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Antimony and salts

1. NOM
   1.1 Nom
   1.2 Classe
   1.3 Synonymes
   1.4 Numéros d'identification
      1.4.1 Numéro CAS
   1.4.2 Autres numéros
   1.5 Principaux noms comerciaux
   1.6 Principaux fabricants/distributeurs
2. RESUME
   2.1 Principaux risques et organes cibles
   2.2 Résumé des effets cliniques
   2.3 Diagnostic
   2.4 Premiers gestes et principes de traitement
3. PROPRIETES PHYSICO CHIMIQUES
   3.1 Origine de la substance
   3.2 Structure chimique
   3.3 Propriétés physiques
      3.3.1 Couleur
      3.3.2 Forme
      3.3.3 Description
   3.4 Autres caractéristiques
      3.4.1 Durée de conservation de la substance
      3.4.2 Conditions de stockage
4. UTILISATIONS
   4.1 Indications
      4.1.1 Indications
      4.1.2 Description
   4.2 Posologies
      4.2.1 Adultes
      4.2.2 Enfants
      4.3 Contre indications
5. VOIES D'EXPOSITION
   5.1 Orale
   5.2 Inhalation
   5.3 Cutanée
   5.4 Oculaire
   5.5 Voie parentérale
   5.6 Autres
6. CINETIQUE
   6.1 Absorption
   6.2 Distribution
   6.3 Demi vie
   6.4 Métabolisme
   6.5 Elimination
7. PHARMACOLOGIE ET TOXICOLOGIE
   7.1 Mode d'action
      7.1.1 Toxicodynamique
      7.1.2 Pharmacodynamique
   7.2 Toxicité
      7.2.1 Données chez l'homme
         7.2.1.1 Adulte
         7.2.1.2 Enfant
      7.2.2 Données animales
      7.2.3 Données in vitro
   7.3 Carcinogénicité
   7.4 Tératogénécité
   7.5 Mutagénicité
   7.6 Interactions
   7.7 Principaux effets secondaires
8. EXAMENS BIOLOGIQUES ET TOXICOLOGIQUES
9. EFFETS CLINIQUES
   9.1 Intoxication aigue
      9.1.1 Ingestion
      9.1.2 Inhalation
      9.1.3 Exposition cutanée
      9.1.4 Contact oculaire
      9.1.5 Voie parentérale
      9.1.6 Autres
   9.2 Intoxication chronique
      9.2.1 Ingestion
      9.2.2 Inhalation
      9.2.3 Exposition cutanée
      9.2.4 Oculaire
      9.2.5 Voie parentérale
      9.2.6 Autres
   9.3 Evolution, pronostic, cause du décès
   9.4 Description analytique des effets cliniques
      9.4.1 Cardiovasculaire
      9.4.2 Respiratoires
      9.4.3 Neurologiques
         9.4.3.1 Système nerveux central
         9.4.3.2 Système nerveux périphérique
         9.4.3.3 Système nerveux autonome
         9.4.3.4 Muscles squelettiques et muscles lisses
      9.4.4 Gastro-intestinaux
      9.4.5 Hépatiques
      9.4.6 Urinaires
         9.4.6.1 Rénaux
         9.4.6.2 Autres
      9.4.7 Système endocrinien et de la reproduction
      9.4.8 Dermatologiques
      9.4.9 Oculaires et ORL: effets locaux
      9.4.10 Hématologiques
      9.4.11 Immunologiques
      9.4.12 Métaboliques
         9.4.12.1 Troubles acido-basiques
         9.4.12.2 Troubles hydroélectrolytiques
         9.4.12.3 Autres
      9.4.13 Réactions allergiques
      9.4.14 Autres signes cliniques
      9.4.15 Risques particuliers: grossesse, allaitement, déficits enzymatiques
   9.5 Autres
   9.6 Résumé
10. TRAITEMENT
   10.1 Principes généraux
   10.2 Traitement symptomatique et spécifique
   10.3 Décontamination
   10.4 Epuration
   10.5 Traitement antidotique
      10.5.1 Adultes
      10.5.2 Enfants
   10.6 Discussion des modalités thérapeutique
11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES
   11.1 Cas cliniques de la littérature
12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
   12.1 Mesures préventives spécifiques
   12.2 Autres
13. BIBLIOGRAPHIE
14. AUTEURS, LECTEURS, DATES, ADRESSES, MISES A JOUR




