la sécurité dans le cadre professionnel,
    s'adresser à un spécialiste de la médecine du travail.

    Stockage des pesticides

    *    Conserver les pesticides dans leur récipient d'origine. Il est
         dangereux de les en changer, car ils risquent alors d'être pris
         pour un aliment ou une boisson.

    *    Les ranger dans un local sûr et fermé à clef. Demander aux
         conseillers en agriculture quel est le meilleur endroit pour ce
         local et comment le construire. Ce dernier devra porter des
         pancartes d'avertissement, avoir des portes verrouillées et des
         fenêtres condamnées de façon que des personnes non autorisées ne
         puissent y pénétrer, en particulier des enfants.

    *    Etablir une liste de tous les produits conservés dans le local et
         la mettre à jour régulièrement. Ne pas conserver cette liste dans
         le local, mais en lieu sûr, où elle sera accessible en cas
         d'incendie. Dans le local, conserver les fiches de sécurité des
         produits et les numéros de téléphone à appeler en cas d'urgence.

    *    Ranger les pesticides, en particulier les appâts rodenticides et
         les graines traitées par des pesticides, à l'écart des aliments
         de façon à éviter toute confusion.

    *    Ne pas garder de pesticides à usage agricole dans les lieux
         d'habitation. Les mettre à l'écart. Les seuls pesticides qu'il
         faut conserver à domicile sont ceux utilisés contre les nuisibles
         domestiques.

    *    Ne pas conserver de pesticides dans des bouteilles ou autres
         récipients normalement destinés aux aliments ou à la boisson.

    Utilisation des pesticides

    Toute personne qui fait de l'épandage de pesticides devrait d'abord
    être formée à la méthode d'application, à la façon d'opérer, au
    nettoyage et à l'entretien du matériel, et aux mesures de sécurité à
    prendre.

    Tout pesticide, ou autre produit chimique, doit porter une étiquette
    indiquant la nature du produit, le nom du fabricant et les
    instructions d'utilisation et précautions à prendre. Des
    renseignements concernant les risques encourus, les mesures de
    sécurité à prendre, les premiers secours à donner, ainsi que des
    conseils aux agents de santé doivent également figurer sur cette
    étiquette. Si le récipient est petit, ces renseignements peuvent
    figurer dans une notice attachée dessus. Il peut également y avoir une
    notice d'information sur le produit et une fiche de sécurité chimique.

    *    Lire attentivement l'étiquette et toute autre fiche de
         renseignements sur le produit dont on dispose avant de
         l'utiliser. Si l'on ne la comprend pas, demander des explications
         à quelqu'un qui est au courant, l'employeur ou la personne qui a
         fourni le produit. Ne jamais utiliser un produit sans avoir lu et
         compris tout ce qui figure sur l'étiquette. S'il n'y a pas
         d'étiquette, demander au fournisseur un récipient qui en porte
         une. S'assurer:

         --   de l'identité du contenu,
         --   de la quantité de pesticide à utiliser et de la manière de
              le diluer,
         --   de la façon d'utiliser ce produit en toute sécurité, du
              matériel et des vêtements à employer,
         --   des dangers associés à son usage et des premiers secours à
              apporter en cas d'accident,
         --   du moment auquel il doit être utilisé et de l'intervalle à
              respecter entre les applications.

    Si ces renseignements ne figurent pas sur l'étiquette, demander au
    fournisseur, à un autre utilisateur, à un responsable communautaire ou
    à un agent de vulgarisation agricole de vous donner les indications
    nécessaires.

    *    Prévenir les voisins avant de pulvériser un pesticide.

    *    S'assurer que l'appareil de pulvérisation est en bon état et
         vérifié régulièrement.

    *    Porter des vêtements de travail légers recouvrant le plus
         possible le corps lorsqu'on mélange ou applique un pesticide, que
         l'on nettoie le matériel et les récipients vides et que l'on se
         débarrasse des restes de pesticide. Porter des bottes ou des
         chaussures pour se protéger les pieds. Des gants et des lunettes
         assurent une meilleure protection contre les éclaboussures.
         Prévoir des vêtements de rechange.

    *    Porter des vêtements protecteurs et utiliser le matériel de
         protection si l'étiquette précise de le faire. Si une telle
         mention figure sur l'étiquette c'est parce que le produit peut
         être nocif, voire mortel en l'absence de protection. S'assurer
         que tous les vêtements et matériels de protection sont vérifiés,
         entretenus et stockés correctement.

    *    Ne mélanger que la quantité de produit chimique nécessaire pour
         la journée. Cela évitera d'avoir à se débarrasser des restes de
         pesticides ou de les laisser jusqu'au lendemain.

    *    Avoir à disposition de l'eau et du savon en abondance.

    *    Laver les gants avant de les retirer.

    *    Se laver les mains soigneusement à l'eau et au savon après avoir
         manipulé des pesticides et avant de manger, de boire, de chiquer,
         de fumer, de se frotter les yeux ou de porter les mains à sa
         bouche.

    *    S'assurer de ne jamais être seul lorsqu'on mélange ou qu'on
         utilise des pesticides très toxiques.

    *    Arrêter immédiatement de travailler en cas d'éruption ou de
         malaise, de troubles visuels, de sueurs anormales ou d'une
         sensation de soif inhabituelle, de céphalées ou de symptômes de
         refroidissement ou de grippe. Avertir l'employeur et aller
         immédiatement consulter un médecin. Lui montrer l'étiquette, la
         notice d'information ou la fiche signalétique du produit.

    *    Se renseigner pour savoir à quelle période on peut moissonner,
         puis consommer une récolte ayant été soumise à des pulvérisations
         de pesticides.

    *    Enterrer ou brûler les aliments contaminés par des pesticides.

