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Ethylene glycol

1. NOM
   1.1 Substance
   1.2 Groupe
   1.3 Synonymes
   1.4 Numéros d'identification
      1.4.1 Numéro CAS
      1.4.2 Autres numéros
   1.5 Principaux noms commerciaux
   1.6 Principaux producteurs/importateurs
2. RESUME
   2.1 Principaux risques et organes cibles
   2.2 Résumé des effets cliniques
   2.3 Diagnostic
   2.4 Premiers soins et principes du traitement
3. PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES
   3.1 Origine de la substance
   3.2 Structure chimique
   3.3 Propriétés physiques
      3.3.1 Couleur
      3.3.2 Etat/Présentation
      3.3.3 Description
   3.4 Autres caractéristiques
4. UTILISATIONS/CIRCONSTANCES D'INTOXICATION
   4.1 Utilisations
      4.1.1 Utilisations
      4.1.2 Description
   4.2 Circonstances d'intoxications
   4.3 Exposition professionnelle
5. VOIES D'EXPOSITION
   5.1 Orale
   5.2 Inhalation
   5.3 Percutanée
   5.4 Oculaire
   5.5 Parentérale
   5.6 Autres
6. TOXICOCINETIQUE
   6.1 Absorption par voie d'entrée
   6.2 Distribution par voie d'entrée
   6.3 Demi-vie biologique par voie d'entrée
   6.4 Métabolisme
   6.5 Elimination
7. TOXICOLOGIE
   7.1 Mécanisme d'action
   7.2 Toxicité
      7.2.1 Toxicité humaine
         7.2.1.1 Adultes
         7.2.1.2 Enfants
      7.2.2 Toxicité animale
      7.2.3 Toxicité
      7.2.4 Valeurs limites en milieu de travail
      7.2.5 Dose journalière admissible (Rowe, 1982)
   7.3 Carcinogenicité
   7.4 Tératogenicité
   7.5 Mutagenicité
   7.6 Interactions
8. ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES
   8.1 Echantillonnage
      8.1.1 Prélèvement de spécimens et d'échantillons
         8.1.1.1 Analyses toxicologiques
         8.1.1.2 Analyses biomédicales
         8.1.1.3 Analyse des gaz du sang artériel
         8.1.1.4 Analyses hématologiques
         8.1.1.5 Autres analyses (non précisées)
      8.1.2 Stockage des spécimens et échantillons de laboratoire
         8.1.2.1 Analyses toxicologiques
         8.1.2.2 Analyses biomédicales
         8.1.2.3 Analyse des gaz du sang artériel
         8.1.2.4 Analyses hématologiques
         8.1.2.5 Autres analyses (non précisés)
      8.1.3 Transport des spécimens et échantillons de laboratoire
         8.1.3.1 Analyses toxicologiques
         8.1.3.2 Analyses biomédicales
         8.1.3.3 Analyse des gaz du sang artériel
         8.1.3.4 Analyses hématologiques
         8.1.3.5 Autres analyses (non spécifiées)
   8.2 Analyses toxicologiques et interprétation
      8.2.1 Tests sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons
         8.2.1.1 Test(s) qualitatif(s) simple(s)
         8.2.1.2 Test(s) qualitatif(s) de confirmation
         8.2.1.3 Méthode(s) quantitative(s) simple(s)
         8.2.1.4 Méthode(s) quantitative(s) de confirmation
      8.2.2 Tests sur les spécimens biologiques
         8.2.2.1 Test(s) qualitatif(s) simple(s)
         8.2.2.2 Test(s) qualitatif(s) de confirmation
         8.2.2.3 Méthode(s) quantitative(s) simple(s)
         8.2.2.4 Méthode(s) quantitative(s) de confirmation
         8.2.2.5 Autre(s) méthode(s) spécifique(s)
      8.2.3 Interprétation des analyses toxicologiques
   8.3 Examens biomédicaux et interprétation
      8.3.1 Examens biochimiques
         8.3.1.1 Sang, plasma ou sérum
         8.3.1.2 Urine
         8.3.1.3 Autres liquides biologiques
      8.3.3 Analyses hématologiques
      8.3.4 Interprétation des examens biochimiques
   8.4 Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation
   8.5 Interpretation globale de l'ensemble des analyses et examens toxicologiques
   8.6 Références bibliographiques
9. EFFETS CLINIQUES
   9.1 Intoxication aiguë
      9.1.1 Ingestion
      9.1.2 Inhalation
      9.1.3 Exposition cutanée
      9.1.4 Exposition oculaire
      9.1.5 Parentérale
      9.1.6 Autres
   9.2 Intoxication chronique
      9.2.1 Ingestion
      9.2.2 Inhalation
      9.2.3 Exposition cutanée
      9.2.4 Exposition oculaire
      9.2.5 Exposition parentérale
      9.2.6 Autre
   9.3 Pronostic, évolution et cause des décès:
   9.4 Description systématique des effets cliniques.
      9.4.1 Cardiovasculaires
      9.4.2 Respiratoires
      9.4.3 Système nerveux
         9.4.3.1 Système nerveux central
         9.4.3.2 Système nerveux
         9.4.3.3 Système nerveux autonome
         9.4.3.4 Muscle squelettique et lisse
      9.4.4 Gastrointestinaux
      9.4.5 Hépatiques
      9.4.6 Urinaires
         9.4.6.1 Rénaux
         9.4.6.2 Autres
      9.4.7 Endocrinien/Réproduction
      9.4.8 Cutanés
      9.4.9 Oeil, oreille, nez, gorge: effets locaux
      9.4.10 Hematologiques
      9.4.11 Immunologiques
      9.4.12 Metaboliques
         9.4.12.1 Bilan acido-basique
         9.4.12.2 Bilan hydro-électrolytique
         9.4.12.3 Autres
      9.4.13 Réactions allergiques
      9.4.14 Autres effets cliniques
      9.4.15 Risques spéciaux
   9.5 Autres effets cliniques
10. TRAITEMENT
   10.1 Principes généraux
   10.2 Support des fonctions vitales/traitement symptomatique/examens
   10.3 Décontamination
   10.4 Elimination:
   10.5 Traitement antidotique
      10.5.1 Adultes
      10.5.2 Enfants
   10.6 Discussions sur le traitement: alternatives, controverses et besoins de recherche
11. CAS ILLUSTRATIFS
   11.1 Cas de la littérature
12. INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
   12.1 Mesures de prévention
   12.2 Autres
13. REFERENCES
14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESS(ES) COMPLETE(S)



    Ethylène Glycol
    (Ethylene Glycol)

    International Programme on Chemical Safety
    Poisons Information Monograph 227
    Chemical

    1.  NOM

        1.1  Substance

             Ethylène Glycol

        1.2  Groupe

             Alcool aliphatique

        1.3  Synonymes

             1,2-éthane diol

        1.4  Numéros d'identification

             1.4.1  Numéro CAS

                    107-21-1

             1.4.2  Autres numéros

                    Aucune donnée disponible.

        1.5  Principaux noms commerciaux

        1.6  Principaux producteurs/importateurs

    2.  RESUME

        2.1  Principaux risques et organes cibles

             Ingestion accidentelle ou volontaire, pouvant être
             mortelle à la dose de 1 ml/kg: acidose métabolique; système
             nerveux central; rein; coeur-poumons.

