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Coriaria myrtifolia L.

1. NOM
   1.1 Nom scientifique
   1.2 Famille
   1.3 Nom(s) commun(s) et synonyme(s)
2. RESUME
   2.1 Principaux risques et organes cibles
   2.2 Résumé des signes cliniques
   2.3 Diagnostic
   2.4 Premiers soins et principes de traitement
   2.5 Parties toxiques
   2.6 Toxines principales
3. CARACTERISTIQUES
   3.1 Description de la plante
      3.1.1 Caractéristiques essentielles permettant l'identification
      3.1.2 Habitat
      3.1.3 Aire de répartition géographique
   3.2 Parties toxiques de la plante
   3.3 Toxine(s)
      3.3.1 Nom(s)
      3.3.2 Description, structure chimique, stabilité
      3.3.3 Autres caractéristiques physico-chimiques
   3.4 Autres constituants chimiques
4. UTILISATIONS/CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATION
   4.1 Utilisations
      4.1.1 Utilisations
      4.1.2 Description
   4.2 Facteurs de risque de l'intoxication
   4.3 Zones géographiques à risque
5. VOIES D'ENTREE
   5.1 Voie orale
   5.2 Inhalation
   5.3 Contact cutané
   5.4 Contact oculaire
   5.5 Voie parentérale
   5.6 Autres
6. TOXICOCINETIQUE
   6.1 Absorption selon la voie d'entrée
   6.2 Distribution selon la voie d'entrée
   6.3 Demi-vie biologique
   6.4 Métabolisme
   6.5 Elimination par voie d'exposition
7. TOXICOLOGIE
   7.1 Mode d'action
   7.2 Toxicité
      7.2.1 Données chez l'homme
         7.2.1.1 Adulte
         7.2.1.2 Enfant
      7.2.2 Données chez l'animal
      7.2.3 Données in vitro
   7.3 Carcinogénicité
   7.4 Tératogénicité
   7.5 Mutagénicité
   7.6 Interactions
8. ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES
   8.1 Echantillonage
      8.1.1 Prélèvement de spécimens et d'échantillons
      8.1.2 Stockage des spécimens et échantillons de laboratoire
      8.1.3 Transport des spécimens et échantillons de laboratoire
   8.2 Analyses toxicologiques et interprétation
   8.3 Examens biomédicaux et interprétation
      8.3.1 Analyse biochimique
      8.3.2 Analyse des gaz du sang artériel
      8.3.3 Analyses hématologiques
   8.4 Interprétation des examens biochimiques
   8.5 Autres examens biochimiques et interprétation
   8.6 Références
9. SIGNES CLINIQUES
   9.1 Intoxication aiguë
      9.1.1 Ingestion
      9.1.2 Inhalation
      9.1.3 Contact cutané
      9.1.4 Contact oculaire
      9.1.5 Voie parentérale
      9.1.6 Autres voies
   9.2 Intoxication chronique
      9.2.1 Ingestion
      9.2.2 Inhalation
      9.2.3 Contact cutané
      9.2.4 Contact oculaire
      9.2.5 Voie parentérale
      9.2.6 Autres voies
   9.3 Evolution, pronostic, cause du décès
   9.4 Description analytique des signes cliniques
      9.4.1 Cardiovasculaires
      9.4.2 Respiratoires
      9.4.3 Neurologiques
         9.4.3.1 Système nerveux central
         9.4.3.2 Système nerveux périphérique
         9.4.3.3 Système nerveux autonome
         9.4.3.4 Muscles lisses et muscles striés
      9.4.4 Gastro-intestinaux
      9.4.5 Hépatiques
      9.4.6 Urinaires
         9.4.6.1 Rénaux
         9.4.6.2 Autres
      9.4.7 Système endocrinien et de la reproduction
      9.4.8 Dermatologiques
      9.4.9 Yeux et sphère ORL
      9.4.10 Hématologiques
      9.4.11 Immunologiques
      9.4.12 Métaboliques
         9.4.12.1 Troubles de l'équilibre acide base
         9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques
         9.4.12.3 Autres
      9.4.13 Réactions allergiques
      9.4.14 Autres signes cliniques
      9.4.15 Risques particuliers grossesse, allaitement, déficits enzymatiques
   9.5 Autres
10. TRAITEMENT
   10.1 Principes généraux
   10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique
   10.3 Décontamination
   10.4 Epuration
   10.5 Traitement antidotique
      10.5.1 Adulte
      10.5.2 Enfant
   10.6 Discussion des modalités thérapeutiques
11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES
   11.1 Cas cliniques issus de la littérature
12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
   12.1 Mesures préventives spécifiques
   12.2 Autres
13. REFERENCES
14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESSE COMPLETE



    Coriaria Myrtifolia

    International Programme on Chemical Safety
    Poisons Information Monograph 148
    Plant

    1.  NOM

        1.1  Nom scientifique

             Coriaria Myrtifolia (L.)

