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Arum species

1. NOM
   1.1 Nom scientifique
   1.2 Famille
   1.3 Nom(s) commun(s) et synonyme(s)
2. RESUME
   2.1 Principaux risques et organes cibles
   2.2 Résumé des signes cliniques
   2.3 Diagnostic
   2.4 Premiers gestes et principes de traitement
   2.5 Parties toxiques
   2.6 Toxines principales
3. CARACTERISTIQUES
   3.1 Description de la plante
      3.1.1 Caractéristiques essentielles permettant l'identification
      3.1.2 Habitat
      3.1.3 Aire de répartition géographique
   3.2 Parties toxiques de la plante
   3.3 Toxine(s)
      3.3.1 Nom(s)
      3.3.2 Description, structure chimique, stabilité
      3.3.3 Autres caractéristiques physico-chimiques
   3.4 Autres constituants chimiques
4. UTILISATIONS/CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATON
   4.1 Utilisations
      4.1.1 Utilisations
      4.1.2 Description
   4.2 Facteurs de risque de l'intoxication
   4.3 Zones géographiques à risque
5. VOIES DE PENETRATION
   5.1 Voie orale
   5.2 Inhalation
   5.3 Contact cutané
   5.4 Contact oculaire
   5.5 Voie parentérale
   5.6 Autres
6. TOXICOCINETIQUE
   6.1 Absorption selon la voie d'exposition
   6.2 Distribution
   6.3 Demi-vie
   6.4 Métabolisme
   6.5 Elimination
7. TOXICOLOGIE
   7.1 Mode d'action
   7.2 Toxicité
      7.2.1 Données chez l'homme
         7.2.1.1 Adulte
         7.2.1.2 Enfant
      7.2.2 Données chez l'animal
      7.2.3 Données in vitro
   7.3 Carcinogénicité
   7.4 Tératogénicité
   7.5 Mutagénicité
   7.6 Interactions
8. ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES
   8.1 Echantillonage
   8.2 Analyses toxicologiques et interprêtation
      8.2.1 Test sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons
         8.2.1.1 Sang
         8.2.1.2 Urine
         8.2.1.3 Autres
      8.2.2 Tests sur les spécimens biologiques
   8.3 Examens biomédicaux et interprêtation
      8.3.1 Analyse biochimique
      8.3.2 Analyse des gaz du sang artériel
      8.3.3 Analyse hématologique
      8.3.4 Interprétation des examens biochimiques
   8.4 Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation
   8.5 Interprétation globale de l'ensemble des analyses et examens toxicologiques
   8.6 References
9. SIGNES CLINIQUES
   9.1 Intoxication aigue
      9.1.1 Ingestion
      9.1.2 Inhalation
      9.1.3 Contact cutané
      9.1.4 Contact oculaire
      9.1.5 Voie parentérale
      9.1.6 Autres voies
   9.2 Intoxication chronique
      9.2.1 Ingestion
      9.2.2 Inhalation
      9.2.3 Contact cutané
      9.2.4 Contact oculaire
      9.2.5 Voie parentérale
      9.2.6 Autre
   9.3 Evolution, pronostic, cause du décès
   9.4 Description analytique des signes cliniques
      9.4.1 Cardio-vasculaires
      9.4.2 Respiratoires
      9.4.3 Neurologiques
      9.4.4 Gastro-intestinaux
      9.4.5 Hépatiques
      9.4.6 Urinaires
         9.4.6.1 Rénaux
         9.4.6.2 Autres
      9.4.7 Système endocrininen et de la reproduction
      9.4.8 Dermatologiques
      9.4.9 Yeux et sphère ORL
      9.4.10 Hématologiques
      9.4.11 Immunologiques
      9.4.12 Métaboliques
         9.4.12.1 Troubles acido-basiques
         9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques
         9.4.12.3 Autres
      9.4.13 Réactions allergiques
      9.4.14 Autres signes cliniques
      9.4.15 Risques particuliers: grossesse, allaitement, déficits enzymatiques
   9.5 Autres
10. TRAITEMENT
   10.1 Principes généraux
   10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique
   10.3 Décontamination
   10.4 Epuration
   10.5 Traitement antidotique
      10.5.1 Adulte
      10.5.2 Enfant
   10.6 Discussion des modalités thérapeutiques
11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES
   11.1 Cas cliniques issus de la littérature
12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
   12.1 Mesures préventives spécifiques
   12.2 Autres
13. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESSE(S) COMPLETE(S)