        2.2  Résumé des effets cliniques

             Phase centrale: après un temps de latence de durée
             variable (30 mn à 12 h), apparition de signes rappelant
             l'intoxication par l'éthanol, sans odeur caractéristique de
             l'haleine.
    

             Phase métabolique: aggravation brutale de l'état de
             conscience avec instabilité hémodynamique correspondant à une
             acidose métabolique sévère.  Décompensation cardio-pulmonaire
             à craindre.
    
             Phase rénale: présence d'oxalate de calcium dans les urines
             inconstante.
    
             Oligurie, anurie: insuffisance rénale aiguë.

        2.3  Diagnostic

             Gaz du sang.
    
             Bilan biologique (ionogramme sanguin, calcémie, créatinine,
             azotémie) et deltacryoscopique.  Evaluation du trou
             anionique.
    
             Recherche de cristaux dans les urines.
    
             Recherche et dosage de l'éthylène glycol sur:
    
             *  échantillon du produit ingéré ou les récipients
                (verre, bouteille);
             *  prélèvement gastrique;
    
             *  sang (si possible avant le début du traitement
                antidotique);
             *  urines;
             *  liquide de dialyse.

        2.4  Premiers soins et principes du traitement

             Elimination digestive.
             Traitement antidotique :
             -  Alcoolisation (inhibition compétitive de l'alcool
                déshydrogénase).
             -  Administration de fomépizole (4-méthylpyrazole)
                (Blocage de l'alcool déshydrogénase).
             Traitement symptomatique et en particulier:
             -  Favoriser la diurèse avec alcalinisation.
             -  Correction de l'acidose métabolique.
             Eventuellement, épuration extra-rénale de l'éthylène glycol
             et/ou de ses métabolites.

    3.  PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

        3.1  Origine de la substance

             Synthèse chimique: anciennement, par hydratation de
             l'oxyde d'éthylène.  Actuellement, par oxydation de
             l'éthylène en présence d'acide acétique, puis hydrolyse du
             diacétate d'éthylène formé.

        3.2  Structure chimique

             Formule
    
                   H     H
                   '     '
             HO -- C --- C -- OH            Masse molaire = 62,07
                   '     '
                   H     H

        3.3  Propriétés physiques

             3.3.1  Couleur

                    Incolore

             3.3.2  Etat/Présentation

                    Liquide

             3.3.3  Description

                    Point d'ébullition:
                             197,5°C à la pression atmosphérique
                    Point de fusion:        -13°C
                    Point d'éclair:         111°C en coupelle fermée
                                            119°C en coupelle ouverte.
    
                    Limite d'explosivité en volume % dans l'air:
                    - limite inférieure =    3.2
                    - limite supérieure =   15.3
    
                    Température d'autoignition: 410°C
    
                    Densité (D204 = 1,1135)
    
                    Densité de vapeur (air = 1): 2.14
                    correspondances:  1 mg/m3 = 0.37 ppm  (Atm 25°C)
                                      1 ppm  = 2.54 mg/m3 (Atm 25°C)
    

                    Solubilité:       Soluble dans l'eau, l'alcool
                                      éthylique, l'acétone, l'acide
                                      acétique, la glycérine, la pyridine,
                                      les aldéhydes;
    
                                      Peu soluble dans l'éther;
    
                                      Insoluble dans les huiles, les
                                      graisses, les hydrocarbures
                                      halogènes.

        3.4  Autres caractéristiques

             Liquide visqueux, saveur chaude et sucrée.  Inodore.
             Incolore.
    
             Produit stable non volatil, hygroscopique.
    
             Incompatible avec les agents oxydants puissants: formation de
             produits d'oxydation de l'éthylène glycol à fonction aldéhyde
             et acide puis acide carbonique et acide formique.
    
             Incompatible avec les bases fortes.
    
             Chaleur:
    
             Liquide peu inflammable.
    
             Ses vapeurs peuvent former des mélanges explosifs avec l'air
             dans des limites de 3.2 à 15.3% en volume (Fiche INRS
             1987).
    
             A 500-600°C, se décompose en aldéhyde acétique.
    
             Lors d'incendie, production de CO2 et CO
    
             Agents d'extinction: anhydride carbonique, poudres inertes,
             mousses, voire l'eau pulvérisée.
    
             Epandage:  -   Eviter la contamination des eaux de boisson
                            (surface et nappe phréatique).  Limiter
                            l'épandage, adsorber avec du sable ou de la
                            vermiculite.  Entreposer dans des containers. 
                            Bien ventiler la zone.  Laver à grande eau
                            quand le ramassage du produit adsorbé est
                            complet (Lenga, 1985).
    

             Les secouristes devront porter des lunettes, gants,
             chaussures et vêtements évitant le contact avec la peau et
             les yeux.  Un masque sera utilisé en cas d'aérosol ou de
             vapeur (chaleur).
    
             La dégradation dans l'eau des rivières est rapide: 3 jours à
             20°C, 7 jours à 8°C (Patty, 1982).

    4.  UTILISATIONS/CIRCONSTANCES D'INTOXICATION

        4.1  Utilisations

             4.1.1  Utilisations

             4.1.2  Description

                    *  Antigel et liquides de refroidissement pour
                       les moteurs (1/4 de la production)
    
                    *  Liquides hydrauliques, de freins, d'échanges
                       thermiques.
    
                    *  Agent humectant et plastifiant (encres
                       d'imprimerie, textiles, cuirs).
    
                    *  Agent de deshydratation.
    
                    *  Assouplissant pour textiles.
    
                    *  Solvant (colorants, encres, dissolvants ...)
    
                    *  Intermédiaire de synthèse dans l'industrie
                       chimique:  esters, éthers d'éthylène glycol,
                       polyester, résines.
    
                    *  Fabrication d'explosifs.
    
                    *  Fabrication de condensateurs électrolytiques.
    
                    Note: Son usage domestique en tant qu'antigel est
                          la principale cause d'intoxication.

        4.2  Circonstances d'intoxications

             - Ingestion accidentelle par confusion avec une boisson
               sucrée:  chez l'enfant, chez l'adulte, (parfois
               éthylique), chez les animaux domestiques.
    
             - Ingestion volontaire de l'eau de radiateur de voitures
               en cas de pénurie (voyageurs dans des zones
               désertiques) (Bunuan, 1978; Gaultier, 1976).
    
             - Ingestion de l'eau d'un chauffage central ou de
               chauffe-eau (absence de valve anti-retour) (Zech,
               1974).
    
             - Tentatives de suicide.
    
             - Intoxication alimentaire: la présence interdite
               d'éthylène glycol et/ou de diéthylène glycol dans les
               vins autrichiens en 1985 a été, au plus, de 3 g/l et
               ne semble pas avoir eu de conséquences toxiques.

        4.3  Exposition professionnelle

    5.  VOIES D'EXPOSITION

        5.1  Orale

             Bonne absorption: principale voie responsable
             d'intoxication aiguës pouvant être mortelles.

        5.2  Inhalation

             Bonne absorption mais peu de risque en raison de sa
             faible volatilité.  Inhalation soit d'un aérosol, soit des
             vapeurs du produit chauffé.