        1.2  Famille

             Coriariaceae

        1.3  Nom(s) commun(s) et synonyme(s)

             Redoul (France); Corroyère (France)

    2.  RESUME

        2.1  Principaux risques et organes cibles

             Atteinte neurologique (convulsions) et troubles
             digestifs (vomissements).

        2.2  Résumé des signes cliniques

             La plante entière contient un poison convulsivant. Les
             intoxications graves, souvent mortelles, sont dûes à
             l'ingestion de fruits confondus avec ceux de la ronce. Dans
             ce cas des signes digestifs (vomissements colorés en violet
             foncé) peuvent précéder l'apparition de crises convulsives et
             doivent donner l'alarme. La mort, par anoxie est dûe soit à
             un état de mal convulsivant prolongé, soit à des fausses
             routes.

        2.3  Diagnostic

             Le diagnostic est fondé sur l'anamnèse et sur
             l'apparition de vomissements colorés en violet foncé et/ou de
             crises convulsives. L'identification de la plante peut se
             faire sur l'examen histologique des débris de la plante issus
             de l'estomac soit par vomissements soit par lavage
             gastrique.
             Des échantillons de la plante (feuilles, tiges et fruits)
             doivent être conservés pour identification. Des échantillons
             de liquide gastrique doivent être conservés pour
             identification certaine de la plante ingérée.
             Le parenchyme foliaire est identifiable par ses nervures
             caractéristiques.

        2.4  Premiers soins et principes de traitement

             Faire vomir le plus tôt possible si on soupçonne
             l'ingestion d'une partie de cette plante par un enfant ou un
             adulte.
             Disposer sur place de médicaments anticonvulsivants tel que
             le diazépam (à utiliser en intra-veineux ou, en particulier
             chez l'enfant par voie rectale).
             Veiller à la liberté des voies aériennes. Mettre la victime
             en position latérale de sécurité, en particulier pendant le
             transport.

        2.5  Parties toxiques

             Toute la plante est toxique.
             Les fruits qui peuvent être confondus avec des fruits
             comestibles, sont responsables d'intoxications accidentelles
             avec des doses très importantes et sont donc souvent
             mortelles.

        2.6  Toxines principales

             Le principe toxique est la coriamyrtine, de formule très
             voisine de la picrotoxine.

    3.  CARACTERISTIQUES

        3.1  Description de la plante

             3.1.1  Caractéristiques essentielles permettant
                    l'identification

                    Il s'agit d'un arbrisseau à feuilles
                    persistantes pendant l'hiver, pouvant atteindre
                    exceptionnellement 2 à 3 mètres, très commun en région
                    méditerranéenne. Les rameaux sont verts et glabres, à
                    section quadrangulaire.
                    Ils portent des feuilles opposées, sessiles, simples,
                    à limbe ovale, lancéolé, brillant, atteignant 5 cm de
                    long. Les feuilles possèdent trois nervures
                    longitudinales partant de leur base, et deux nervures
                    latérales parallèles au bord de la feuille, lui
                    donnant un aspect caractéristique.
                    Les fleurs sont petites, verdâtres, réunies en grappes
                    au bout des rameaux. Elles comportent cinq sépales
                    triangulaires plus ou moins soudés entre eux et cinq
                    pétales étroits, charnus, verts. Elles sont unisexuées
                    ou hermaphrodites, actinomorphes. Elles sont pourvues
                    de 10 étamines sur 2 verticilles et 5 carpelles
                    constituant un ovaire à 5 loges surmonté de 5 styles
                    plumeux et renfermant dans chaque loge un seul ovule
                    pendant.