    Arum spp

    International Programme on Chemical Safety
    Poisons Information Monograph (Group monograph) G006
    Plant

    1.  NOM

        1.1  Nom scientifique

             Arum est un genre comprenant 27 espèces.
             A. maculatum; A. byzantinum; A. italicum;
             A. concinnatum; A. alpinum; A. gratum; A. lucanum;
             A. apulum; A. nigrum; A. cyrenaicum;
             A. purpureospathum; A. balansanum; A. hainesii;
             A. elongatum; A. rupicola; A. jacquemontii;
             A. korolkowii; A. euxinum; A. hygrophilum;
             A. sintenisii; A. dioscoridis; A. palaestinum;
             A. idaeum; A. creticum; A. pictum

        1.2  Famille

             Aracées

        1.3  Nom(s) commun(s) et synonyme(s)

             Arum tacheté, pied de veau, fleur de serpent,
             gouet maculé.

    2.  RESUME

        2.1  Principaux risques et organes cibles

             Toutes les parties de la plante contiennent des cristaux
             insolubles d'oxalate de calcium responsables d'un effet
             caustique. La mastication de feuilles ou de fruits entraine
             des lésions buccales.
             En cas d'ingestion ces lésions s'accompagnent de douleurs
             digestives, de vomissements et d'une diarrhée. Plus rarement,
             un syndrome hémorragique digestif peut survenir ainsi que des
             troubles systémiques (paresthésies, somnolence, convulsions,
             mydriase, troubles du rythme cardiaque).
             Des dermatites irritatives ont été également
             rapportées.

        2.2  Résumé des signes cliniques

             La mastication de feuilles ou de fruits entraine
             immédiatement une sensation de brulûre bucco-pharyngée, avec
             une hypersalivation, un oedème local qui peut gêner la
             déglutition et la ventilation.
             En cas d'ingestion ces troubles s'accompagnent de douleurs
             digestives, de vomissements et d'une diarrhée.

             Les cas d'ingestion massive peuvent se compliquer d'un
             syndrome hémorragique digestif et de troubles systémiques
             (paresthésies, somnolence, convulsions, mydriase, troubles du
             rythme cardiaque), mais ces troubles sont
             exceptionnels.

        2.3  Diagnostic

             Le diagnostic est fait à partir de l'anamnèse et sur
             l'apparition de brûlures bucco-pharyngées avec
             hypersalivation et oedème local. Le dosage des oxalates
             urinaires peut être effectué dans les 24 heures suivant
             l'intoxication, si celle-ci est systémique.

        2.4  Premiers gestes et principes de traitement

             Une décontamination est à instaurer immédiatement, avec
             éviction des débris végétaux persistant dans la cavité
             buccale et dans l'estomac.
             Une surveillance de l'oedème bucco-pharyngé est nécessaire en
             vue de dépister d'éventuelles complications
             respiratoires.

        2.5  Parties toxiques

             Les feuilles, les fruits et les rhizomes des arums sont
             toxiques.

        2.6  Toxines principales

             L'aroine, l'arodine et l'aronine sont des alcaloïdes
             apparentés à la conicine, mais la toxicite principale est
             exercée par les cristaux insolubles d'oxalate de calcium
             présents dans la plante.
             Une saponine est présente dans la plante et pourrait en
             renforcer l'effet caustique.