    *    Ne pas employer un matériel ni des vêtements protecteurs sales ou
         endommagés, ni des gants et des bottes percés. Cela peut s'avérer
         plus dangereux que de ne rien porter du tout.

    *    Ne pas prendre la poudre des paquets à la main, ni plonger les
         bras ou les mains dans les liquides pour mélanger les produits.
         Utiliser les mesures et récipients prévus à cet effet pour
         réaliser les solutions (Fig. 10). Les réserver exclusivement à
         cet emploi.

    FIGURE 10

    *    Ne pas mesurer les doses ni mélanger des pesticides à l'intérieur
         des habitations ni à proximité immédiate, ni à proximité
         d'animaux.

    *    Ne pas souffler dans les buses de pulvérisation pour les
         déboucher. Les nettoyer à l'eau ou avec un brin d'herbe.

    *    Ne pas procéder à l'épandage par vent fort de peur que le
         pesticide ne soit rabattu vers soi, vers des animaux ou des
         habitations

    *    Ne pas laisser des pesticides sans surveillance en dehors du
         local de stockage.

    *    Ne laisser personne approcher des champs au moment de l'épandage.

    *    Ne laisser aucun enfant boire ni jouer près d'un matériel de
         pulvérisation, d'un endroit où l'on mélange des pesticides ou
         d'un champ traité.

    *    Interdire aux enfants l'usage des pesticides.

    Elimination des récipients vides et des restes de pesticides

    *    Demander aux conseillers agricoles quelle est la meilleure façon
         de se débarrasser des stocks de pesticides inutilisables et des
         récipients vides. On peut en général les enterrer, mais cela ne
         s'applique pas à tous les produits chimiques et c'est parfois
         interdit dans certaines régions. Il est extrêmement important de
         choisir la méthode à employer et l'endroit où l'on va brûler ou
         enterrer ces déchets de façon à ne faire courir aucun risque aux
         populations ou à l'environnement. Ne pas se débarrasser de
         pesticides ni de déchets contaminés par des pesticides dans des
         décharges communautaires utilisées pour les déchets ménagers. Il
         n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage de formuler des
         recommandations plus précises sur la manière de se débarrasser
         des déchets chimiques.

    *    Dans la mesure du possible, pulvériser tout le pesticide contenu
         dans l'appareil pour éviter d'avoir à se débarrasser des restes
         inutilisés. Si c'est impossible, vider le réservoir de tout le
         pesticide restant et s'en débarrasser en le versant dans un trou
         creusé à l'écart des habitations, des puits, des cours d'eau et
         des cultures. Demander à un professionnel à quel endroit ce trou
         doit être creusé et vérifier la quantité de déchets qu'il peut
         contenir et à quelle fréquence on peut l'utiliser. L'entourer
         d'une barrière pour tenir les enfants à l'écart et apposer une
         pancarte indiquant que des poisons sont enterrés là.

    *    Nettoyer tout le matériel après l'avoir utilisé et le ranger à sa
         place. Verser l'eau de lavage dans le trou précédemment creusé
         dans le sol pour éliminer les restes de pesticide dilué.

    *    Laver les récipients vides à l'eau à trois reprises. En général,
         on vide les récipients au moment où l'on va mélanger les
         pesticides. Si on les rince immédiatement, on peut se débarrasser
         de l'eau de rinçage en la versant dans le réservoir du
         pulvérisateur. Les eaux de lavage qui ne peuvent être réutilisées
         doivent être recueillies et éliminées en les versant dans le trou
         mentionné précédemment. Après les avoir nettoyés, conserver les
         récipients vides dans le local réservé aux pesticides jusqu'à ce
         qu'on puisse s'en débarrasser en toute sécurité.

    *    Se laver et se changer entièrement après le travail.

    *    Laver soigneusement chaque jour tous les vêtements de travail.
         Les laver séparément. Ne jamais porter de vêtements de travail à
         la maison et ne jamais les laisser traîner chez soi s'ils sont
         sales.

    *    Ne jamais ramener chez soi des restes de produits chimiques. Les
         remettre dans le local où ils sont conservés.

    *    Ne pas utiliser les récipients vides pour ranger ou cuire des
         aliments ou des boissons destinés à l'homme ou aux animaux, car
         il est impossible d'éliminer entièrement le pesticide qu'ils
         contiennent. On lavera les récipients en plastique comme indiqué
         précédemment, on les percera pour les rendre inutilisables (Fig.
         11). Faire de même avec les bidons en acier et les bombes
         métalliques (mais ne pas percer les bombes sous pression).

    FIGURE 11

    Ce que peuvent faire les employeurs pour éviter les intoxications 
    professionnelles

    Mesures d'ordre général

    Il appartient aux employeurs de protéger leurs employés des dangers
    présentés par l'utilisation des substances chimiques. Pour cela il
    leur faut:

    *    Se conformer aux réglementations locales et nationales en matière
         de santé et de sécurité.

    *    Choisir les substances les moins dangereuses. Si plusieurs
         produits ont le même effet, choisir le moins toxique.

    *    Choisir un matériel et des modes d'utilisation éprouvés.

    *    S'assurer que les employés ne sont pas exposés aux produits
         chimiques plus souvent qu'il n'est nécessaire. Par exemple,
         utiliser le cas échéant, des ventilateurs mécaniques dans les
         bâtiments où on les emploie et où on les conserve.

    *    Fournir aux employés du matériel et des vêtements de protection
         s'il y a lieu. Assurer le bon entretien du matériel et des
         vêtements.

    *    Utiliser les pancartes et signaux d'avertissement.