    ANTIMOINE, SELS PENTAVALENTS

    International Programme on Chemical Safety
    Poisons Information Monograph 678 (Group PIM)
    Pharmaceutical


    1.  NOM

         1.1  Nom

               Antimoine, sels pentavalents

         1.2  Classe

               antimoniate de méglumine
               stibogluconate de sodium

         1.3  Synonymes

               - Antimoniate de N-méthylglucamine;
               meglumine antimonate;
               antimony meglumine;
               meglumine antimoniate; protostib;
               RP-2168;
               1-deoxy-1-methylamino-D-glucitol antimonate.
               - Sodium stibogluconate;
               sodium antimony gluconate;
               antimony sodium gluconate;
               stibogluconat-natrium

         1.4  Numéros d'identification

               1.4.1  Numéro CAS

                       Antimoniate de méglumine: 133-51-7
                       Stibogluconate de sodium: 16037-91-5

               1.4.2  Autres numéros

                       Codes ATC:
                       Antimoniate de méglumine: P01CB01
                       Stibogluconate de sodium: P01CB02
                       Antiparasitaires, insecticides et répulsifs;
                       antiprotozoaires; agents actifs contre la leishmaniose
                       et la trypanosomiase; dérivés de l'antimoine

         1.5  Principaux noms comerciaux

               Glucantime; Glucantim; Pentostam

         1.6  Principaux fabricants/distributeurs

               Spécia; Rhone-Poulenc Rorer; Wellcome


    2.  RESUME

         2.1  Principaux risques et organes cibles

               Les risques majeurs sont représentés par:
               - les troubles de la coagulation
               - une cytolyse hépatique
               - des troubles cardiaques
               - une insuffisance rénale aigue

         2.2  Résumé des effets cliniques

               Les symptomes retrouvés sont variables: ceux qui peuvent
               apparaitre en début de traitement par sels pentavalents
               d'antimoine (fièvre, rash cutané, toux quinteuse,
               vomissements) et ceux qui peuvent apparaitre à la fin du
               traitement (ictère, insuffisance rénale aigue, troubles
               cardiques).

         2.3  Diagnostic

               L'apparition de céphalées, d'une dyspnée, d'une
               hyperthermie, de vomissements, de douleurs abdominales dans
               le contexte d'un traitement par sels pentavalents d'antimoine
               doit faire évoquer un surdosage ou une réaction toxique à ces
               médicaments.

         2.4  Premiers gestes et principes de traitement

               Arrêt du médicament si apparition des signes de
               stibio-intolérance.
               Traitement symptomatique des différentes perturbations
               cliniques.
               Traitement antidotique: deux chélateurs sont proposés:
               - le BAL par voie parentérale à la dose de 3 mg/kg/6 heures
               le premier jour, 2 mg/kg/j/6 heures le deuxième jour et
               2mg/kg/j/12H le 3ème jour.
               - le DMSA à la dose de 20 à 40 mg/kg/j en trois prises per os
               pedant 7 jours.

    3.  PROPRIETES PHYSICO CHIMIQUES

         3.1  Origine de la substance

               L'antimoniate de méglumine et le stibogluconate de
               sodium sont obtenus par synthèse.

         3.2  Structure chimique

               L'antimoniate de méglumine et le stibogluconate de
               sodium ont une structure chimique voisine.
    

               Formule brute:
               Antimoniate de méglumine: C7H18NO8Sb
               Stibogluconate de sodium: C6H9Na2O9Sb
    
               Poids moléculaire
               Antimoniate de méglumine: 366

         3.3  Propriétés physiques

               3.3.1  Couleur

                       Antimoniate de méglumine: blanche
                       Stibogluconate de sodium: blanche

               3.3.2  Forme

                       Cristaux

               3.3.3  Description

                       Antimoniate de méglumine: odeur faible,
                       facilement soluble dans l'eau.Le pH de la solution
                       obtenue est compris entre 6 et 7.
                    Il est insoluble dans l'alcool; l'éther et le
                    chloroforme.
                    Stibogluconate de sodium: très soluble dans l'eau;
                    insoluble dans l'alcool et l'éther. Le pH de la
                    solution est compris entre 5 et 5,6.