        5.3  Percutanée

             Faible absorption nécessitant une/des application(s) sur
             de larges surfaces pour atteindre des doses toxiques.

        5.4  Oculaire

             Irritation locale.

        5.5  Parentérale

             Possible mais pas d'exemples connus.  Risque associé
             d'hémolyse.

        5.6  Autres

             Données non disponibles.

    6.  TOXICOCINETIQUE

        6.1  Absorption par voie d'entrée

             Rapidement absorbé par l'estomac (Goredon, 1982) et tout
             le tractus digestif.

        6.2  Distribution par voie d'entrée

             Rapide dans l'eau de l'organisme:
    
             *  Modèle toxicocinétique à un compartiment (Peterson,
                1981)
    
             *  Volume de distribution VD = 0.83 1/kg (Peterson,
                1981)
                                          = 0.7  1/kg (Jacobson, 1982).

        6.3  Demi-vie biologique par voie d'entrée

             La demi-vie d'élimination calculée chez des intoxiqués
             est de: 3 h (Peterson, 1982), et 3 à 6 h (Winek, 1977).
    
             -  Lors de l'alcoolisation: t 1/2 = 17 h (Peterson,
                1981)
             -  Avec traitement par fomépizole: t 1/2 = 11.5 à 15 h
                (Baud, 1986-1987).

        6.4  Métabolisme

             Il se fait surtout dans le foie et les reins.
             La toxicité de l'éthylène glycol est essentiellement due aux
             métabolites formés et l'étude de son métabolisme oriente la
             recherche vers des traitements spécifiques antidotiques.
    
             Plusieurs schémas métaboliques ont été proposées (Parry,
             1974; Winek,;1977; Clay, 1977; Bowen, 1978; Gordon,
             1982).
    
             Même si des travaux sont encore nécessaires pour préciser
             certaines étapes métaboliques et la responsabilité des
             métabolites dans les signes toxiques observés, un consensus
             est actuellement obtenu sur les faits suivants:
    
        A.   ETHYLENE-GLYCOL    ------->   GLYCOLALDEHYDE (CH2OH-CHO)
                                   ADH
    

             ADH = Alcool déshydrogénase enzyme NAD dépendante (foie,
             rein)
    
             a)  L'affinité de cette enzyme (ADH) est 100 fois
                 supérieure pour l'alcool éthylique (Freed, 198l) d'où
                 l'utilisation de ce dernier comme antidote compétitif
                 afin d'éviter la formation des métabolites toxiques de
                 l'éthylène glycol.
    
             b)  Premiers essais chez l'homme de l'utilisation d'un
                 inhibiteur de l'ADH, le 4-méthylpyrazole (Baud, 1987)
                 comme antidote spécifique.
    
        B.   GLYCOLALDEHYDE --------->  ACIDE GLYCOLIQUE (CH2OH-COOH)
                               ADH
    
             ADH = Aldéhyde déshydrogénase (NAD)
    
             Un peu de glyoxal (CHO-CHO) peut être formé et transformé en
             Ac. glycolique ou Ac. glyoxylique
    
        C.   ACIDE GLYCOLIQUE  -------->   ACIDE GLYOXYLIQUE (CHO-COOH)
                                  LD
    
             LD = Lactico-déshydrogénase (NAD) ou Acide glycolique
                  déshydrogenase.
    
        D.   ACIDE GLYOXYLIQUE  ---------->   ACIDE OXALIQUE (COOH-COOH)
                                   LD
    
             La néphropathie aiguë observée dans l'intoxication aiguë par
             l'éthylène glycol a été longtemps attribuée à la formation de
             cristaux d'oxalate de calcium dans les cellules tubulaires
             rénales.
    
             Cependant, l'observation de cas avec peu, voire sans cristaux
             d'oxalate de calcium, fait actuellement prendre de plus en
             plus en considération les autres métabolites dans la
             physiopathologie (Bowen, 1978; Simpson, 1985; Jacobsen, 1984;
             Jacobsen, 1988).
    
             Ainsi les métabolites à fonction aldéhyde inhibent la
             phosphorylation oxydative, le métabolisme du glucose
             (glycolyse et cycle de Krebs, principaux producteurs d'ATP),
             la synthèse des protéines, la réplication du DNA et le RNA
             ribosomal.  Les aldéhydes réagissent avec les fonctions SH du
             groupe actif de nombreuses enzymes.
    

             Parry en 1974 est le premier à souligner la toxicité des
             métabolites aldéhydiques et à leur attribuer les signes
             centraux de l'intoxication;  en effet, ceux-ci survenant
             entre la 6ème et l2ème heure après l'ingestion, correspondent
             au moment où ces métabolites sont en plus grande quantité. 
             Or, les aldéhydes dépriment les centres respiratoires, le
             métabolisme de la sérotonine et altèrent les taux d'amines
             cérébrales.
    
        E.   L'acide glyoxylique est transformé rapidement par d'autres
             voies métaboliques:
    
             -  transamination pyridoxine dépendante conduisant à la
                glycine.  Cet acide aminé conduit, en présence d'acide
                benzoïque, à l'acide hippurique; or de tels cristaux
                ont pu être observés dans les urines, ou les tissus
                rénaux des intoxiqués (Godolphin, 198O) et sont
                favorisés par la présence d'acide benzoïque dans
                certaines préparations (Turk, 1986; Jacobsen,
                1986).
    
             -  Autre voie dépendante de la FMN (Flavine
                Mononucléotide).
                Ainsi, certains auteurs (Parry, 1974), préconisent
                l'adjonction de pyridoxine et de thiamine lors du
                traitement de l'intoxication aiguë dans le but de
                favoriser ces voies métaboliques.  Ce traitement peut
                être complémentaire. Il ne saurait ni favoriser une
                déviation métabolique évitant la formation d'acide
                oxalique, ni s'opposer à la formation des métabolites
                aldéhydiques qui se situe en amont.
    
                Quelques chiffres: sans alcool éthylique, la
                production de métabolites acides peut atteindre 150
                mEq par heure correspondant au métabolisme de 10 g
                d'éthylène glycol par heure (Freed, 198l).
    
                Les métabolites acides mis en évidence chez l'homme
                sont essentiellement l'acide glycolique et l'acide
                lactique, ce dernier correspondant vraisemblablement à
                l'action inhibitrice des aldéhydes sur les pyruvates
                (Gabow, 1986).  Cependant, les autres causes
                d'augmentation des lactates (sujets éthyliques
                chroniques, hypotension, alcoolisation) sont à prendre
                en considération (Jacobsen, 1986).

        6.5  Elimination

             * L'éthylène glycol inchangé s'élimine par les urines
             pendant quelques heures.  Clairance rénale = 210 ml/min soit
             une clairance voisine de l'urée, substance de poids
             moléculaire voisin (Peterson, 1981).
    
             * L'acide glycolique est retrouvé dans les urines sous forme
             de sels (jusqu'à 34 à 44% de la dose administrée) (Patty,
             1982).  Ni le glycolaldéhyde, ni l'acide glyoxylique n'ont
             été retrouvés dans les urines.  L'acide oxalique correspond à
             environ 2,3% de la dose ingérée chez l'homme.
    
             * Par dialyse péritonéale (DP):
    
             -  Enfant 2 ans et demi ayant ingéré 110 g d'éthylène
                glycol:  DP/8 jours - élimine 26,9 g.
    