    Un employeur doit en outre:

    *    Avertir ses employés qu'ils manipulent des substances
         dangereuses;

    *    Les informer des risques et s'assurer qu'ils ont bien compris;

    *    Former et inciter les employés à utiliser le matériel et les
         vêtements de protection et à manipuler les produits chimiques en
         toute sécurité;

    *    Vérifier de temps à autre si les équipements protecteurs sont
         utilisés et si les consignes de sécurité sont appliquées pendant
         le travail. Mettre en garde ceux qui ne s'y conforment pas en
         leur indiquant les dangers qu'ils courent.

    Santé des employés et exposition aux produits chimiques

    Professionnellement, le personnel ne doit pas être exposé à des
    quantités de produits chimiques susceptibles de le rendre malade ou de
    porter atteinte à sa santé. On mesurera et on notera la concentration
    de produit chimique dans l'air sur le lieu de travail. S'il y a lieu,
    le personnel se verra proposer des examens médicaux réguliers, de
    manière à voir s'il présente des atteintes dues à une exposition
    professionnelle et s'il faut prendre des mesures pour prévenir une
    telle exposition.

    Premiers secours et urgences

    *    Les premiers secours doivent pouvoir être données sur le lieu de
         travail quel qu'il soit.

    *    Une formation de secouriste doit toujours faire partie de la
         formation professionnelle.

    On évaluera sur chaque lieu de travail les risques liés à
    l'utilisation de substances toxiques, et on donnera au personnel la
    formation, le matériel de premiers secours et les produits nécessaires
    en cas d'urgence; on prévoira des moyens de communication et de
    transport en cas d'accident.

    Formation

    Les employeurs doivent former leur personnel à la conduite à tenir en
    cas d'accident et à la manière d'apporter les premiers secours. Ils
    vérifieront de temps à autre que les employés se souviennent encore de
    ce qu'il faut faire.

    Sur chaque lieu de travail, il doit toujours y avoir un ou plusieurs
    secouristes qualifiés capables d'apporter les premiers secours en cas
    d'urgence (intoxication, blessure ou maladie soudaine). Dans beaucoup
    de pays, la législation du travail stipule qu'il doit y avoir dans
    l'entreprise des personnes formées aux premiers secours à partir d'un
    certain nombre d'employés, mais il faut aussi des secouristes
    qualifiés dans les entreprises plus petites auxquelles ces
    réglementations ne s'appliquent pas. Même une personne travaillant
    seule doit avoir des notions de secourisme et savoir si le travail
    qu'elle effectue est dangereux. Le nombre de personnes qui doivent
    être formées aux premiers secours dépend de l'importance du risque. Il
    peut s'agir d'ouvriers, de contremaîtres ou, s'il s'agit d'une
    personne seule à domicile, d'autres adultes de la famille.

    Matériel

    Il doit toujours y avoir un matériel de premiers secours dans les
    lieux où l'on manipule des produits dangereux. Par exemple, lorsqu'il
    y a des liquides corrosifs, il faut disposer d'un distributeur de
    solution de rinçage oculaire ou d'un flacon en plastique qui en soit
    rempli. S'il y a un risque d'éclaboussure et de contact du liquide
    corrosif avec la peau, cela justifie l'installation d'une douche
    d'urgence. On prévoira des masques respiratoires dans les endroits où
    l'on utilise des gaz irritants ou toxiques, comme le chlore ou
    l'anhydride carbonique, de façon à ce que les employés puissent
    évacuer les locaux ou porter secours aux autres en cas de fuite de
    gaz. Dans certains cas, il peut falloir un matériel spécial pour
    porter secours aux gens à la suite d'un accident.

    Produits

    On ajoutera des antidotes à la trousse de premiers secours dans les
    endroits où l'on utilise des produits chimiques dangereux agissant
    très rapidement. Par exemple, des capsules de nitrite d'amyle là où
    l'on utilise du cyanure.

    Recherche d'une aide et transport des victimes à l'hôpital

    En cas d'accident du travail, le plus facile consiste à appeler un
    collègue ou, si l'on travaille à domicile, un membre de la famille ou
    un voisin.

    Les employeurs doivent savoir quelle est la conduite à tenir et qui
    contacter en cas d'accident avec des produits dangereux.

    Le cas échéant, des instructions claires indiquant ce qu'il y a lieu
    de faire et les services à contacter en cas d'urgence ou d'accident
    avec des produits chimiques dangereux seront affichées au mur,
    accompagnées des numéros de téléphone des services d'urgence, des
    services de santé, du centre antipoisons les plus proches, ou
    d'instructions relatives à la manière de les contacter. Ces affiches
    comporteront des figures et des instructions indiquant la marche à
    suivre pour apporter les premiers secours et rechercher une aide
    médicale une fois les premiers soins prodigués. Il appartient aux
    employeurs de vérifier de temps à autre que ces procédures sont encore
    valables et de se renseigner pour savoir, par exemple, si les
    personnes à contacter sont toujours les mêmes.

    Coopération entre employeurs et employés

    Les employeurs, les employés et leurs représentants collaboreront
    étroitement à l'application de ces consignes de sécurité. Les employés
    doivent se soucier de leur propre santé et de leur propre sécurité en
    suivant la formation et les instructions données par leurs employeurs,
    en utilisant correctement le matériel et les vêtements protecteurs, et
    en signalant immédiatement à leur supérieur toute situation pouvant
    présenter un danger.

    On informera les employés des dangers présentés par les produits
    chimiques qu'ils utilisent et on leur apprendra à travailler de
    manière à s'en préserver.

    Précautions à prendre contre les morsures de serpents

    Lorsque l'on rencontre un serpent, ce dernier cherchera en général à
    fuir s'il en a l'occasion. Les serpents ne mordent que lorsqu'ils sont
    surpris par un mouvement brusque et ne peuvent s'enfuir.