        3.4  Autres caractéristiques

             3.4.1  Durée de conservation de la substance

                    Pas de données

             3.4.2  Conditions de stockage

                    Le stibogluconate de sodium doit être conservé
                    à 25°C et doit être protégé de la lumière.

    4.  UTILISATIONS

        4.1  Indications

             4.1.1  Indications

             4.1.2  Description

                    Le stibogluconate de sodium et l'antimoniate de
                    glucamine sont des anthelminthiques, utilisés pour le
                    traitement de la Leishmaniose viscérale (ou Kala-Azar)
                    et de la Leishmaniose cutanée.

                    L'antimoniate de glucamine s'utilise selon des schémas
                    variables d'un pays à l'autre, à des doses plus ou
                    moins fortes, mais toujours en cures, espacées de
                    période de repos destinées à assurer l'élimination de
                    l'antimoine.

        4.2  Posologies

             4.2.1  Adultes

                    Les doses les plus couramment administrées dans
                    le bassin méditerranéen sont celles préconisées par
                    Giroud et coll. (1978) de 0,20 mL (17 mg d'antimoine)
                    par kilo et par jour. La cure débute à doses
                    progressives (1/4 de la dose le 1er jour, 1/3 de la
                    dose le 2ème jour et 1/2 de la dose au 3ème jour) et
                    se poursuit à dose complète durant 15 jours.
                    L'injection peut se faire par voie intraveineuse lente
                    mais elle est le plus couramment pratiquée par voie
                    intra musculaire profonde. Cette première cure est
                    suivie, après une période de repos de deux semaines,
                    par une deuxième cure aux mêmes doses.
    
                    Un comité d'experts réuni par l'OMS (Ranque &
                    Quirlici, 1986) préconise l'emploi des antimoniés à
                    des doses moins importantes (10 mg d'antimoine par
                    kilo et par jour avec un maximum de 850 mg
                    d'antimoine, soit 10 mL d'antimoniate de méglumine par
                    jour ou 0,1 mL par kilo et par jour de stibogluconate
                    de sodium), mais durant un temps plus long (durée
                    minimale de la cure 20 jours). Le stibogluconate de
                    sodium est utilisé dans la leishmaniose cutanée sous
                    forme d'infiltrations locales périlésionnelles à la
                    dose de 100 à 300 mg tous les deux jours.
                    L'antimoniate de méglumine est employé à la dose de 5
                    à 10 mL deux fois par semaine.

             4.2.2  Enfants

                    La cure débute à doses progressives, à la
                    posologie de 0,20 mL/kg/jour pendant 15 jours par voie
                    intramusculaire. Cette première cure est suivie par
                    une deuxième cure aux mêmes doses après une période de
                    repos de deux semaines.

        4.3  Contre indications

             Les sels pentavalents d'antimoine ne doivent pas être
             administrés chez les sujets ayant une insuffisance rénale,
             cardiaque ou hépatique, et ceux présentant un syndrome
             hémorragique.


    5.  VOIES D'EXPOSITION

        5.1  Orale

             Les composés antimoniés sont très lentement absorbés par
             le tractus gastro intestinal. De plus, ils irritent la
             muqueuse digestive; ils ne sont donc utilisés que par la voie
             parentérale.

        5.2  Inhalation

             Pas de données disponibles.

        5.3  Cutanée

             Pas de données

        5.4  Oculaire

             Pas de données disponibles.

        5.5  Voie parentérale

             Le stibogluconate de sodium et l'antimoniate de
             glucamine sont employés par voie parentérale (intra veineuse
             ou intra musculaire), à la dose de 10 mg d'antimoine kg/j
             avec un maximum de 850 mg d'antimoine.

        5.6  Autres

             Des infiltrations locales périlésionnelles à la dose de
             100 à 300 mg de stibogluconate de sodium tous les deux jours
             ou 5 à 10 mL d'antimoniate de méglumine deux fois par semaine
             peuvent être administrées dans les cas de leishmaniose
             cutanée.

    6.  CINETIQUE

        6.1  Absorption

             Pas de données disponibles.