    3.  CARACTERISTIQUES

        3.1  Description de la plante

             3.1.1  Caractéristiques essentielles permettant
                    l'identification

                    (Garnier et al., 1961; McClintock & Fitter,
                    1972; Boyce, 1993)
                    Plantes vivaces herbacées. La racine est tubérisée en
                    forme de disque ou de rhizome.
                    Les feuilles sont peu nombreuses ou au contraire en
                    grand nombre; elles sont grandes, pétiolées, vert
                    foncé, cordées ou sagittées, à extrémité pointue ou

                    arrondie, aux lobes postérieurs bien définis. Elles
                    sont luisantes, à nervures en réseau, quelquefois
                    tachées de pourpre noir.
                    Les inflorescences sont sessiles ou longuement
                    pédiculées, et comportent une large bractée (spathe),
                    dont la partie inférieure enroulée cache les fleurs
                    regroupées à la base d'un prolongement en massue de
                    l'axe floral appelé spadice. La partie tubulaire du
                    spathe est de forme oblongue/cylindrique quelquefois
                    resserrée au sommet ou bien ouverte en forme de
                    gobelet, à bords libres; le limbe du spathe est
                    lancéolé, elliptique ou ovalaire, dressé, incurvé ou
                    retombant, à extrémité pointue ou arrondie. Le spadice
                    est soit plus court que le spathe, soit il dépasse
                    celui-ci. Il est de forme cylindrique, sessile ou
                    longuement pédiculé, plus ou moins érigé, lisse dont
                    l'extrémité est pointue ou arrondie, dégageant une
                    odeur douce ou fétide, quelquefois sans parfum. Les
                    fleurs sont très petites, les mâles au-dessus des
                    femelles, groupées en verticilles denses. La partie
                    nue supérieure du spadice est colorée.
                    Les fruits sont des baies groupées à l'extrémité de la
                    tige, elles sont brillantes, pyriformes ou globuleuses
                    renfermant un petit nombre de graines.

             3.1.2  Habitat

                    Les arums montrent une préférence pour les
                    terrains riches, lourds et alcalins.
                    En Europe du Nord, les arum sont généralement
                    rencontrés dans les forêts de feuillus. Dans ce type
                    d'habitat, c'est le faible ensoleillement plutôt que
                    le manque d'eau qui constitue le facteur limitant à
                    leur développement. Cependant on peut voir certaines
                    espèces comme A. elongatum et A. orientale en
                    bordure de la forêt de conifères de Crimée et A.
                    italicum subsp. canariense dans la forêt de Lauriers
                    persistants sur l'île de Ténérife. Les espèces
                    méditerranéennes poussent généralement dans la
                    garrigue, composée de buissons bas (moins de 50 cm),
                    épineux et souvent aromatiques, sur les sols calcaires
                    typiques de cette région. On peut plus rarement les
                    rencontrer dans le maquis, qui constitue aussi la
                    végétation méditerranéenne-type, un peu plus élevée
                    que la garrigue (Boyce, 1993).

             3.1.3  Aire de répartition géographique

                    A. maculatum: Europe du nord
                    A. byzantinum: Turquie, Europe du nord
                    A. italicum: Europe du sud
                    A. concinnatum: est de la mer Egée
                    A. alpinum: nord, sud et est de l'Europe

                    A. orientale: Asie mineure
                    A. gratum: ouest et centre de la Turquie
                    A. lucanum: Italie du sud
                    A. apulum: Italie du sud
                    A. nigrum: Balkans (Yougoslavie surtout)
                    A. cyrenaicum: Libye
                    A. purpureospathum: Crète
                    A. balansanum: ouest et centre de la Turquie
                    A. hainesii: Irak
                    A. elongatum: est de l'Europe, Russie, Crimée
                    A. rupicola: Turquie, ouest du Moyent Orient
                    A. jacquemontii: Himalaya
                    A. korolkowii: Asie centrale
                    A. euxinum: nord et ouest de la Turquie
                    A. hygrophilum: Moyent Orient (Liban, Syrie)
                    A. sintenisii: Chypre
                    A. dioscoridis: est de la Méditerranée, Turquie
                    A. palaestinum: Moyent Orient (Liban, Syrie)
                    A. idaeum: Crète
                    A. creticum: Crète
                    A. pictum: Iles Baléares
                    (Boyce, 1993)

        3.2  Parties toxiques de la plante

             Toutes les parties de la plante, feuilles, fruits et
             rhizomes sont toxiques. Mais il a été rapporté que le rhizome
             séché et bouilli avait pu être utilisé comme aliment
             (Garnier, 1961).