    *    Porter des chaussures à l'extérieur. De grandes bottes de cuir
         offrent la meilleure protection dans les herbes hautes ou les
         sous-bois. Porter des pantalons par-dessus les bottes (Fig. 12).

    FIGURE 12

    *    Apprendre à reconnaître les serpents venimeux de la région et
         leur habitat. La plupart vivent sur le sol, mais certains
         évoluent dans les arbres ou les buissons. Se renseigner pour
         savoir s'il y a des serpents qui crachent leur venin et comment
         ils attaquent.

    *    Etre extrêmement prudent la nuit, car c'est le moment où de
         nombreux serpents sont actifs. Recommander aux enfants de porter
         des chaussures et de prendre une torche lorsqu'ils se déplacent
         la nuit. Leur apprendre à ne pas déranger les serpents.

    *    Ne pas s'approcher d'un serpent. S'éloigner si c'est possible.
         Autrement, ne pas faire de mouvements brusques.

    *    Ne pas toucher un serpent même s'il a l'air mort. Certains
         serpents font le mort pour ne pas être attaqués.

    *    Ne pas retourner les pierres ni les branches mortes, et ne pas
         mettre les mains ni les pieds dans des anfractuosités du sol.
         Avant d'enjamber un tronc, s'assurer qu'il n'y a pas de serpent
         de l'autre côté.

    *    Ne pas dormir à même le sol de peur de rouler sur un serpent en
         dormant, ou d'en attirer un venu se réchauffer à votre contact.

    Précautions à prendre contre les piqûres et les morsures d'insectes
    (araignées et scorpions)

    *    Apprendre à reconnaître les insectes, chenilles, araignées et
         scorpions venimeux de la région et leur habitat.

    *    Pour se protéger des piqûres d'abeille lorsque l'on travaille au
         milieu des fleurs ou des fruits, porter des pantalons longs, des
         chemises à manches longues et des gants, et se couvrir le plus
         possible la tête et le visage (Fig. 13). Afin de ne pas attirer
         les abeilles éviter de porter des vêtements très colorés avec des
         motifs à fleurs, des bijoux, boutons ou boucles brillants,
         d'utiliser du parfum, du savon ou du shampoing parfumés.

    FIGURE 13

    *    Ne pas marcher pieds nus ni en sandales à l'extérieur.

    *    Ne pas toucher les insectes, chenilles, araignées, scorpions ou
         scolopendres.

    *    Ne pas mettre les mains dans les feuilles mortes, les troncs
         d'arbre pourris ni les anfractuosités dans lesquelles chenilles,
         araignées, scorpions ou scolopendres peuvent être présents.

    Précautions à prendre pour éviter de consommer des poissons venimeux, 
    des plantes ou des champignons vénéneux

    *    Rechercher quels sont les plantes et champignons vénéneux de la
         région, et à quoi ils ressemblent. S'assurer de bien les
         reconnaître --- certaines plantes, certains champignons et
         poissons comestibles sont très difficiles à distinguer des
         espèces dangereuses.

    *    Apprendre à préparer correctement les aliments. Certaines plantes
         (comme le manioc) sont toxiques si elles ne sont pas préparées et
         cuites correctement, et il y a des plantes et des poissons dont
         certaines parties sont toxiques et ne doivent pas être
         consommées.

    *    Si l'on prépare un poisson tropical, enlever la tête, la peau et
         l'intestin rapidement, car ils peuvent contenir des quantités
         importantes de substances toxiques.

    *    Ne pas acheter de champignons aux gens qui les vendent au bord
         des routes.

    *    Ne pas manger un poisson qui n'est pas frais. Certains poissons
         sont bons lorsqu'ils sont frais, mais deviennent toxiques s'ils
         attendent.

    Précautions à prendre pour éviter de consommer des aliments contaminés 
    par des microbes

    *    Une cuisine doit toujours être propre. Nettoyer régulièrement les
         tables et autres plans de travail où sont préparés les aliments,
         ainsi que les ustensiles de cuisine.

    *    Protéger les aliments en les recouvrant ou en les mettant dans
         des boîtes ou des garde-manger (Fig. 14).

    FIGURE 14

    *    Se laver soigneusement les mains à l'eau et au savon (propres)
         avant de toucher ou de préparer des aliments. Toute coupure ou
         égratignure aux doigts doit être recouverte d'un pansement
         propre.

    *    Faire bouillir les assiettes et les couverts utilisés par des
         malades avant que quelqu'un d'autre ne s'en resserve.

    *    Ne pas conserver des aliments longtemps à la chaleur. Ne pas
         garder de restes s'il est impossible de les réfrigérer.

    *    Ne pas laisser les mouches ou autres insectes, les vers, rats ou
         autres animaux avoir accès aux aliments. Ils portent des microbes
         et transmettent des maladies.

    *    Ne pas laisser les aliments à la poussière; ne laisser personne
         les toucher.

    *    Ne pas laisser traîner les restes de nourriture ni les plats
         sales, car ils attirent les mouches et les microbes y
         prolifèrent.

    *    Ne pas laisser traîner sur le sol des ustensiles propres.

    *    Ne pas consommer de viande crue ou mal cuite. Elle doit être bien
         cuite.

    *    Ne pas consommer d'aliments trop vieux ou qui sentent mauvais.

    *    Jeter les boîtes de conserve qui ont gonfléou qui giclent et font
         du bruit quand on les ouvre. Etre particulièrement prudent avec
         les conserves de poisson.

    CHAPITRE 4  Conduite à tenir en cas d'urgence

    Objectifs

    A la fin de ce chapitre, on doit être à même de:

    1.   Décider rapidement et dans le calme de ce qu'il y a lieu de faire
         en cas d'urgence.

    2.   Vérifier qu'il n'y a pas de danger sur les lieux d'un accident,
         d'un incendie ou d'une explosion et mettre en garde les personnes
         présentes.