        6.2  Distribution

             L'antimoniate de glucamine n'a pas d'affinité pour les
             érythrocytes d'où la forte concentration du médicament dans
             le plasma et une excrétion plus rapide par le rein. D'après
             Tsentis (1985), il est admis que l'élimination des sels
             pentavalents d'antimoine, rapide chez l'homme sain (92 % du
             produit retrouvé dans les urines 24 heures après
             l'injection), est nettement plus lente chez le malade, chez
             qui elle ne débute que 6 heures après l'administration et ne

             se termine qu'au bout de 48 heures. Cette accumulation dans
             l'organisme pouvait être tenue pour responsable des
             intoxications. D'autres travaux contribuent cependant à
             remettre ces données en question: d'après Rees & Kager
             (1980), il semble que chez le sujet atteint de leishmaniose
             viscérale, le pic sérique soit atteint 1 à 2 heures après
             l'injection de 10 mg/kg de sels pentavalents d'antimoine et
             que l'élimination rénale du produit soit très rapide puisque
             80 à 97 % sont éliminés en 6 à 8 heures, la clairance sérique
             étant voisine de celle de l'inuline.
             Les composés antimoniés pentavalents se retrouvent en grande
             quantité dans le foie ainsi que dans la rate
             (expérimentalement chez le hamster). Il a été suggéré que
             cette forte concentration d'antimoine dans la rate était
             essentielle pour le succès du traitement de la leishmaniose
             expérimentale.

        6.3  Demi vie

             Pas de données disponibles.

        6.4  Métabolisme

             Etant donné que les antimoniés pentavalents n'ont pas
             d'action parasiticide directe sur les leishmanies, certains
             auteurs pensent que la différence d'activité in vitro et in
             vivo de ces produits est due à une réduction en forme
             trivalente.
             Après une seule injection, la presque totalité du produit est
             éliminée dans les 1ères 24h et l'on ne trouve plus trace
             d'antimoine dans les urines après 48h.
             Au cours du traitement avec des doses répétées, la
             concentration plasmatique et l'excrétion urinaire augmentent
             mais la balance antimoniée reste positive chez le patient.

        6.5  Elimination

             D'après Tsentis (1985), il est admis que l'élimination
             des sels pentavalents d'antimoine, rapide chez l'homme sain
             (92 % du produit retrouvé dans les urines 24 heures après
             l'injection), est nettement plus lente chez le malade, chez
             qui elle ne débute que 6 heures après l'administration et ne
             se termine qu'au bout de 48 heures. Cette accumulation dans
             l'organisme pouvait être tenue pour responsable des
             intoxications. D'autres travaux contribuent cependant à
             remettre ces données en question: d'après Rees & Kager
             (1980), il semble que chez le sujet atteint de leishmaniose
             viscérale, le pic sérique soit atteint 1 à 2 heures après
             l'injection de 10 mg/kg de sels pentavalents d'antimoine et
             que l'élimination rénale du produit soit très rapide puisque
             80 à 97 % sont éliminés en 6 à 8 heures, la clairance sérique
             étant voisine de celle de l'inuline.

    7.  PHARMACOLOGIE ET TOXICOLOGIE

        7.1  Mode d'action

             7.1.1  Toxicodynamique

                    Pas de données

             7.1.2  Pharmacodynamique

                    Bien qu'on admette que le mécanisme d'action
                    antiparasitaire des antimoniés corresponde
                    essentiellement à une réaction avec les groupements
                    sulfhydryles, cette supposition n'est pas prouvée
                    notamment pour les composés pentavalents.
                    Etant donné que les antimoniés pentavalents n'ont pas
                    d'action parasiticide directe sur les leishmanies,
                    certains auteurs (Giroud & Mathé, 1978) pensent que la
                    différence d'activité in vitro et in vivo de ces
                    produits est due à une réduction en forme trivalente.

        7.2  Toxicité

             7.2.1  Données chez l'homme

                    7.2.1.1  Adulte

                             Les signes de mauvaise tolérance aux
                             sels pentavalents d'antimoine apparaissent à
                             partir de 30 mg/kg/injection et paraissent
                             constants à partir de 40 mg/kg.

                    7.2.1.2  Enfant

                             Les signes de mauvaise tolérance aux
                             sels pentavalents d'antimoine apparaissent à
                             partir de 30 mg/kg/injection et paraissent
                             constants à partir de 40 mg/kg.