        3.3  Toxine(s)

             3.3.1  Nom(s)

                    L'aroine, l'arodine et l'aronine sont des
                    alcaloïdes apparentés à la conicine, mais dont
                    l'action est mal connue (Jouglard, 1977). Présence en
                    très grand nombre de cristaux insolubles d'oxalate de
                    calcium (Lampe & Mc Cann, 1985) et de
                    saponines.

             3.3.2  Description, structure chimique, stabilité

                    L'aroine est volatile et instable et peut
                    affecter le SNC (Cooper & Johnson, 1984). Le séchage
                    et l'ébullition réduisent la toxicité de la plante
                    (Cooper & Johnson, 1988)

             3.3.3  Autres caractéristiques physico-chimiques

                    Pas de données.

        3.4  Autres constituants chimiques

             De la nicotine a été trouvée dans les feuilles au taux
             de 0,7 mg/kg, quantités faibles ne pouvant pas contribuer à
             la toxicité de la plante (Stahl & Kaitenbach, 1965).

    4.  UTILISATIONS/CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATON

        4.1  Utilisations

             4.1.1  Utilisations

             4.1.2  Description

                    Plante ornementale.
                    Occasionellement utilisée en médecine traditionnelle
                    et comme aphrodisiaque; cette dernière utilisation est
                    due à la forme phallique de son inflorescence et sans
                    relation avec un effet pharmacologique. (Boyce,
                    1993)

        4.2  Facteurs de risque de l'intoxication

             Les arums produisent de jolies baies rouge orange,
             attractives pour les enfants qui les mangent
             accidentellement.

        4.3  Zones géographiques à risque

             Les zones à risque sont superposables à la distribution
             de la plante.

    5.  VOIES DE PENETRATION

        5.1  Voie orale

             C'est le mode d'intoxication le plus fréquent, notamment
             en ce qui concerne les baies rouge-orange, attractives pour
             les enfants. La mastication de feuilles ou de fruits entraine
             une forte irritation locale bucco-pharyngée avec une
             hypersalivation, et leur ingestion provoque des vomissements
             et une diarrhée.

        5.2  Inhalation

             Pas de données.

        5.3  Contact cutané

             Rare, ce mode d'intoxication entraine des dermatites
             érythémateuses et vésiculeuses parfois sévères (Jouglard,
             1977; Cooper & Johnson, 1988).

        5.4  Contact oculaire

             Rare, il réalise une forte irritation oculaire.

        5.5  Voie parentérale

             Pas de données.

        5.6  Autres

             Pas de données.

    6.  TOXICOCINETIQUE

        6.1  Absorption selon la voie d'exposition

             Les seules données connues concernent l'oxalate de
             calcium.
             L'oxalate de calcium, présent en grande quantité dans la
             plante, est peu absorbé en raison de son insolubilité. De
             plus lors de l'ingestion, la douleur provoquée par le contact
             de la plante avec la muqueuse digestive interrompt rapidement
             la consommation.

        6.2  Distribution

             Pas de données.

        6.3  Demi-vie

             Pas de données.

        6.4  Métabolisme

             Pas de données.

        6.5  Elimination

             Les cristaux d'oxalate sont excrétés dans les urines
             sous forme inchangée (Hanson et al., 1989), en général
             pendant 24 à 36 heures (Archer et al., 1957). Cette oxalurie
             peut survenir lors d'une intoxication systémique faisant
             suite à une ingestion massive de plantes. Ceci est rarement
             le cas du fait de la faible quantité de substance toxique
             habituellement ingérée.