    3.   Savoir rapidement à quel moment il faut trouver de l'aide pour
         secourir une personne intoxiquée par un gaz, ou piégée dans un
         bâtiment en feu.

    Lorsqu'une personne est intoxiquée, elle peut se sentir soudainement
    très mal et avoir immédiatement besoin de soins. Lorsqu'on aide une
    personne intoxiquée ou blessée lors d'un accident, un incendie ou une
    explosion chimique, ou par de l'oxyde de carbone, il faut être
    conscient des risques que l'on court, de façon à pouvoir se protéger
    et mettre en garde les autres.

    Surveillance des risques

    Il peut y avoir risque d'intoxication:

    --   dans une pièce ou un bâtiment mal aéréoù il y a un appareil de
         chauffage ou une cuisinière à bois, au mazout ou au gaz;
    --   dans un garage lorsqu'un moteur de voiture tourne;
    --   dans un réservoir de produit chimique vide;
    --   dans un entrepôt ou un silo à grains;
    --   à proximité d'un feu ou d'une explosion de produits chimiques, ou
         lorsqu'un gaz, un solide ou un liquide se répand ou fuit, en
         particulier dans un puits, une tranchée ou une cave;
    --   à l'intérieur d'un immeuble en feu. Le feu dégage de la fumée et
         de l'air chaud qui endommagent les poumons si on les inhale et
         des gaz toxiques, en particulier lorsque des produits chimiques
         ou du plastique brûlent. Les gaz toxiques s'accumulent rapidement
         dans un espace clos;
    --   en cas de contact avec la peau ou les vêtements de personnes
         contaminées par des produits très toxiques, tels que le cyanure
         ou les pesticides organophosphorés.

    Il peut également y avoir risque de blessure sur les lieux d'un
    accident chimique. Par exemple, le danger peut être lié à la
    circulation si l'accident s'est produit sur la voie publique, ou venir
    de l'effondrement des bâtiments en cas d'incendie ou d'explosion.

    Conduite à tenir en cas d'urgence

    En cas d'urgence:

    *    Rester calme
    *    S'assurer que l'on va bien soi-même.
    *    Donner l'alarme et appeler à l'aide.
    *    Eloigner les victimes du danger.
    *    Donner les premiers secours.

    Rester calme

    Essayer de rester calme avant de s'approcher d'une victime ou d'un
    accident. La plupart des gens sont effrayés s'ils sont blessés ou
    soudainement malades. Rester calme permet de les rassurer. Agir
    rapidement et calmement.

    S'assurer que l'on va bien soi-même

    Avant de faire quoi que ce soit, s'assurer que l'on va bien. En cas de
    danger, se protéger pour ne pas être la prochaine victime, car il n'y
    aura alors peut-être personne sur l'aide de qui compter.

    Vérifier rapidement qu'il n'y a aucun risque de:

    --   gaz, fumée ou vapeurs toxiques,
    --   liquides toxiques,
    --   incendie et bâtiments qui s'écroulent,
    --   circulation.

    Vérifier le sens du vent et rester à l'écart des endroits où des
    fumées ou des vapeurs pourraient être emportées.

    Donner l'alarme et appeler à l'aide

    Si l'on est le premier sur les lieux d'un accident, crier pour
    prévenir les personnes alentour du danger et leur dire d'appeler de
    l'aide.

    S'il y a plusieurs victimes, toujours crier à l'aide avant de faire
    quoi que ce soit d'autre.

    Si une infirmière, un médecin, un agent de santé ou un secouriste
    habite ou travaille à proximité, envoyer quelqu'un le (la) chercher.

    Eloigner la victime du danger, si c'est possible

    Si la personne est inconsciente dans une pièce ou un bâtiment qui
    risque d'être rempli de gaz toxique:

    *    Ouvrir la porte et les fenêtres de l'extérieur (en cassant les
         vitres s'il le faut) pour aérer. Attendre quelques minutes que la
         pièce soit bien aérée avant d'y pénétrer.

    *    Ne pas toucher aux interrupteurs électriques et ne laisser
         personne entrer dans la pièce avec une cigarette allumée ou une
         flamme nue. Cela pourrait provoquer une explosion.

    Si quelqu'un est piégédans un bâtiment en feu:

    *    Ne pas y aller sans équipement respiratoire (dont il faut
         connaître le maniement). Si l'on pénètre dans un bâtiment en feu
         sans aucune protection contre les gaz et les fumées toxiques, on
         risque de s'évanouir et de ne plus pouvoir ressortir. Un linge
         mouillé sur la bouche et le nez ne constitue pas une protection
         efficace.

    Si quelqu'un gît inconscient au fond d'un réservoir vide:

    *    Envoyer de l'air dans le réservoir à l'aide d'un compresseur. Ne
         pas pénétrer dans le réservoir tant que l'air qu'il contient n'a
         pas été entièrement renouvelé.

    *    Si l'on ne peut renouveler l'air du réservoir à l'aide d'un
         compresseur, ne pas pénétrer dedans, sauf si l'on porte un masque
         respiratoire que l'on sait utiliser. Un sauveteur qui pénètre
         dans le réservoir sans masque risque de perdre connaissance et de
         ne plus pouvoir en ressortir.

    Se protéger de l'intoxication qui pourrait survenir du fait d'un
    contact avec la victime. Mettre des gants avant de toucher une
    personne intoxiquée par du cyanure, des gaz lacrymogènes ou des
    pesticides organophosphorés. Le poison présent sur sa peau ou ses
    vêtements peut vous intoxiquer.

    Donner les premiers secours

    Prodiguer les premiers soins avant de bouger la victime, sauf s'il est
    dangereux de rester sur place (voir chapitre 5).