                    Les fruits ressemblent à de petites baies d'abord
                    vertes puis devenant violet foncé à noir à maturité.
                    Ils sont formés par la réunion des 5 akènes qui font
                    saillie entre les sépales persistants, renfermant
                    chacun une graine à cotylédons aplatis.
                    Les fruits renferment un suc violet foncé.
    
                    Un caractère histologique permet d'identifier la
                    plante dans les débris retirés de l'estomac: les
                    sépales persistent au moment de la fructification, or
                    il est possible de retrouver sur leur épiderme externe
                    un caractère précis: deux cellules annexes bordant les
                    stomates, disposées en croissant, parallèles à
                    l'ostiole. De plus ces cellules présentent une
                    striation cuticulaire particulièrement nette.

             3.1.2  Habitat

                    De façon spontanée, cet arbrisseau pousse dans
                    les haies, les broussailles, au bord des chemins ou
                    dans les bois. Ainsi son habitat est souvent le même
                    que celui des ronces et expose à des confusions lors
                    de la fructification de ces plantes qui a lieu en même
                    temps.
                    Cet arbrisseau a été utilisé comme plante ornementale
                    et pour le reboisement; en effet, ses racines sont
                    très drageonnantes et fixent la terre des
                    côteaux.

             3.1.3  Aire de répartition géographique

                    Il est très commun dans les régions
                    méditerranéennes (France, Italie, Espagne, Portugal,
                    Algérie, Maroc).
                    Autres espèces voisines en Asie centrale et orientale,
                    en Nouvelle Zélande (Coriaria sarmentosa ou Tutu), en
                    Amérique occidentale.

        3.2  Parties toxiques de la plante

             Toute la plante est toxique.

        3.3  Toxine(s)

             3.3.1  Nom(s)

                    Coriamyrtine

             3.3.2  Description, structure chimique, stabilité

                    La coriamyrtine est un semi-acétal
                    intramoléculaire à fonction lactone et non un
                    hétéroside comme on l'a cru d'abord. Sa formule est
                    très voisine de la picrotoxine; tous deux sont des
                    poisons très convulsivants.
                    Poudre cristalline (prismes), de goût amer, peu
                    soluble dans l'eau et l'alcool froid.
                    Soluble dans l'alcool chaud et l'éther.
                    Masse moléculaire: 278,29.

             3.3.3  Autres caractéristiques physico-chimiques

                    Pas de données.

        3.4  Autres constituants chimiques

             Tanins: les grandes quantités de tanins contenues dans
             cette plante l'ont fait utiliser pour le tannage des cuirs.
             Les feuilles ont été utilisées pour peindre en noir.
             Pigments: violet noir dans les fruits. On cite leur
             utilisation au siècle dernier pour teinter le vin.

    4.  UTILISATIONS/CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATION

        4.1  Utilisations

             4.1.1  Utilisations

             4.1.2  Description

                    De nos jours, la culture et l'utilisation de
                    cette plante très toxique ne sont pas encouragées.
                    Toute utilisation ornementale, en particulier près de
                    collectivités d'enfants doit être évitée, voire
                    supprimée.
                    Au Chili, les fruits d'une plante voisine le "Coriaria
                    ruscifolia" servaient à fabriquer de l'encre.
                    Les grandes quantités de tanins contenues dans cette
                    plante l'ont fait utiliser pour le tannage des cuirs.
                    Les feuilles ont été utilisées pour peindre en noir.
                    On cite l'utilisation des fruits au siècle dernier
                    pour teinter le vin.

        4.2  Facteurs de risque de l'intoxication

             Ingestion accidentelle de fruits confondus avec ceux de
             la ronce (enfants et adultes).
             Il existe de grandes différences botaniques entre le Redoul
             et les ronces, cependant, des profanes et surtout des
             enfants, peuvent se tromper facilement (petits fruits violets
             pouvant pousser ensemble). De plus, les baies de redoul n'ont

             pas un goût désagréable, plus ou moins acide ou sucré suivant
             le stade de maturation.
             Les feuilles de redoul ont servi à frelater les feuilles de
             séné (3 cas d'intoxications mortelles après ingestion d'une
             décoction de feuilles de séné ainsi falsifiées).
             Au siècle dernier des circonstances exceptionnelles ont été
             décrites: ingestion de lait de chèvres ayant brouté des
             feuilles de redoul (les chèvres sont résistantes à ce
             toxique); une famille se serait empoisonnée après avoir mangé
             des escargots ramassés sur cette plante.