             -  Trois adultes ayant ingéré 170, 340, et 170 g
                d'éthylène glycol et présentant un taux sanguin de 2,9
                g/l, 6,6 g/l, 2,50 g/l vont avoir une élimination
                urinaire de 40, 21 et 20 g alors que la DP éliminera
                39 g en 3 jours, 140 g en 2 jours et 55,3 g en 4 jours
                (Vale, 1982).
    
             * Par Hémodialyse (HD):
    
             -  Peterson, 198l: t l/2 = 2,5 h
                Chez un homme ayant ingéré 600 g d'éthylène glycol:
                élimination de 111 g par hémodialyse alors que pendant
                le même temps les reins en excrétaient 10 g.
    
             -  Jacobsen, 1982: t 1/2 = 3 h 40 et 3 h
                Pour un débit de 200 ml/mn la clairance de l'éthylène
                glycol était de 145 ml/min et 148 ml/min.
    
             -  Rothman, 1986: t 1/2 = 1,5 à 3 h chez un enfant de 17
                mois.
    
             -  Gabow, 1986: clairance acide glycolique = 105 ml/min
                correspondant à 159 mEq éliminé en 3 h.
    
             Il y a des possibilités de rebonds (augmentation des taux
             sanguins d'éthylène glycol) à l'arrêt de l'hémodialyse
             (Rothman, 1986; Gordon, 1982).

    7.  TOXICOLOGIE

        7.1  Mécanisme d'action

             Toxicité due essentiellement aux métabolites formés
             (voir le paragraphe 6.4).

        7.2  Toxicité

             7.2.1  Toxicité humaine

                    7.2.1.1  Adultes

                             Dose toxique = 1 ml/kg
    
                             Dose léthale = 1,4 ml/kg soit 100 ml pour un
                             adulte de 70 kg.
    
                             Avec un traitement précoce et adapté, des
                             intoxications avec des quantités beaucoup
                             plus importantes (> 500 ml) ont guéri
                             (Gabow, 1986; Turk, 1986; Vites, 1984;
                             Peterson, 1981).

                    7.2.1.2  Enfants

                             Dose léthale moyenne per os = 1
                             ml/kg.

             7.2.2  Toxicité animale

                             (Rowe, 1982; Casarett, 1986)
    
                    (i) Toxicité aiguë
    
                    DL50 mg/kg per os:      souris  = 8000 à 15 000
                                            lapin   = 5000
                                            rat     = 6000 à 13 000
                                            cobaye  = 8000 à 11 000
                                            chien   = 8000 certains
                                                      survivent à 14 700
                                            chat    = 2000
    
                    Différence de toxicité entres les espèces animales en
                    rapport avec leur aptitude à métaboliser l'éthylène
                    glycol. Taux en ADH plus élevé chez le rat mâle et le
                    chat (Joly, 1968).
    

                    -  Percutanée lapin = 20 000
    
                       Les animaux présentent dépression centrale et
                       convulsions.  L'examen histologique montre une
                       nécrose tubulaire rénale, un oedème cérébral, un
                       oedème pulmonaire, la présence de cristaux dans
                       les reins et parfois dans le cerveau.
    
                    -  Inhalation: nécessité d'utiliser des doses de
                       plusieurs centaines ou milliers de mg/m3;
                       cependant à des taux plus faibles il y a
                       irritation oculaire et respiratoire.
    
                    -  Irritation peau/lapin = négatif.
    
                    -  Irritation oeil/lapin:  Aucun effet à 0.4%
                                               Moyennement irritant à 4%
                                               Lésions caustiques
                                               au-delà.
    
                    (ii) Toxicité aiguë et recherche thérapeutique:
    
                    -  Rats intoxiqués avec une seule dose d'éthylène
                       glycol de 1 mg/kg survivent à:
                                               14% sans traitement
                                               71% avec CO3H Na IV
                                               73% avec Ethanol IV
                                               89% avec CO3H Na +
                                               Ethanol IV
    
                    -  Travaux sur chiens et singes intoxiqués par
                       éthylène glycol démontrent la réduction de
                       l'acidose et des taux d'acide glycolique par le
                       4-méthylpyrazole (Clay, 1977).
    
                    (iii) Toxicité chronique:
    
                    -  Per os: l'ajout à l'alimentation d'éthylène
                       glycol chez le rat et le singe provoque 
                       des lésions rénales tubulaires et parfois
                       glomérulaires.  La présence de cristaux
                       d'oxalates dans le parenchyme et les voies
                       excrétrices n'est pas constante, constatation
                       argumentant la toxicité des autres métabolites.
    
                       Lorsque l'administration est prolongée (rats 2
                       ans à 1 et 2% d'éthylène glycol), il existe des
                       calcifications rénales et une lithiase oxalique
                       ainsi qu'une dégénérescence hépatique
                       centro-lobulaire.
    

                    -  Par inhalation: des rats exposés à 500 mg/m3
                       pendant 28 h/5 j présentent une somnolence.  Une
                       discrète leucopénie, 2 semaines après l'arrêt de
                       l'exposition, a été constatée chez des singes
                       exposés à 256 mg/m3/28 jours; 2 animaux ont
                       présenté une atteinte rénale modérée.
    
                    (iv)  Doses sans effet toxique:
    
                    -  Per os: rats    =       100 mg/kg/j/2 ans
                                               1080 mg/kg/j/3 mois
                               mâle    =       71 mg/kg/j/16 semaines
                               femelle =       85 mg/kg/j/16 semaines.
    
                    -  Par inhalation: rats et souris = 350-400
                       mg/m3/8h/j/16 semaines
    
                       rats, lapins, cobayes, chiens   = 57 mg/m3/8
                       h/j/5 par semaine/6 semaines
    
                       singes = 500/600 mg/m3/2 à 3 semaines.
    
                    -  Effet irritant: rat et lapin exposés à 12 mg/m3
                       présentent après quelques jours: hyperthermie
                       conjonctivale, oedème palpébral et opacités
                       cornéennes.

             7.2.3  Toxicité "in vitro":

                    DI 50 (dose inhibitrice molaire) estimée sur
                    cellules KB en culture après 72 h d'incubation:
    
                    * Ethanol               = 0.15 m
                    * Diéthylène glycol     = 0.18 m
                    * Propylène glycol      = 0.31 m
                    * Ethylène glycol       = 0.45 m
    
                    Dans ces conditions, l'éthanol est le plus toxique des
                    alcools étudiés (Mochida, 1987).

             7.2.4  Valeurs limites en milieu de travail

                    CMT (concentration maximum tolérable pour
                    8h/j)
    
                    -  en aérosol = 10 mg/m3 (USA)
                    -  en vapeur  = 50 ppm = 125 mg/m3 (USA)
                    -  en vapeur + aérosol = 5 mg /m3 (URSS)

             7.2.5  Dose journalière admissible (Rowe, 1982)

                    DJA = 50 mg éthylène glycol/jour/adulte de 70 kg

        7.3  Carcinogenicité

             Carcinogénèse (Rowe, 1982)
    
             Test rat sous cut./52 semaines puis examinés pendant 18 mois:
             négatif
             Test rat nourriture + 1% éthylène glycol/2 ans = négatif
             Test souris sous cut./15 mois = négatif
             Test souris IV  = pas d'augmentation des cancers du
             poumon.