    S'il est impossible d'emmener immédiatement la victime chez un médecin
    ou à l'hôpital, il faudra peut-être faire plus pour l'aider (voir
    chapitre 9).

    CHAPITRE 5  Premiers secours

    Objectifs

    A la fin de ce chapitre, on doit être à même de:

    1.   Voir si une personne:
         --- est inconsciente,
         --- ne respire plus,
         --- n'a plus de battements cardiaques.

    2.   Décider dans chaque cas de ce qu'il faut faire et donner les
         premiers secours.

    3.   Donner les premiers secours lorsque quelqu'un:

         --- présente des convulsions,
         --- a reçu un produit chimique dans les yeux,
         --- a reçu un produit chimique sur la peau,
         --- a été mordu ou piqué par un animal venimeux.

    Les premiers secours sont les soins qu'une personne peut immédiatement
    prodiguer en cas d'urgence médicale.

    Ce chapitre peut aider à acquérir des notions de secourisme, mais il
    faut un enseignement pratique des gestes à effectuer. Il est important
    de voir la démonstration d'un bouche-à-bouche et d'un massage
    cardiaque, puis de s'exercer sur un mannequin spécial d'entraînement
    (modèle en grandeur réelle). Ne jamais s'exercer au massage cardiaque
    sur quelqu'un d'autre, seulement sur un mannequin.

    Il est dangereux de faire un massage cardiaque sans avoir été formé à
    cela.

    La victime d'une intoxication peut:

    --   être inconsciente,
    --   ne plus respirer,
    --   ne plus avoir de battements cardiaques,
    --   présenter des convulsions.

    Elle a besoin de soins immédiats pour rétablir la respiration et
    relancer le coeur.

    Lorsque des substances chimiques ont été au contact de la peau ou des
    yeux, elles peuvent provoquer des brûlures. En pareil cas, les
    premiers soins consistent à rincer la substance chimique pour
    l'éliminer. Cette dernière peut également pénétrer dans l'organisme et
    entraîner une intoxication.

    Les personnes qui ont été mordues ou piquées par un animal venimeux
    ont besoin de soins; il faut:

    --   retirer les dards, épines ou tentacules,
    --   nettoyer la plaie et arrêter l'infection,
    --   ralentir la diffusion du poison dans l'organisme.

    Donner immédiatement les premiers soins

    Des soins immédiats peuvent empêcher une intoxication grave et sauver
    la vie de la victime. En cas d'arrêt cardio-respiratoire, la victime
    mourra dans les quelques minutes qui suivent si on ne lui porte pas
    secours.

    Premiers secours en cas d'intoxication

    Voici une liste des premiers gestes à accomplir. Chaque étape est
    expliquée en détail plus loin. Les effectuer dans l'ordre donné. Agir
    aussi vite que possible, mais dans le calme.

    1.   Vérifier si la personne est consciente.
    2.   Dégager les voies aériennes et s'assurer que l'air peut parvenir
         jusqu'aux poumons.
    3.   Vérifier si elle respire.
    4.   Nettoyer la cavité buccale et dégager la gorge.
    5.   Faire un bouche-à-bouche.
    6.   Vérifier si le coeur bat.
    7.   S'il bat mais que la victime ne respire toujours pas, poursuivre
         le bouche-à-bouche.
    8.   Si le coeur ne bat pas, pratiquer un massage cardiaque.
    9.   Si la victime respire mais reste inconsciente, la tourner dans la
         position latérale de sécurité.
    10.  Le cas échéant, traiter les convulsions.
    11.  Si les yeux sont touchés, les rincer abondamment.
    12.  Retirer les vêtements contaminés et rincer les parties du corps
         contaminées (peau, cheveux).
    13.  En cas de piqûre ou de morsure venimeuses, donner les premiers
         secours.

    Vérifier si la personne est consciente

    Essayer de réveiller la victime. Lui crier: «Vous allez bien?» en lui
    secouant légèrement les épaules, mais en faisant attention à ne pas
    aggraver ses blessures (Fig. 15). Lui pincer la peau du cou et
    observer son visage. Une personne qui n'est qu'endormie se réveillera,
    mais une personne inconsciente non.

    FIGURE 15

    Dégager les voies aériennes

    Les voies aériennes sont les conduits à travers lesquels passe l'air
    pour parvenir jusqu'aux poumons. S'ils sont obstrués, la victime ne
    peut respirer et l'air ne peut entrer ni sortir des poumons. Une
    victime qui ne respire pas meurt dans les quatre minutes.

    Chez un sujet inconscient, la langue peut obstruer la gorge et les
    voies aériennes. S'assurer que celles-ci sont dégagées et que l'air
    peut descendre dans la gorge (Fig. 16):

    FIGURE 16

    *    Mettre la victime sur le dos.

    *    Basculer la tête en arrière et relever le menton entre le pouce
         et l'index, tout en appuyant en arrière sur le front de l'autre
         main (Fig. 17). Cela permet de dégager les voies aériennes et
         empêche la langue d'obstruer la gorge.

    FIGURE 17

    Vérifier si la victime respire

    Après avoir dégagé les voies aériennes, vérifier rapidement si la
    victime respire (Fig. 18):

    FIGURE 18

    *    Regarder si son ventre ou sa poitrine se soulèvent régulièrement.
    *    Palper sa poitrine pour voir si elle se soulève.
    *    Approcher la joue de son visage pour essayer de sentir son
         souffle.
    *    Ecouter s'il y a des bruits respiratoires. Pour cela, mettre son
         oreille tout près de la bouche de la victime.

    Procéder à ces quatre vérifications. Se souvenir que la poitrine peut
    se soulever et s'abaisser, même si la gorge est complètement obstruée
    et que l'air ne pénètre pas dans les poumons.