        4.3  Zones géographiques à risque

             Régions méditerranéennes, les Etats-Unis, et toutes les
             régions tempérées.
             Les autres espèces de toxicité voisine sont au Japon le
             Coriaria japonica, et au Chili le Coriaria ruscifolia.

    5.  VOIES D'ENTREE

        5.1  Voie orale

             L'ingestion est la seule voie d'intoxication connue
             jusqu'à présent.

        5.2  Inhalation

             Pas de données

        5.3  Contact cutané

             Pas de données

        5.4  Contact oculaire

             Pas de données

        5.5  Voie parentérale

             Pas de données

        5.6  Autres

             Pas de données

    6.  TOXICOCINETIQUE

        6.1  Absorption selon la voie d'entrée

             Pas de données.

        6.2  Distribution selon la voie d'entrée

             Pas de données.

        6.3  Demi-vie biologique

             Pas de données.

        6.4  Métabolisme

             Pas de données.

        6.5  Elimination par voie d'exposition

             Pas de données.

    7.  TOXICOLOGIE

        7.1  Mode d'action

             La coryamyrtine est un stimulant cérébral voisin de la
             picrotoxine; d'abord stimulant la respiration, il induit des
             crises convulsives pouvant conduire à un état de mal
             mortel.

        7.2  Toxicité

             7.2.1  Données chez l'homme

                    7.2.1.1  Adulte

                             L'ingestion d'un à deux bols de
                             fruits (plusieurs poignées) est une dose
                             pouvant être mortelle.
                             L'ingestion d'une décoction de feuilles a
                             provoqué la mort par convulsions subintrantes
                             à la 4e heure.
                             Cas du CAP de Marseille: un garçon de 15 ans
                             après ingestion de moins de dix fruits
                             présente pâleur, mydriase puis myosis (EEG
                             non effectué).

                    7.2.1.2  Enfant

                             Les quantités de fruits ingérées ne
                             sont que rarement connues avec précision mais
                             les vomissements violets montrent que les
                             quantités ne sont pas négligeables.
                             Intoxication souvent mortelle chez
                             l'enfant.

             7.2.2  Données chez l'animal

                    Coriamyrtine:
                    DL50 Grenouille: 5,8 mg/kg
                    DL50 Souris: 1 mg/kg
                    80 mg tue un lapin instantanément.

             7.2.3  Données in vitro

                    Pas de données.

        7.3  Carcinogénicité

             Pas de données.

        7.4  Tératogénicité

             Pas de données.

        7.5  Mutagénicité

             Pas de données.

        7.6  Interactions

             Pas de données.

    8.  ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES

        8.1  Echantillonage

             8.1.1  Prélèvement de spécimens et d'échantillons

                    Garder les liquides gastriques, en dehors de
                    leur couleur caractéristique, des caractères
                    botaniques peuvent permettre d'identifier les debris
                    retirés de l'estomac (voir paragraphe 3.1.1.).
                    Garder des échantillons de rameaux et de fruits.

             8.1.2  Stockage des spécimens et échantillons de laboratoire

                    Liquides gastriques dans un pot ou dans un sac
                    en plastique transparent pour l'examen immédiat.
                    Echantillons de la plante entre des feuilles de
                    journaux et dans un sac en plastique. Attention, les
                    fruits tachent papiers et tissus.

             8.1.3  Transport des spécimens et échantillons de laboratoire

                    Pas de conditions spéciales

        8.2  Analyses toxicologiques et interprétation

        8.3  Examens biomédicaux et interprétation

             8.3.1  Analyse biochimique

             8.3.2  Analyse des gaz du sang artériel

                    Pas de modifications spécifiques connues.
                    En cas de convulsions, apprécier l'importance de la
                    souffrance cellulaire par des dosages enzymatiques
                    plasmatiques (CPK, AST, ALT).

             8.3.3  Analyses hématologiques

                    Pas de modifications spécifiques connues.
                    Permet de mesurer l'importance de l'acidose
                    métabolique en cas de convulsions et de la
                    corriger.