    7.  TOXICOLOGIE

        7.1  Mode d'action

             Les phénomènes d'irritation seraient dus aux cristaux
             d'oxalate de calcium dont la plante est très riche
             (Kingsbury, 1964). Ces manifestations sont communes à la
             plupart des aracées (Dieffenbachia, Philodendron,...). Il

             semblerait qu'il s'agisse, comme pour toutes les aracées, de
             cristaux insolubles d'oxalate de calcium. Ces cristaux ont
             une forme pointue qui contribue à la toxicité locale de ces
             plantes. L'effet traumatique des cristaux sur les muqueuses
             permet la pénétration des autres composants toxiques.
             La symptomatologie se manifeste immédiatement après
             l'ingestion par une importante irritation locale, ce qui
             arrête en général la poursuite de l'ingestion. Il n'y a donc
             le plus souvent pas d'intoxication systémique comme on peut
             le voir avec d'autres plantes contenant des oxalates en
             petite quantité (rhubarbe).
             Le saponoside aroine ou aronine, volatile, agit directement
             sur le SNC (Cooper & Johnson, 1984).

        7.2  Toxicité

             7.2.1  Données chez l'homme

                    7.2.1.1  Adulte

                             Peu de données sont colligées en ce
                             qui concerne l'Arum maculatum. Kingsbury
                             (1964) signale que l'action irritante de
                             cette plante est due aux cristaux d'oxalate
                             de calcium insolubles.

                    7.2.1.2  Enfant

                             Jouglard (1977) souligne la faible
                             toxicité apparente de l'Arum maculatum
                             chez 7 enfants de 2 à 4 ans qui avaient
                             ingéré de 1 à 20 fruits. Seules une
                             rubéfaction des lèvres et des nausées ont été
                             observées dans 2 cas.

             7.2.2  Données chez l'animal

                    Des cas d'empoisonnement ont été rapportés au
                    printemps chez des bovins: hypersalivation, oedème du
                    cou, incoordination, convulsions, collapsus et mort
                    des animaux. A l'autopsie: inflammation des muqueuses
                    de la bouche et du tube digestif, et oedème de la
                    vésicule biliaire (Cooper & Johnson, 1984). Chez des
                    chevaux ont été observés: inflammation de la muqueuse
                    buccale, constipation, hémorragie génitale (Cooper &
                    Johnson, 1984).

             7.2.3  Données in vitro

                    Pas de données.

        7.3  Carcinogénicité

             Pas de données.

        7.4  Tératogénicité

             Pas de données.

        7.5  Mutagénicité

             Pas de données.

        7.6  Interactions

             Pas de données

    8.  ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES

        8.1  Echantillonage

        8.2  Analyses toxicologiques et interprêtation

             8.2.1  Test sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons

                    8.2.1.1  Sang

                             Pas de données

                    8.2.1.2  Urine

                             Le dosage des oxalates urinaires
                             peut être effectué dans les 24 heures suivant
                             l'intoxication, si celle-ci est
                             systémique.

                    8.2.1.3  Autres

                             Pas de données

             8.2.2  Tests sur les spécimens biologiques

        8.3  Examens biomédicaux et interprêtation

             8.3.1  Analyse biochimique

             8.3.2  Analyse des gaz du sang artériel

             8.3.3  Analyse hématologique

             8.3.4  Interprétation des examens biochimiques

        8.4  Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation

             Des patch-tests peuvent être proposés aux sujets
             présentant une réaction cutanée au contact des aracées.
    
             La plupart des intoxications avec les arums n'induisent que
             des lésions irritatives locales, et un bilan biologique n'est
             nécessaire qu'en cas de manifestations systémiques.

        8.5  Interprétation globale de l'ensemble des analyses et examens
             toxicologiques

        8.6  References

    9.  SIGNES CLINIQUES

        9.1  Intoxication aigue

             9.1.1  Ingestion

                    La mastication de feuilles ou de fruits
                    entraine immédiatement une sensation de brulûre bucco-
                    pharyngée. Celle-ci s'accompagne d'une hypersalivation
                    et d'un oedème local, voire d'un piqueté hémorragique.
                    L'oedème peut être assez important pour gêner la
                    déglutition et la ventilation.
                    En cas d'ingestion les troubles cités s'accompagnent
                    de douleurs digestives, de vomissements et d'une
                    diarrhée. L'ingestion de grandes quantités est
                    exceptionnelle du fait de la douleur provoquée par
                    l'irritation locale. Les cas d'ingestion massive
                    peuvent se compliquer d'un syndrome hémorragique
                    digestif et de troubles systémiques (paresthésies,
                    somnolence, convulsions, mydriase, troubles du rythme
                    cardiaque), mais sont exceptionnels (Jouglard, 1977).
                    Des crampes, des vertiges, coma et décès ont été
                    décrits (Cooper & Johnson, 1984).