    L'arrêt respiratoire peut avoir diverses causes:

    *    Il y a quelque chose de coincé dans la gorge de la victime.
    *    La victime a la gorge obstruée par sa langue, du sang, des
         crachats, des vomissures, des aliments ou des fausses dents (si
         l'on a incliné la tête en arrière, ce n'est pas la langue qui
         obstruera la gorge).
    *    La gorge est obstruée parce que la victime a avalé un poison qui
         la lui a brûlée et fait enfler.
    *    La victime a été empoisonnée.
    *    Elle a reçu un coup violent sur la tête ou dans la poitrine.
    *    Elle a eu une crise cardiaque.
    *    Elle s'est presque noyée.

    Nettoyer la cavité buccale et dégager la gorge

    Si la victime ne respire pas après que vous lui ayez renversé la tête
    en arrière, il se peut que quelque chose lui obstrue la gorge.

    Lui tourner la tête sur le côté et passer un doigt au fond de sa
    bouche et de sa gorge afin de retirer toute substance pouvant les
    obstruer, par exemple, des vomissures (Fig. 19). Retirer les prothèses
    dentaires (fausses dents).

    FIGURE 19

    Si la victime commence à respirer, la mettre dans la position latérale
    de sécurité. Vérifier fréquemment le pouls et la respiration.

    Si, pour une raison ou pour une autre, la victime ne respire toujours
    pas, il faut immédiatement agir pour rétablir la respiration.

    Faire un bouche-à-bouche

    On peut rétablir la respiration en insufflant de l'air de ses propres
    poumons dans les poumons de la victime par la bouche (bouche-à-bouche)
    ou par le nez (bouche-à-nez).

    *    Ne pas faire le bouche-à-bouche si la victime respire encore.

    S'il y a du poison sur les lèvres de la victime ou si des produits
    corrosifs lui ont brûlé les lèvres et le menton, faire un
    bouche-à-nez. Insuffler de l'air par le nez (voir Fig. 20). On peut
    recouvrir la bouche de la victime d'un tissu pour se protéger les
    lèvres ou les mains.

    FIGURE 20

    Bouche-à-bouche et bouche-à-nez chez un adulte:

    1.   La victime étant étendue à plat sur le dos, lui nettoyer la
         bouche. S'agenouiller à côté de sa tête.

    2.   Lui renverser la tête en arrière.

    3.   D'une main, lui pincer le nez. De l'autre, lui ouvrir la bouche
         (Fig. 21). Ne pas appuyer sur le cou. Pour le bouche-à-nez,
         fermer la bouche de la victime avec le pouce.

    FIGURE 21

    4.   Inspirer profondément. Recouvrir de ses propres lèvres la bouche
         de la victime et expirer doucement et régulièrement de façon que
         tout l'air expiré aille dans sa bouche. Expirer avec force pour
         remplir sa cage thoracique (voir Fig. 22). Vérifier que sa
         poitrine se soulève. Pour le bouche-à-nez, appliquer les lèvres
         sur le nez de la victime (voir ci-dessus).

    FIGURE 22

    5.   S'écarter pour que la victime puisse expirer et pour prendre une
         nouvelle inspiration. Tourner la tête, attendre que la poitrine
         s'abaisse, sentir l'air expiré en approchant la joue et écouter
         le bruit de l'expiration (voir Fig. 23). Pour le bouche-à-nez, il
         faut ouvrir la bouche de la victime pour laisser l'air
         s'échapper.

    FIGURE 23

    6.   Prendre une nouvelle inspiration. Après avoir laissé la poitrine
         s'abaisser, insuffler à nouveau de l'air dans la bouche (ou le
         nez) de la victime et la regarder à nouveau expirer. Vérifier
         ensuite que son coeur bat.

    Si la cage thoracique ne se soulève pas chaque fois que l'on insuffle
    de l'air et qu'on ne sent ni n'entend la victime expirer, soit les
    voies aériennes sont obstruées, soit l'air insufflé ne parvient pas
    dans les poumons. Vérifier que la tête de la victime est bien basculée
    en arrière et dégager à nouveau les voies aériennes. S'assurer qu'une
    partie de l'air qu'on insuffle dans la bouche (ou le nez) de la
    victime ne s'échappe pas.

    Bouche-à-bouche chez un enfant ou un bébé

    Dégager les voies aériennes de la même façon que chez l'adulte, mais
    sans renverser la tête trop en arrière pour ne pas provoquer une
    coudure des voies aériennes.

    Si quelque chose obstrue la gorge, le retirer soigneusement, mais ne
    pas passer le doigt dans la bouche d'un bébé si l'on ne voit rien.
    Autrement, si la gorge est enflée à cause d'une infection, cela risque
    d'aggraver le problème.

    Ne pas pincer le nez. Recouvrir de ses lèvres le nez et la bouche de
    la victime (Fig. 24). Expirer doucement, juste assez pour soulever la
    cage thoracique de l'enfant. Pour un petit bébé, n'insuffler que de
    toutes petites bouffées. Ne pas insuffler l'air brutalement car cela
    risque de provoquer des lésions. Insuffler de l'air toutes les 3
    secondes.

    FIGURE 24

    Vérifier si le coeur bat

    Rechercher le pouls au niveau du cou, dans le creux situé entre le
    larynx et le muscle (pouls carotidien). Mettre deux doigts sur la
    pomme d'Adam et les faire glisser dans le sillon situé sous la
    mâchoire (voir Fig. 25). Les y laisser pendant au moins cinq secondes
    pour voir si l'on perçoit un pouls.