        8.4  Interprétation des examens biochimiques

        8.5  Autres examens biochimiques et interprétation

        8.6  Références

    9.  SIGNES CLINIQUES

        9.1  Intoxication aiguë

             9.1.1  Ingestion

                    30 minutes à 2 heures après l'ingestion (cas
                    extrêmes 10 minutes à 6 heures), apparition des
                    premiers signes cliniques:
                    - sensation de vertiges, de céphalées, de nausées.
                    - sensation de picotements de la langue, avec
                    sécheresse de la bouche.
                    - survenue de vomissements colorés en violet après
                    l'ingestion accidentelle de fruits.
                    Puis apparition d'un état convulsif avec alternance de
                    phases cloniques puis toniques.
                    Ces crises se répètent et peuvent aboutir à un état de
                    mal. Sont cités également l'existence d'un trismus,
                    d'un état de contracture généralisée. Lorsque les
                    convulsions n'induisent pas de souffrance hypoxique,
                    la victime peut rester consciente entre les crises,
                    dans le cas contraire, l'intoxiqué est obnubilé ou
                    comateux.
                    Les signes associés décrits sont les suivants:
                    diminution des reflexes ostéotendineux, myosis ou
                    mydriase, respiration courte et superficielle avec
                    parfois des périodes d'apnée.

             9.1.2  Inhalation

                    Pas de données.

             9.1.3  Contact cutané

                    Pas de données.

             9.1.4  Contact oculaire

                    Pas de données.

             9.1.5  Voie parentérale

                    Pas de données.

             9.1.6  Autres voies

                    Pas de données.

        9.2  Intoxication chronique

             9.2.1  Ingestion

                    Pas de données.

             9.2.2  Inhalation

                    Pas de données.

             9.2.3  Contact cutané

                    Pas de données.

             9.2.4  Contact oculaire

                    Pas de données.

             9.2.5  Voie parentérale

                    Pas de données.

             9.2.6  Autres voies

                    Pas de données.

        9.3  Evolution, pronostic, cause du décès

             L'intoxication aiguë évolue rapidement, en 24 heures,
             soit vers la guérison, soit vers la mort.
             La mort est dûe à un arrêt respiratoire dû à la tétanisation
             des muscles respiratoires et par arrêt cardiaque.
             Un traitement symptomatique efficace devrait éviter une issue
             fatale.

        9.4  Description analytique des signes cliniques

             9.4.1  Cardiovasculaires

                    Les troubles cardiovasculaires aigus dépendent
                    des convulsions et de l'acidose métabolique.

             9.4.2  Respiratoires

                    Le poison a une action centrale, pouvant être
                    au début stimulant des centres respiratoires puis
                    anoxiant par son effet convulsivant.

             9.4.3  Neurologiques

                    9.4.3.1  Système nerveux central

                             La coriamyrtine (et les plantes qui
                             en contiennent) est un poison du système
                             nerveux central, très voisin de la
                             picrotixine.
                             Excitant bulbaire puis convulsivant, ce
                             poison peut être mortel par anoxie centrale
                             et arrêt cardiorespiratoire.
                             Au début de l'intoxication, le patient peut
                             présenter des vertiges, des céphalées et des
                             tremblements. Parfois une instabilité de type
                             ébrieux est décrite. Le patient peut alors
                             sentir venir la crise; il pousse un cri, les
                             yeux se révulsent et les crises convulsives
                             surviennent.
                             Parfois celles-ci s'accompagnent de morsure
                             de la langue, exceptionnellement d'émission
                             d'urines.
                             A noter des pupilles décrites en myosis ou en
                             mydriase.

                    9.4.3.2  Système nerveux périphérique

                             Pas de données.

                    9.4.3.3  Système nerveux autonome

                             Pas de données.

                    9.4.3.4  Muscles lisses et muscles striés

                             Pas de données.

             9.4.4  Gastro-intestinaux

                    L'intoxication aiguë par le redoul provoque
                    souvent des nausées et vomissements avant la survenue
                    des convulsions.
                    Lorsque le patient a ingéré des fruits, les
                    vomissements sont colorés en violet.
                    Certains patients se plaignent de douleurs gastriques
                    ou abdominales.

             9.4.5  Hépatiques

                    Pas de données.

             9.4.6  Urinaires

                    9.4.6.1  Rénaux

                             Pas de données.

                    9.4.6.2  Autres

                             Pas de données.

             9.4.7  Système endocrinien et de la reproduction

                    Pas de données.

             9.4.8  Dermatologiques

                    Pas de données.