             7.2.2  Données animales

                    L'atteinte rénale a été étudiée chez le rat par
                    Veiga et Khanam (1990): ils ont constaté qu'en
                    administrant une dose de 30mg/100 g/jour de sels
                    pentavalents d'antimoine pendant 30 jours, il y a
                    apparition de troubles de la concentration urinaire;
                    ceci disparait à l'arrêt de la stibothérapie. Selon
                    les mêmes auteurs, une nécrose tubulaire aiguë a été
                    observée chez des rats auxquels on a administré 200
                    mg/100 g/jour de stibogluconate de sodium.


             7.2.3  Données in vitro

                    Pas de données disponibles.

        7.3  Carcinogénicité

             Il n'existe pas de données de carcinogénèse positive
             chez l'animal.

        7.4  Tératogénécité

             L'antimoine ne semble pas tératogène expérimentalement
             (Dally, 1984).

        7.5  Mutagénicité

             Pas de données disponibles.

        7.6  Interactions

             Les auteurs n'ont pas noté d'interaction médicamenteuse
             avec le stibogluconate de sodium (Dally, 1984).

        7.7  Principaux effets secondaires

             - Accidents de la stibiointolérance qui survient surtout
             au début du traitement par les sels pentavalents d'antimoine,
             à type d'ascension thermique, vomissements, toux quinteuse.
             Des arthralgies sont recontrées de même qu'une éruption.
             L'origine de ces effets n'est pas univoque; pour certains
             auteurs ce sont des accidents d'allergie à l'antimoine, pour
             d'autres, il s'agit de troubles liés à la lyse des parasites.
             - Un cas de pancréatite a été rapporté chez un patient traité
             par le stibogluconate de sodium (Donovan & White, 1990).
             - Troubles hématologiques:
                    * une anémie hémolytique auto-immune a été
             diagnostiquée chez un patient traité par l'antimoniate de
             méglumine à la dose de 0,1 mg/kg pendant 5 jours (Giroud &
             Mathé, 1978).
                    * un cas d'agranulocytose est apparu au 6ème jour du
             traitement par l'antimoniate de méglumine chez un enfant
             (Bourrée & Dulac, 1977).
             - Réactions allergiques: l'apparition d'une éruption
             érythémateuse quelques heures après le début du traitement
             fait évoquer un mécanisme immunoallergique.


    8.  EXAMENS BIOLOGIQUES ET TOXICOLOGIQUES

    9.  EFFETS CLINIQUES

        9.1  Intoxication aigue

             9.1.1  Ingestion

                    Pas de données disponibles.

             9.1.2  Inhalation

                    Pas de données disponibles.

             9.1.3  Exposition cutanée

                    Pas de données disponibles.

             9.1.4  Contact oculaire

                    Pas de données disponibles.

             9.1.5  Voie parentérale

                    Une ascension thermique, des vomissements, une
                    toux quinteuse, des arthralgies peuvent se voir chez
                    le patient, au début du traitement.

             9.1.6  Autres

                    Pas de données disponibles.

        9.2  Intoxication chronique

             9.2.1  Ingestion

                    Pas de données disponibles.

             9.2.2  Inhalation

                    Pas de données disponibles.

             9.2.3  Exposition cutanée

                    Un eczéma, un érythème diffus peuvent
                    apparaitre chez le personnel traitant, prouvé par
                    tests épicutanés.

             9.2.4  Oculaire

                    Pas de données disponibles.


             9.2.5  Voie parentérale

                    Il s'agit de la stibio-intoxication. Elle
                    apparait en cours de traitement ou même après son
                    arrêt. Elle est due à une posologie excessive. Il peut
                    s'agir:
                    - d'un ictère
                    - d'une insuffisance rénale aigue anurique ou à
                    diurèse conservée
                    - de troubles neurologiques dus à une hémorragie
                    cérébro méningée
                    - de troubles cardiaques avec bradycardie et troubles
                    de la repolarisation
                    - d'une anémie hémolytique.

             9.2.6  Autres

                    Pas de données disponibles.