    FIGURE 25

    Dans le cas contraire, cela signifie que le coeur s'est arrêté. C'est
    ce qu'on appelle un arrêt cardiaque. La victime est inconsciente et a
    probablement les pupilles dilatées. Si elle est de race blanche, elle
    a probablement le teint bleu-gris. S'il s'agit d'une personne à la
    peau noire ou brune, rechercher une coloration bleue des ongles, des
    lèvres et de la partie interne des paupières inférieures. Si le coeur
    s'arrête, la respiration va également s'arrêter et la victime aura
    besoin d'un massage cardiaque et d'un bouche-à-bouche.

    Si le coeur bat, mais que la victime ne respire toujours pas,
    poursuivre le bouche-à-bouche.

    Prendre une profonde inspiration et insuffler de l'air toutes les 5
    secondes jusqu'à ce que la personne commence à respirer sans aide.
    Cela peut parfois prendre plus d'une heure.

    Si la victime a inhalé un gaz irritant, sa bouche et sa gorge peuvent
    être remplies de mousse. On ne peut éliminer celle-ci avec les doigts,
    il est donc inutile de perdre du temps à essayer de le faire. Comme
    cette mousse est constituée de bulles d'air, tout ce qu'on peut faire
    pour que l'air circule est de la pousser dans les poumons. Il faut
    donc insuffler de l'air comme d'habitude.

    Lorsque la victime commence à respirer, la tourner dans la position
    latérale de sécurité. Il peut arriver qu'elle vomisse et, dans cette
    position, les vomissures ne risquent pas de lui obstruer la gorge.
    Laisser les vomissures sortir et les retirer de la bouche avec le
    doigt.

    Surveiller attentivement la victime au cas où elle arrêterait à
    nouveau de respirer. En pareil cas, la remettre sur le dos et
    reprendre le bouche-à-bouche.

    Si le coeur ne bat pas, pratiquer un massage cardiaque

    Si l'on ne sent pas le pouls carotidien, il faut essayer de relancer
    le coeur en pratiquant un massage cardiaque (voir plus loin).

    Le massage cardiaque (ou compression thoracique) consiste à appuyer
    sur le coeur pour en faire sortir le sang et aider ce dernier à
    circuler dans l'organisme. Cela peut permettre au coeur de repartir.
    Il n'est efficace que si la victime est allongée sur une surface dure.

    S'il n'y a pas de battement de coeur, le sujet aura arrêté de
    respirer. Toujours commencer par le bouche-à-bouche et pratiquer le
    massage cardiaque ensuite.

    Ne pas pratiquer de massage cardiaque si le coeur bat, même
    faiblement. Dès que l'on sent le pouls carotidien, arrêter
    immédiatement, mais en poursuivant le bouche-à-bouche si la victime ne
    respire toujours pas.

    Massage cardiaque chez un adulte

    1.   Vérifier qu'il n'y a aucun battement de coeur.

    2.   Allonger la victime sur le dos sur une surface dure.
         S'agenouiller à son côté au niveau de la poitrine.

    3.   Rechercher la bonne position des mains. Palper le bord inférieur
         des côtes. Le suivre vers le haut jusqu'au sternum où les côtes
         se rejoignent. Poser le majeur à la base du sternum et l'index
         juste à côté (Fig. 26), puis poser la base de la paume de l'autre
         main sur le sternum à côté des deux doigts, au milieu de la cage
         thoracique (Fig. 27).

    FIGURE 26

    FIGURE 27

    4.   Recouvrir cette main avec la paume de la première et croiser les
         doigts fermement sans qu'ils reposent sur la poitrine (Fig. 28).
         Se soulever pour avoir les épaules au-dessus de la poitrine de la
         victime et garder les bras bien tendus.

    FIGURE 28

    5.   Appuyer sur la moitié inférieure du sternum en l'enfonçant de 4-5
         cm, en gardant les bras tendus. Relâcher ensuite la pression.
         Tout en comptant «un et deux et trois et...», imprimer 15
         pressions au rythme des chiffres égrenés (80 pressions par
         minute). Le faire régulièrement et doucement, sans à - coup.

    6.   Ne pas oublier qu'il faut à la fois un bouche-à-bouche et un
         massage cardiaque. Au bout de 15 pressions, faire basculer la
         tête de la victime en arrière, appliquer sa propre bouche sur
         celle de la victime et lui insuffler deux bouffées d'air.

    7.   Effectuer à nouveau 15 pressions suivies de deux respirations
         complètes. Vérifier les battements de coeur au bout d'une minute,
         puis de 3 minutes ou de 12 cycles. Dès qu'on perçoit à nouveau
         les battements, arrêter le massage. La victime reprend alors des
         couleurs plus normales et ses pupilles redeviennent normales.

    8.   Poursuivre le bouche-à-bouche à raison de 12 respirations par
         minute jusqu'à ce que la victime respire sans aide. Il peut
         falloir un certain temps pour cela, même une fois le coeur
         relancé. Lorsque la victime respire à nouveau seule, la mettre
         dans la position latérale de sécurité.

    Si l'on est deux, demander à l'autre personne de faire le
    bouche-à-bouche pendant que l'on pratique le massage cardiaque (Fig.
    29). Il faut que l'autre personne s'agenouille face à vous près de la
    tête de la victime. Elle doit insuffler deux fois de l'air et vérifier
    s'il y a un battement cardiaque. S'il n'y en a pas, appliquer cinq
    pressions sur la poitrine. Poursuivre, l'autre personne insufflant une
    fois de l'air dans les poumons et vous cinq pressions sur la poitrine.
    Vérifier s'il y a des battements cardiaques au bout d'une minute, puis
    toutes les trois minutes ou tous les 12 cycles.

    FIGURE 29

    Massage cardiaque chez l'enfant et le nourrisson 

    Le meilleur endroit pour sentir le pouls chez un jeune enfant ou un
    nourrisson est à la partie interne du bras. Le pouce étant à
    l'extérieur du bras, appuyer l'index et le majeur dans le sillon situé