             9.4.9  Yeux et sphère ORL

                    Pas de données.

             9.4.10 Hématologiques

                    Pas de données.

             9.4.11 Immunologiques

                    Pas de données.

             9.4.12 Métaboliques

                    9.4.12.1 Troubles de l'équilibre acide base

                             Acidose métabolique liée à la
                             souffrance cellulaire lors des
                             convulsions.

                    9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques

                             Pas de données.

                    9.4.12.3 Autres

                             Pas de données.

             9.4.13 Réactions allergiques

                    Pas de données.

             9.4.14 Autres signes cliniques

                    Données non trouvées.

             9.4.15 Risques particuliers grossesse, allaitement, déficits
                    enzymatiques

                    L'hypoxie lors des crises convulsives fait
                    courir un risque grave lors de grossesse.

        9.5  Autres

             Pas de données.

    10. TRAITEMENT

        10.1 Principes généraux

             Elimination précoce.
             Traitement symptomatique des convulsions, surveillance
             EEG.
             Correction des désordres hydroélectrolytiques.

        10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique

             Sauvegarder la liberté des voies aériennes.
             Eviter les fausses routes.
             Calmer les convulsions.
             Oxygénothérapie.
             Corriger l'acidose métabolique.

        10.3 Décontamination

             Malheureusement, en cas d'ingestion accidentelle par
             confusion de fruits, la victime qui croit avoir ingéré un
             fruit comestible ne donne pas l'alarme.
             Si un enfant est surpris en train de manger des fruits,
             provoquer des vomissements le plus rapidement possible, sinon
             faire un lavage gastrique sous intubation au moindre trouble
             de la conscience.

        10.4 Epuration

             Pas nécessaire.

        10.5 Traitement antidotique

             10.5.1 Adulte

                    Pas de données.

             10.5.2 Enfant

                    Pas de données.

        10.6 Discussion des modalités thérapeutiques

             Tout le pronostic se joue sur le traitement des
             convulsions.
             Attention de ne pas provoquer une dépression respiratoire
             médicamenteuse si on ne dispose pas de moyens de réanimation
             appropriés.

    11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES

        11.1 Cas cliniques issus de la littérature

             Une petite fille de 3 ans et demi mange des fruits dans
             la campagne. Trois heures et demie plus tard, elle présente
             des vomissements. Puis à la 7e heure elle perd brutalement
             connaissance. Elle est pâle et présente des convulsions, ses
             yeux sont révulsés et ses pupilles en mydriase. Elle présente
             ensuite une hypothermie. Guérison dès le 2e jour (Tandonnet
             et al., 1954).
             Un homme de 28 ans ingère accidentellement des fruits. Il
             présente des céphalées, des nausées et vomit un peu.
             Brutalement, il pousse un cri rauque, ses yeux se révulsent,
             il perd connaissance, et présente des crises convulsives. Les
             crises deviennent subintrantes et il décède lors de la 6e
             crise survenue en 40 minutes (Rimbaud et al., 1943).

    12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

        12.1 Mesures préventives spécifiques

             En raison de la grande toxicité de cette plante, ses
             utilisations doivent être évitées et les arbrisseaux
             existants doivent être arrachés lorsqu'ils se trouvent, en
             particulier, à proximité de communautés d'enfants.

        12.2 Autres

             Pas de données.

    13. REFERENCES

        Poyen D, Raibaudi R, Bloch C et Jouglard J (1970) J.E.T., 6:
        386-391
    
        Rimbaud L, Serre H et Passouant P (1943). L'intoxication par le
        redoul. Gazette des Hôpitaux, 8: 117-118
    
        Tandonnet A, Degans H, Laubie H, et Tempère G (1954). A propos
        d'une intoxication par le redoul. Bull. Soc. Pharm. Bordeaux, 92:
        39-42.
    
        Windholz (1983) The Merck Index. An encyclopedia of chemicals,
        drugs and biologicals. Merck and Co, Rahaway NJ

    14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESSE COMPLETE

        Auteur:                 J Jouglard
                                Centre Anti-Poisons
                                Hôpital Salvator
                                249 Bd Sainte Marguerite 
                                13009 Marseille. France
    
                                20 mars 1990
    
        Groupe de révision:     Strasbourg, France
                                Avril 1990
    
        Edition finale:         MO Rambourg Schepens
                                Novembre 1997