        7.4  Tératogenicité

             Données non disponibles.

        7.5  Mutagenicité

             Mutagénèse (Rowe, 1982):
    
             -  Test d'Ames négatif avec les colonies TA 98 - 1OO -
                1535 - 1537.

        7.6  Interactions

             L'acide benzoïque présent dans certaines formules
             d'antigels peut favoriser la formation de cristaux d'acide
             hippurique (Gabow, 1986).

    8.  ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES

        8.1  Echantillonnage

             8.1.1  Prélèvement de spécimens et d'échantillons

                    8.1.1.1  Analyses toxicologiques

                    8.1.1.2  Analyses biomédicales

                    8.1.1.3  Analyse des gaz du sang artériel

                    8.1.1.4  Analyses hématologiques

                    8.1.1.5  Autres analyses (non précisées)

             8.1.2  Stockage des spécimens et échantillons de laboratoire

                    8.1.2.1  Analyses toxicologiques

                    8.1.2.2  Analyses biomédicales

                    8.1.2.3  Analyse des gaz du sang artériel

                    8.1.2.4  Analyses hématologiques

                    8.1.2.5  Autres analyses (non précisés)

             8.1.3  Transport des spécimens et échantillons de laboratoire

                    8.1.3.1  Analyses toxicologiques

                    8.1.3.2  Analyses biomédicales

                    8.1.3.3  Analyse des gaz du sang artériel

                    8.1.3.4  Analyses hématologiques

                    8.1.3.5  Autres analyses (non spécifiées)

        8.2  Analyses toxicologiques et interprétation

             8.2.1  Tests sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons

                    8.2.1.1  Test(s) qualitatif(s) simple(s)

                    8.2.1.2  Test(s) qualitatif(s) de confirmation

                    8.2.1.3  Méthode(s) quantitative(s) simple(s)

                    8.2.1.4  Méthode(s) quantitative(s) de confirmation

             8.2.2  Tests sur les spécimens biologiques

                    8.2.2.1  Test(s) qualitatif(s) simple(s)

                             Colorimétrique: oxydation par l'acide
                             périodique puis caractérisation du 
                             formaldehyde formé par réaction colorée ou 
                             fluorescence. Méthode peu spécifique.
    
                             Chromatrographie sur plaque (urines).

                    8.2.2.2  Test(s) qualitatif(s) de confirmation

                             Utilisation de l'interférence de
                             l'éthylène-glycol dans le dosage des 
                             triglycérides (Dupont ACA - triglycéride 
                             method) permettant un dépistage un urgence et 
                             une évaluation quantitative de l'éthylène 
                             glycol dans tous laboratoires hospitaliers
                             (Ryder, 1986).

                    8.2.2.3  Méthode(s) quantitative(s) simple(s)

                             Méthode enzymatique (ADH) (Light, 
                             1981): permet de doser 0,20 à 1,50 g/l 
                             d'éthylène-glycol mais interférence avec 
                             l'alcool et le méthanol. Impossibilité donc
                             de caractériser l'éthylène glycol.
                    
                    8.2.2.4  Méthode(s) quantitative(s) de confirmation

                             Chromatographie en phase gazeuse 
                             (sang, urines).  Beaucoup de méthodes, toutes 
                             nécessitant une détection par ionisation de 
                             flamme.  Les méthodes à injection directe 
                             sont peu sensibles et difficilement 
                             reproductibles (Bost, 198l).  La CPG des 
                             dérivés boronates (Porter, 1982) est
                             actuellement la meilleure méthode.
    
                             HPLC sous la forme de benzoyl-esters.
    
                             Isatochophorèse permettant le dosage des
                             métabolites acides (Jacobsen, 1988).

                    8.2.2.5  Autre(s) méthode(s) spécifique(s)

             8.2.3  Interprétation des analyses toxicologiques

        8.3  Examens biomédicaux et interprétation

             8.3.1  Examens biochimiques

                    8.3.1.1  Sang, plasma ou sérum

                             Osmolalité (mOsm/Kg H2O)
    
                             Osmolalité mesurée (OM) par le
                             delta-cryoscopique du plasma
    
                             Osmolalité calculée (OC) peut être rapidement
                             évaluée selon:
    

                                   OC = (Na x 2) + 10
                                   OC Normale = 280 à 295 m
                                   Osam/kg/H2O
    
                             Trou osmolaire (to)
    
                                   To = OM - OC
                                   Normal To = 10 mOsm/kg/H2O

                    8.3.1.2  Urine

                    8.3.1.3  Autres liquides biologiques

                             Analyse des gaz du sang arteriel
                             Découverte d'une acidose métabolique
                             sévère
                             Mise en évidence d'un trou anionique (Ta)
                             inhabituellement important
    
                             Ta = (Na+ + K+) - (Cl- + HCO3-)
                             Ta normal = 16  2 mmol/l
    
                             ou     Ta = (Na+) - (Cl- + HCO3-)
                             Ta normal = 12  2 mmol/l

             8.3.3  Analyses hématologiques

             8.3.4  Interprétation des examens biochimiques

        8.4  Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation

        8.5  Interpretation globale de l'ensemble des analyses et
             examens toxicologiques

             Deux types d'examen peuvent orienter le diagnostic:
    
             (i)    L'équilibre acide-base et l'osmolalité
             (ii)   Les cristaux urinaires (Cadnapaphornchai, 1981).
    
             En effet, peu de services cliniques peuvent disposer des
             résultats de dosage de l'éthylène glycol en moins de 24 h, or
             le diagnostic positif est une urgence.
             Ces examens doivent être associés à un interrogatoire précis
             de la victime (si son état de conscience le permet) et des
             témoins éventuels et la recherche des flacons ou verres ayant
             pu contenir le produit ingéré.
    
                    (i)  L'équilibre acide-base et l'osmolalité
                    *    Découverte d'une acidose métabolique
                         sévère
                    *    Mise en évidence d'un trou anionique (Ta)
                         inhabituellement important
    

                         Quatre situations cliniques sont à considérer
                         (Scully, 1979):
    
                            -   Insuffisance rénale
                            -   Décompensation d'un diabète et
                                acidocétose
                            -   Acidose lactique
                            -   Intoxications par:
     
                                *  les salicylés, en particulier chez
                                   l'enfant,
                                *  les monohalogéno-acétates
                                *  les alcools; éthanol, propanol et
                                   surtout méthanol et éthylène glycol
    
                                La présence de Mannitol pourrait
                                augmenter l'osmolalité au plus de 2O
                                mOsm/kg H2O.
    
                                L'existence concomittante d'un trou
                                anionique et d'un trou osmolaire à 30
                                m Osm/kg H2O est alors en faveur
                                d'une intoxication par l'éthylène
                                glycol et/ou le méthanol en l'absence
                                d'éthanol.
    
                                Une alcoolémie à 0,70 g/l
                                correspond à 700 = 15 mOs
                                              46
    
                                Cadnapaphornchai, 1981, a construit
                                des courbes par ajouts dosés de
                                méthanol, éthanol et éthylène glycol
                                dans du sérum en fonction des valeurs
                                des trous osmolaires, permettant une
                                évaluation approchée des taux de ces
                                alcools.
    