        9.3  Evolution, pronostic, cause du décès

             Au début du traitement par les sels pentavalents
             d'antimoine, les signes de stibio-intolerance peuvent
             apparaitre (fièvre, toux quinteuse, arthralgies). Ils
             précèdent l'apparition de troubles plus sévères (ictère,
             insuffisance rénale aigue, hémorragie cérébro méningée et
             troubles cardiaques) pouvant conduire au décès.

        9.4  Description analytique des effets cliniques

             9.4.1  Cardiovasculaire

                    - Modification de l'électrocardiogramme:
                    inversion de l'onde T, allongement de QT (ces signes
                    disparaissent à l'arrêt du traitement par les sels
                    d'antimoine).
                    - Bradycardie.
                    - Myocardite
                    - Choc cardiogénique.
                    - Mort subite.
                    - La phlébite complique parfois l'administration intra
                    veineuse du stibogluconate de sodium.

             9.4.2  Respiratoires

                    Toux quinteuse.

             9.4.3  Neurologiques

                    9.4.3.1  Système nerveux central

                             Hémorragie cérébroméningée.


                    9.4.3.2  Système nerveux périphérique

                             Des polynévrites peuvent s'observer
                             tardivement (Ranque & Quirlici, 1986).

                    9.4.3.3  Système nerveux autonome

                             Pas de données disponibles.

                    9.4.3.4  Muscles squelettiques et muscles lisses

                             Pas de données disponibles

             9.4.4  Gastro-intestinaux

                    Nausées, vomissements et diarrhées peuvent
                    apparaitre surtout au début du traitement.

             9.4.5  Hépatiques

                    Les antimoniés peuvent provoquer une cytolyse
                    hépatique (les taux de transaminases peuvent atteindre
                    25 fois la normale) et/ou un ictère.

             9.4.6  Urinaires

                    9.4.6.1  Rénaux

                             Atteinte rénale tubulaire et/ou glomérulaire.

                    9.4.6.2  Autres

                             Pas de données disponibles.

             9.4.7  Système endocrinien et de la reproduction

                    Un cas de pancréatite a été rapporté chez un
                    patient traité par le stibogluconate de sodium
                    (Donovan & White, 1990).

             9.4.8  Dermatologiques

                    Eruptions cutanées diverses.

             9.4.9  Oculaires et ORL: effets locaux

                    Epistaxis.

             9.4.10 Hématologiques

                    Les sels pentavalents d'antimoine sont
                    responsables de troubles hémorragiques plus rarement
                    d'anémie hémolytique.

                    Un cas d'agranulocytose est apparu au 6ème jour du
                    traitement par l'antimoniate de méglumine chez un
                    enfant.

             9.4.11 Immunologiques

                    Pas de données disponibles.

             9.4.12 Métaboliques

                    9.4.12.1 Troubles acido-basiques

                             Pas de données disponibles.

                    9.4.12.2 Troubles hydroélectrolytiques

                             Pas de données disponibles.

                    9.4.12.3 Autres

                             Pas de données disponibles.

             9.4.13 Réactions allergiques

                    Choc anaphylatique (rare).

             9.4.14 Autres signes cliniques

             9.4.15 Risques particuliers: grossesse, allaitement, 
                    déficits enzymatiques

                    Il n'a pas été noté d'effets indésirables au
                    niveau du foetus (Compendium, 1991, 1992).
                    L'antimoine peut se retrouver dans le lait maternel.
                    Il en résulte que la femme traitée ne doit pas
                    allaiter (Compendium, 1991, 1992).

        9.5  Autres

             Pas de données disponibles.

        9.6  Résumé

    10. TRAITEMENT

        10.1 Principes généraux

             Ils consistent en:
             - Arrêt du médicament dès qu'il y a apparition des signes de
             la stibio intolérance.
             - Traitement symptomatique des différentes perturbations.
             - Traitement antidotique (chélation).


        10.2 Traitement symptomatique et spécifique

             - L'arret du médicament suffit dans les incidents
             simples.
             - Maintien d'un équilibre hydro électrolytique.
             - Correction d'un état de choc.
             - Assistance respiratoire éventuelle.
             - Traitement des troubles du rythme.
             - Epuration extra rénale en cas d'insuffisance rénale.

        10.3 Décontamination

             Pas de données disponibles.

        10.4 Epuration

             Pas de données disponibles.