             9.1.2  Inhalation

                    Pas de données

             9.1.3  Contact cutané

                    Des dermatites irritatives érythémateuses voire
                    vésiculeuses ont été rapportées (Jouglard, 1977;
                    Mitchell & Rook, 1979).

             9.1.4  Contact oculaire

                    Irritation locale avec sensation de cuisson, et
                    abrasion conjonctivale.

             9.1.5  Voie parentérale

                    Pas de données

             9.1.6  Autres voies

                    Pas de données

        9.2  Intoxication chronique

             9.2.1  Ingestion

                    Pas de données

             9.2.2  Inhalation

                    Pas de données

             9.2.3  Contact cutané

                    Pas de données

             9.2.4  Contact oculaire

                    Pas de données

             9.2.5  Voie parentérale

                    Pas de données

             9.2.6  Autre

                    Pas de données

        9.3  Evolution, pronostic, cause du décès

             L'évolution est dans la grande majorité des cas
             favorable, avec la disparition de la symptomatologie
             douloureuse dans les 6 heures suivant l'ingestion. Une
             surveillance est néanmoins nécessaire car l'oedème, s'il est
             important, peut entraîner une gêne respiratoire
             manifeste.

        9.4  Description analytique des signes cliniques

             9.4.1  Cardio-vasculaires

                    Des troubles du rythme cardiaque ont été
                    rapportés après ingestion de grandes quantités
                    (Jouglard, 1977).

             9.4.2  Respiratoires

                    Il existe une possibilité d'oedème oro-pharyngé
                    important, de dyspnée de type inspiratoire, par
                    obstruction des voies aéro-digestives
                    supérieures.

             9.4.3  Neurologiques

                    En cas d'ingestion importante on peut
                    s'attendre à des paresthésies, une somnolence, des
                    vertiges, des crampes, une mydriase, des convulsions
                    et un coma (Jouglard, 1977; Cooper & Johnson,
                    1984)

             9.4.4  Gastro-intestinaux

                    La mastication de feuilles ou de fruits
                    entraine immédiatement une sensation de brulûre bucco-
                    pharyngée. Celle-ci s'accompagne d'une hypersalivation
                    et d'un oedème local, voire d'un piqueté hémorragique,
                    plus rarement d'une véritable hémorragie digestive.
                    L'oedème peut être assez important pour gêner la
                    déglutition et la ventilation. En cas d'ingestion les
                    troubles cités s'accompagnent de douleurs digestives,
                    de vomissements et d'une diarrhée.

             9.4.5  Hépatiques

                    Pas de données

             9.4.6  Urinaires

                    9.4.6.1  Rénaux

                             Pas de données

                    9.4.6.2  Autres

                             Des cristaux d'oxalate de calcium
                             sont éliminés dans les urines. Aucun cas
                             d'insuffisance rénale aiguë n'a été décrit
                             chez l'homme.

             9.4.7  Système endocrininen et de la reproduction

                    Inconnu

             9.4.8  Dermatologiques

                    Des dermatites irritatives érythémateuses voire
                    vésiculeuses ont été rapportées.

             9.4.9  Yeux et sphère ORL

                    Irritation oculaire locale avec sensation de
                    cuisson, et abrasion conjonctivale. Risque d'oedème
                    laryngé par effet irritant local.

             9.4.10 Hématologiques

                    Pas de données

             9.4.11 Immunologiques

                    Pas de données

             9.4.12 Métaboliques

                    9.4.12.1 Troubles acido-basiques

                             En cas d'intoxication systémique,
                             rechercher éventuellement une acidose
                             métabolique.