                    (ii) Les cristaux urinaires:
    
                         La présence de cristaux dans le
                         sédiment urinaire peut renforcer la
                         suspicion d'intoxication par
                         l'éthylène glycol:
    
                         -  les cristaux peuvent avoir des formes
                            non caractéristiques (ne pas prendre
                            en considération que les cristaux
                            d'oxalate de calcium en enveloppe);

                         -  les cristaux peuvent ne pas être
                            présents, même dans une intoxication aiguë.
    

                         Le dosage des métabolites acides par 
                         isotachophorèse permet
                         -  de confirmer le diagnostic en
                            l'absence d'éthylène glycol dans le
                            sang.
                         -  de montrer l'efficacité de
                            l'hémodialyse entrainant l'élimination
                            des métabolites. (Jacobsen, 1984).
    
                         Autres examens toxicologiques:
    
                         -  Dosage répétés de l'éthanol dans le sang pour
                            suivre le traitement antidotique.
    
                         -  Dosage des oxalates et des métabolites
                            (Gabow, 1986; Jacobsen, 1984-88).
    
                         Concentrations toxiques
    
                         Lors d'intoxication aiguës les taux sanguins
                         d'éthylène glycol peuvent atteindre plusieurs 
                         grammes par litre:  7 g/l (Bowen, 1978) et 6.60 
                         g/l (Vale, 1982).
    
                         Conversion: 62,1 g/l = 1 mol/l.
    
                         Recherche et dosage de l'éthylène glycol sur:
    
                         *  échantillon du produit ingéré ou les
                            récipients (verre, bouteille);
                         *  prélèvement gastrique;
    
                         *  sang (si possible avant le début du
                            traitement antidotique);
                         *  urines;
                         *  liquide de dialyse.
    
                        Note:  veiller à prélever un échantillon de sang 
                        avant le traitement par l'éthanol si on veut faire 
                        pratiquer un delta-cryoscopique

        8.6  Références bibliographiques

             Caractérisation et dosage de l'éthylène glycol (Doedens,
             1983)

    9.  EFFETS CLINIQUES

        9.1  Intoxication aiguë

             9.1.1  Ingestion

                    Un intervalle libre trompeur sépare l'ingestion
                    des premiers signes; de 30 min lorsqu'il s'agit de
                    doses massives, il peut atteindre une douzaine
                    d'heures.
    
                    A.  Phase centrale rappelant l'intoxication par
                        l'éthanol (sans odeur de l'haleine) =
                        ébriété, agitation, agressivité, torpeur,
                        nystagmus.  Nausées et vomissements
                        fréquents.  Dans les intoxications massives,
                        apparition d'un coma convulsif, d'un état de
                        mal pouvant être mortel.
    
                        -  E.E.G. - survenue d'anomalies
                           paroxystiques généralisées ou localisées
                           n'ayant pas toujours de traduction
                           clinique (Conso, 1979).
    
                        -  Les examens biochimiques montrent
                           généralement à ce stade:
    
                           * une acidose métabolique majeure avec
                             un trou anionique important;
    
                           * effondrement des bicarbonates et du
                             CO2;
    
                           * hyperglycémie et hyperleucocytose
                             fréquentes dans les formes graves
                             (stimulation adrénergique);
    
                           * hypocalcémie non constante.
    
                    B.  Phase cardio-pulmonaire:
    
                        Polypnée, tachycardie, cyanose et tendance à
                        l'hypertension peuvent, au cours du coma,
                        faire place à une insuffisance cardiaque et
                        un oedème pulmonaire.  Cette décompensation
                        apparaît généralement entre la 24ème et la
                        72ème heure suivant l'ingestion et peut être
                        mortelle (Geronimi, 1966).
    

                    C.  Phase rénale:
    
                        Si la présence de cristaux d'oxalates dans
                        les urines peut être précoce dès l'ingestion,
                        l'insuffisance rénale est plus retardée (2ème
                        et 3ème jour): tubulopathie aiguë
                        généralement anurique:
    
                        -  Oligurie
                        -  Douleurs lombaires et protéinurie
                        -  Augmentation de l'azotémie et de la
                           créatinine.
    
                           L'évolution de l'insuffisance rénale est
                           imprévisible: régression complète, anurie
                           persistante (4 mois - Collins, 1970), parfois
                           évoluant vers l'insuffisance rénale
                           chronique.

             9.1.2  Inhalation

                    Données non disponibles.

             9.1.3  Exposition cutanée

                    Données non disponibles.

             9.1.4  Exposition oculaire

                    Données non disponibles.

             9.1.5  Parentérale

                    Données non disponibles.

             9.1.6  Autres

                    Données non disponibles.

        9.2  Intoxication chronique

             9.2.1  Ingestion

                    Données non disponibles.

             9.2.2  Inhalation

                    Exceptionnelle en raison de la basse tension de
                    vapeur.  Cinq femmes exposées à leur travail, à des
                    vapeurs d'un mélange chauffé à 100°C et contenant de
                    l'éthylène glycol (éthylène glycol 4O%, Ac. borique
                    55%, ammoniac 5%) ont présenté des pertes de
                    connaissance et malaises à répétition et un nystagmus
                    (Rowe, 1982).  Régression à l'arrêt de
                    l'exposition.

             9.2.3  Exposition cutanée

                    Données non disponibles.

             9.2.4  Exposition oculaire

                    Données non disponibles.

             9.2.5  Exposition parentérale

                    Données non disponibles.

             9.2.6  Autre

                    Données non disponibles.

        9.3  Pronostic, évolution et cause des décès:

             Décès:  Intoxications aiguës souvent mortelles en raison
             du diagnostic tardif et du retard apporté au traitement:
    
             *  Etat de mal convulsif.
             *  Décompensation cardio-pulmonaire avec acidose
                sévère.
             *  Fausses routes, SDRA.
             *  Insuffisance rénale aiguë.
             *  Respiratory distress syndrome irréversible (RDS).
    
             Séquelles: Visuelles et neurologiques (O'Donoghue,
             1985):
    
             *  Mydriase aréflexique, oedème papillaire et altérations
                dégénératives rétiniennes.  L'amaurose est rare et
                pourrait être due à l'acide formique formé (Ahmed,
                1971; Berger, 1981; Gosselin, 1976).
    
             *  Atteinte d'autres nerfs craniens (V-VII-XII).
    
             *  Signes cérébelleux.
    

             *  Modifications réversibles du scanner (Maier, 1983)
                interprétées comme une encéphalite toxique.  Atrophie
                séquellaire (Jacobsen et al., 1982a).
    
             *  Manifestations neuro-psychiatriques: hallucinations,
                convulsions, myoclonies ...
    
             *  Rénales (insuffisance rénale chronique)
    
             Guérison sans séquelle possible quand traitement précoce
             (Turk, 1986), même après l'ingestion de très grande quantité,
             2 litres (Stokes, 1980).

        9.4  Description systématique des effets cliniques.

             9.4.1  Cardiovasculaires

                    *  Signes d'adrénergisme: tachycardie avec
                       hypertension artérielle.
    
                    *  Au cours de l'acidose métabolique: risque
                       d'insuffisance cardiaque aiguë.
    