        10.5 Traitement antidotique

             10.5.1 Adultes

                    - L'emploi du BAL (ou 2,3, Dimercapto-1-
                    propanol) est proposé comme chélateur; il est
                    administré selon le schéma suivant par voie
                    intramusculaire profonde: 3 mg/kg/6 heures le premier
                    jour, 3 mg/kg/12 heures le deuxième jour, 3 mg/kg/24
                    heures le troisième jour. Cependant son intérêt est
                    actuellement contesté pour deux raisons: sa forte
                    toxicité (réaction d'intolérance, poussées
                    hypertensives), et il ne peut être utilisé en cas
                    d'insuffisance rénale aigue nécessitant l'épuration
                    extra rénale car le complexe BAL-antimoine ne dialyse
                    pas.
    
                    - Plus récement un nouveau chélateur a été proposé, il
                    s'agit du DMSA (ou acide 2,3,dimercapto-succinique),
                    son efficacité expérimentale est égale à celle du BAL.
                    Il est hydrosoluble, administré per os à la dose de 20
                    à 40 mg/kg/jour en 3 prises pendant 7 jours.
                    Sa toxicité expérimentale est 30 fois moindre que
                    celle du BAL.

             10.5.2 Enfants

                    cf.10.5.1

        10.6 Discussion des modalités thérapeutique


    11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES

        11.1 Cas cliniques de la littérature

             - Une femme agée de 70 ans, porteuse d'une leishmaniose
             cutanée est traitée par une cure de Glucantime(R) à la dose
             d'une injection par jour (au début 2 ampoules/jour puis 3
             ampoules/jour puis 4 ampoules/jour). Ce traitement est mal
             supporté avec des lipothymies au moment des injections et
             l'apparition au cours du traitement de troubles associant
             asthénie, dyspnée, ictère et fièvre. 17 jours après le début
             du traitement et 3 jours après son arrêt, la malade présente
             une dyspnée aiguë, un ictère, une fièvre à 39 °C. Ces
             troubles s'aggravent avec apparition d'un état de choc avec
             anurie et troubles de la repolarisation. Le décès survient
             malgré la réanimation (Blanc et coll., 1980).
    
             - Un enfant agé de 23 mois est hospitalisé pour leishmaniose
             viscérale. Un traitement par le Glucantime(R) à dose
             progressivement croissante est entrepris. Un rash
             érythémateux apparait au 2ème jour de traitement ainsi qu'une
             fièvre et des petites ulcérations au niveau des lèvres.
             L'étude hématologique révèle l'installation progressive d'une
             agranulocytose. Le traitement est interrompu à J7. Dès le
             lendemain la neutropénie disparait progressivement. Le relais
             est pris par la Lomédine(R) qui est bien tolérée. Revu 8 mois
             plus tard, l'enfant est guéri et n'a présenté aucun incident
             hématologique (Bourrée et Dulac, 1977).

    12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

        12.1 Mesures préventives spécifiques

             - respecter la posologie progressive.
             - surveiller les paramètres suivants: température, TA,
             transaminaes, urée sanguine, ECG pour détecter les signes
             d'intolérance.
             - Toutes anomalies cliniques ou biologiques doivent faire
             suspendre le traitement qui ne peut être repris qu'après
             normalisation des paramètres.

        12.2 Autres

             Pas de donnée

    13. BIBLIOGRAPHIE

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        Lagardere B & Chevalier B (1987) Traitement du Kala-Azar. Journées
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    14. AUTEURS, LECTEURS, DATES, ADRESSES, MISES A JOUR

        Auteurs:Dr K. Charbagi, Dr N. Ben Salah, Dr M. Yacoub
                    Centre Anti-Poisons de Tunis
                    10 Rue Raspail
                    1008 Monfleury
                    Tunis
                    Tunisie
    
        Date:       juillet 1992
    
        1er Groupe d'acceptation:           N Ben Salah, V Danel, J
                                            Jouglard (coordinateur), M
                                            Mostin, A Ramialilarisoa
    
        Date: septembre 1992
    
        2ème Groupe d'acceptation:          N Ben Salah, A Jaeger,
                                            L Lefebvre, M Mostin, C Pulce
    
        Date: septembre 1993
    
        Edition finale:      MO Rambourg Schepens
    
        Date: août 1998