                    9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques

                             Ils peuvent survenir à la suite de
                             troubles digestifs importants.

                    9.4.12.3 Autres

                             Pas de données

             9.4.13 Réactions allergiques

                    Sensibilisation aux Aracées.

             9.4.14 Autres signes cliniques

                    Pas de données

             9.4.15 Risques particuliers: grossesse, allaitement, déficits
                    enzymatiques

                    Des juments gravides intoxiquées ont avorté
                    (Cooper & Johnson, 1984)

        9.5  Autres

             Pas de données

    10. TRAITEMENT

        10.1 Principes généraux

             Une décontamination est à instaurer immédiatement, avec
             éviction des débris végétaux persistant dans la cavité
             buccale.
             Pour calmer la douleur on peut administrer des liquides
             froids ou faire sucer un glaçon.
             Les vomissements sont à respecter tant qu'ils concourent à
             l'élimination du toxique. Leur persistance nécessite
             l'administration d'un antivomitif.
             Corriger les éventuels désordres hydroélectrolytiques.
             Une surveillance de l'oedème bucco-pharyngé est nécessaire en
             vue de dépister d'éventuelles complications respiratoires.
             Une hospitalisation est alors nécessaire.

        10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique

             Une surveillance de l'oedème bucco-pharyngé est
             nécessaire en vue de dépister d'éventuelles complications
             respiratoires.
             Traiter les convulsions et corriger les troubles acido-
             basiques et hydroélectrolytiques.
             Pour calmer la douleur on peut administrer des liquides
             froids ou faire sucer un glaçon.

        10.3 Décontamination

             La décontamination buccale, cutanée ou oculaire doit
             être rapidement entreprise; les vomissements sont à respecter
             initialement. Rinçages répétés de la cavité buccale sans
             déglutir.

        10.4 Epuration

             Pas de données

        10.5 Traitement antidotique

             10.5.1 Adulte

                    Pas de données

             10.5.2 Enfant

                    Pas de données

        10.6 Discussion des modalités thérapeutiques

             Pas de données

    11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES

        11.1 Cas cliniques issus de la littérature

             Jouglard (1977) rapporte le cas de 7 enfants de 2 à 4
             ans qui avaient ingéré de 1 à 20 fruits d'arum. Seules une
             rubéfaction des lèvres et des nausées ont été observées dans
             2 cas.

    12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

        12.1 Mesures préventives spécifiques

             Eviter de laisser à portée des enfants en bas âge des
             plantes de la famille des aracées, dont l'arum.

        12.2 Autres

    13. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

        Archer HE, Dormer AE, Scowen EF et al. (1957) Studies on the
        urinary excretion of oxalate by normal subjects. Clin Sci, 16:
        405
    
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        Cooper MR & Johnson AW (1984) Poisonous plants in Britain. Their
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        Cooper MR & Johnson AW (1988) Poisonous plants and fungi. HMSO Ed
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        Garnier G, Bezanger-Beauquesne L, Debraux G (1961) Ressources
        médicinales de la flore française. Vigot frères édit., Paris, 2
        volumes
    
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        Niestlé, Neuchatel: 1097
    
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        to the skin. Greengrass, Vancouver
    
        Stahl E & Kaitenbach V (1965) Die basischen Inhaltsstoffe des
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    14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESSE(S) COMPLETE(S)

        Auteurs:                 R Bédry, J JOUGLARD
                                 Centre Anti-Poisons de Marseille, Hopital
                                 Salvator
                                 249 Boulevard de sainte Marguerite, 13009
                                 Marseille, FRANCE
                                 21 octobre 1991
    
        Lecteur:                 R Merad
    
        1° Groupe de révision:   R Bédry, R Merad, V Murray, J Pronczuk
                                 12 novembre 1991
    
        2° Groupe de révision:   PC Boyce, J Jouglard, L de Haro, H
                                 Persson
                                 23 février 1994
    
        Edition finale:          MO Rambourg Schepens
                                 26 novembre 1997