                    *  Apparition exceptionnelle de troubles de la
                       conduction et de l'excitabilité. Dans
                       quelques cas mortels, l'examen histologique a
                       mis en évidence des cristaux d'oxalate de
                       calcium dans les cellules myocardiques et en
                       particulier dans le tissus
                       conducteur.

             9.4.2  Respiratoires

                    *  Hyperpnée en relation avec l'acidose
                       métabolique.
    
                    *  Risque d'oedème aigu du poumon, soit
                       d'origine cardiaque au cours des troubles
                       métaboliques, soit d'origine lésionnelle lors
                       de fausses routes éventuelles au cours du
                       coma.

             9.4.3  Système nerveux

                    9.4.3.1  Système nerveux central

                             -  Syndrome ébrieux, précoce en cas de
                                prise massive mais pouvant survenir plus de
                                12 h après l'ingestion.

    
                             -  Coma pouvant s'accompagner de
                                convulsions.
    
                             -  EEG: anomalies paroxystiques
                                généralisées ou localisées n'ayant pas
                                toujours de traduction clinique
                                (Conso, 1979).
    
                             -  Lésions séquellaires possibles: voir
                                para. 9.3.
    
                             -  A l'examen histologique, mise en
                                évidence de cristaux d'oxalate de
                                calcium dans les cellules du système
                                nerveux central (CNS).

                    9.4.3.2  Système nerveux

                             -  Dans de rares cas, lésions
                                séquellaires des nerfs crâniens
                                (I-V-VII-XII): voir para.
                                9.3.

                    9.4.3.3  Système nerveux autonome

                             -  Hyperadrénergisme (tachycardie
                                sinusale et hypertension,
                                hyperglycémie, hyperleucocytose) à la
                                phase d'état de l'intoxication
                                aiguë.

                    9.4.3.4  Muscle squelettique et lisse

                             -  Rhabdomyolyse (augmentation des CPK)
                                secondaire aux convulsions.
    
                             -  A l'examen histologique, présence de
                                cristaux d'oxalate de calcium dans les
                                cellules musculaires.

             9.4.4  Gastrointestinaux

                    -  L'éthylène glycol a une saveur chaude et
                       sucrée.  Il est légèrement irritant lorsqu'il
                       est en solution concentrée et peut provoquer
                       des vomissements.
    
                    -  En solution diluée, il est bien toléré par
                       les muqueuses digestives;  les nausées et
                       vomissements, qui surviennent tardivement
                       après l'ingestion, sont des manifestations
                       d'origine centrale.

             9.4.5  Hépatiques

                    -  Pas de toxicité directe.
    
                    -  L'élévation transitoire des
                       amino-transférases est concomittante de la
                       rhabdomyolyse.

             9.4.6  Urinaires

                    9.4.6.1  Rénaux

                             -  Insuffisance rénale aiguë soit à
                                diurèse conservée, soit, le plus
                                souvent, oligoanurique.
    
                             -  Nécrose tubulaire de mécanisme
                                complexe (précipitation de cristaux. 
                                Toxicité des métabolites ? Voir para.
                                6.4).

                    9.4.6.2  Autres

                             -  Elimination urinaire de cristaux
                                (oxalate de calcium, acide hippurique)
                                non spécifique de cette intoxication
                                et pouvant faire défaut.

             9.4.7  Endocrinien/Réproduction

                    Données non disponibles.

             9.4.8  Cutanés

                    Non irritant pour la peau.

             9.4.9  Oeil, oreille, nez, gorge: effets locaux

                    Moyennement irritant pour l'oeil.

             9.4.10 Hematologiques

                    Hyperleucocytose par hyperadrénergisme.

             9.4.11 Immunologiques

                    Données non disponibles.

             9.4.12 Metaboliques

                    9.4.12.1 Bilan acido-basique

                             -  A la phase d'état: acidose
                                métabolique avec trou anionique.
                                Voir para. 8.5

                    9.4.12.2 Bilan hydro-électrolytique

                             -  Hypocalcémie inconstante.
    
                             -  Hyperkaliémie au cours de l'acidose
                                métabolique ou de la
                                rhabdomyolyse.

                    9.4.12.3 Autres

                             -  Deltacryoscopique très abaissé par
                                l'hyperosmolalité en relation avec la
                                présence de l'éthylène glycol et/ou de
                                ses métabolites dans le plasma.
    
                             -  Hyperglycémie à la phase
                                adrénergique.

             9.4.13 Réactions allergiques

                    Données non disponibles

             9.4.14 Autres effets cliniques

                    Données non disponibles

             9.4.15 Risques spéciaux

                    Données non disponibles.

        9.5  Autres effets cliniques

             Données non disponibles.

    10. TRAITEMENT

        10.1 Principes généraux

             *  Traitement symptomatique.
             *  Eliminer le toxique le plus rapidement possible.
             *  Traitement antidotique pour diminuer la formation des
                métabolites toxiques.
             *  Corriger l'acidose métabolique.
             *  Accélérer éventuellement l'épuration.

        10.2 Support des fonctions vitales/traitement
             symptomatique/examens

             Si le sujet est agité (sédatif) ou inconscient:
             Mettre en place une voie veineuse
             Transport médicalisé prêt à effectuer un traitement
             symptomatique.
             Solutés alcalinisants.
    
             A. Traitement symptomatique d'urgence:
    
                Assurer la liberté des voies aériennes.
                Oxygène.
                Respiration artificielle si nécessaire.
                Attention aux fausses-routes.
                Transport médicalisé
                Mise en place d'une voie veineuse.
    
             B. Traitement symptomatique:
    
                   -  De la dépression respiratoire.
    
                   -  Des convulsions: benzodiazépine ou
                      barbiturique injectables.  Penser à corriger
                      une éventuelle hypocalcémie.
    
                   -  Correction de l'acidose métabolique par
                      soluté de bicarbonate de sodium IV.
    
                   -  Surveiller et favoriser la diurèse.
    
                   -  Hypotension: limiter le remplissage (contrôle
                      permanent de la pression veineuse centrale)
                      et utiliser des médicaments vasopresseurs
                      (dopamine et/ou dobutamine).
    
                   -  En cas d'oedème du poumon et/ou de SDRA:
                      respiration artificielle avec PEEP si
                      nécessaire.
    

                   -  Plus tard, traitement de l'insuffisance
                      rénale par séances d'hémodialyse
                      répétées.
    
             C.  Examens utiles:  EEG, ECG, gazométrie artérielle,
                 ionogramme sanguin, créatinine, azotémie,
                 calcémie.

        10.3 Décontamination

                    * Ingestion:
    
                    -  Vomissements provoqués sur place, le plus 
                       précocement possible.
                    -  Lavage d'estomac, après intubation trachéale 
                       si sujet inconscient.
                    -  Le charbon activé a un pouvoir adsorbant faible
                       vis-à-vis de l'éthylène glycol (étude in vitro).
    
                    *  Yeux:
    
                    Lavage au sérum physiologique ou à l'eau. Si la
                    solution est concentrée, consultation d'un
                    ophtalmologiste.
    
                    *  Peau:
    
                    Lavage à l'eau.

        10.4 Elimination:

             A.  Favoriser la diurèse (solutés IV de Mannitol,
                 glucose, bicarbonate) et diurétiques
                 éventuellement (Bunuan, 1970; Stokes
                 1980).
    
                 Eviter toute surcharge liquidienne par une
                 surveillance stricte.
    
             B.  Hémodialyse (ou dialyse péritonéale): permet d'épurer
                 l'éthylène glycol, ses métabolites (glycolates en
                 particulier) et de corriger l'acidose (Moreau et al.,
                 1998).
    

                 Indication basée sur:
    
                 *  le taux d'éthylène glycol sanguin < 0,50 g/l
    
                 *  et même en l'absence de taux sanguin, sur
                    anamnèse et l'existence d'une acidose
                    métabolique sévère avec trou anionique.
    
                 L'hémodialyse est réservée aux intoxications massives
                 et sévères (acidose métabolique, insuffisance
                 rénale).
    
             C.  Hémoperfusion: un cas traité par Sangster (198O), sans
                 évaluation quantitative des résultats.  En fait, peu
                 utilisée en raison du faible pouvoir adsorbant du
                 charbon vis-à-vis de l'éthylène glycol.

        10.5 Traitement antidotique

             10.5.1 Adultes

                      I.   Alcoolisation (Hanson, 1984; Bayer, 1984); 
                           taux sanguin à maintenir:  0.50 à 1 g/l.

                      A.   Dose de charge:  1 ml d'éthanol à 95° par
                           kg:
    
                           *  soit per os, dilué au l/3 dans une boisson
                              sucrée (faire boire ou introduire par la
                              sonde gastrique)
    
                           *  soit IV dilué dans un soluté (glucose,
                              dextrose) en cas de vomissements: 1 ml/kg
                              d'alcool dans 500 ml de solution glucose
                              5% en 30 min.
    
                      Vérifier le taux d'alcool dans le sang de façon
                      répétée. Prélèvement à faire à distance de la voie
                      veineuse recevant l'éthanol.
    
                      B.   Dose d'entretien:  Elle doit être adaptée au
                           sujet, le métabolisme hépatique de l'éthanol
                           varie entre 75 et 175 mg/kg/heure) 0,1 à 0,3 ml
                           d'éthanol à 95° par kg et par heure:
    
                           soit 0.1 ml pour les non buveurs
                           0.2 ml pour les buveurs occasionnels
                           0.3 ml pour les alcooliques.

    
                      Pendant l'hémodialyse:
    
                      -   Doubler les doses d'entretien (Hanson,
                          1984)
    
                      -   Ajouter 7200 mg d'éthanol par heure soit ll ml
                          d'alcool à 95° (Bayer, 1984)
    
                      -   L'hémodialyse peut finir quand les niveaux
                          d'éthylène glycol sont inférieurs à 0.2
                          g/l.
    
                      C.  Indications:
    
                          Traitement antidotique à faire le plus tôt
                          possible, avant les résultats des dosages et
                          dès la connaissance de l'anamnèse.  Adapter
                          ensuite le traitement en fonction des
                          résultats.
    
                      II. Le fomépizole (4-méthylpyrazole).  Utilisation
                          par voie orale ou par voie IV.
                          Chez le sujet à fonction rénale normale: dose
                          de charge: 15 mg/kg dilué dans 250 ml de sérum
                          physiologique ou de glucosé à 5 %, en perfusion
                          sur 45 min, suivie de doses d'entretien de 10
                          mg/kg, puis 7,5 mg/kg perfusées toutes les 12
                          heures. Le dosage sanguin de l'éthylène glycol
                          est à réaliser toutes les 12 heures. Le nombre
                          de doses d'entretien est égal en pratique au
                          nombre de demi-vies de 12 heures nécessaires
                          pour que la concentration d'éthylène glycol
                          soit inférieure à 0,1 g/l. La posologie est
                          identique pour la voie orale (Harry, 1999).
                          Chez le sujet hémodialysé: dose de charge de 15
                          mg/kg suivie d'une perfusion continue de 1
                          mg/kg/heure pendant toute la durée de
                          l'hémodialyse. L'hémodialyse et
                          l'administration de fomépizole seront
                          interrompues lorsqu'il n'existe plus d'acidose
                          métabolique et que la concentration d'éthylène
                          glycol est inférieure à 0,1 g/l.
    
                          -  Traitement favorisant le catabolisme de
                             l'éthylène glycol vers des métabolites non
                             toxiques.
    
                             Thiamine:    1 mg/IV/j
                             Pyridoxine:  10 mg/IV/j
    

                             Adjuvants au traitement dont l'efficacité est
                             certainement bien limitée.

             10.5.2 Enfants

                    L'alcoolisation sera effectuée suivant le même
                    protocole.  Attention l'enfant met souvent à la bouche
                    des produits ménagers contenant au plus 10 à 15%
                    d'éthylène glycol et une gorgée ne nécessite pas de
                    traitement (Bozza-Marrubini, 1987).
    
                    L'alcoolisation demande une surveillance attentive de
                    la glycémie chez l'enfant.

        10.6 Discussions sur le traitement: alternatives, controverses
             et besoins de recherche

             En fait, dans cette intoxication, les moyens
             thérapeutiques sont efficaces: c'est le retard à leur mise en
             route qui est le facteur essentiel de mauvais
             pronostic.

    11. CAS ILLUSTRATIFS

        11.1 Cas de la littérature

             Traitement précoce - efficacité:
             Stokes, 198O:  F. 33 ans, tentative de suicide avec 2 litres
             d'éthylène-glycol.
    
             1ère heure:  Elimination d'un litre par le lavage gastrique. 
             60 ml Ethanol IV puis 10 ml/h; pH 7.31; Osmolalite = 383; Pas
             de cristaux dans les urines; Taux sanguin d'éthylène-glycol
             en attente.
    
             4ème heure:  Sur l'anamnèse et l'aspect du lavage gastrique,
             l'hémodialyse est effectuée.  En fait, les taux que les
             auteurs ont obtenu après la guérison de leur patient étaient
             de 5,60 g/l à l'entrée et 4,70 g/l au moment du branchement
             de l'hémodialyse.
    
             Après 4 h d'hémodialyse, le taux est descendu à 0,50 g/l.  La
             diurèse osmotique alcaline achèvera l'élimination de
             l'éthylène glycol qui présentera un rebond à 1,50 g/l;
             l'alcoolisation est maintenue jusqu'à la 26ème heure. 
             Guérison sans complication ni séquelle.

    12. INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

        12.1 Mesures de prévention

        12.2 Autres

    13. REFERENCES

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    14. AUTEUR(S), LECTEUR(S), DATE(S), ADRESS(ES) COMPLETE(S)

        Auteur:     Dr Jacqueline Jouglard
                    Centre de Toxicologie Médicale
                    Marseille
                    France
    
        Date:       25 février 1988
    
        Lecteur:    Dr P. Munne
                    Barcelona
                    Espagne
    
        Date:       avril 1988
    
        Comité de lecture:   Hamilton, Canada, mai 1989
        Comité de lecture:   Londres, Royaume-Uni, mars 1990
    
        Mise à jour:         Cardiff, Royaume-Uni, mars 1995
        Mise à jour:         MO Rambourg Schepens, juin 2000

    

See Also:
        Ethylene glycol (CHEMINFO)
        Ethylene glycol (ICSC)
        Ethylene glycol (PIM 227)