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Barium and salts

1. NOM
   1.1 Substance
   1.2 Classe
   1.3 Synonymes
   1.4 Numéros d'identification
      1.4.1 Numéro CAS
   1.5 Noms commerciaux
   1.6 Fabricants, importateurs
2. RESUME
   2.1 Principaux risques et organes cibles
   2.2 Résumé des effets cliniques
   2.3 Diagnostic
   2.4. Premiers gestes et principes de traitement
3. PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES
   3.1 Origine de la substance
   3.2 Structure chimique
   3.3 Propriétés physiques
      3.3.1 Couleur
      3.3.2 Etat/Présentation
      3.3.3 Description
   3.4 Autres caractéristiques
4. UTILISATIONS / CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATION
   4.1 Utilisations
      4.1.1 Utilisations
      4.1.2 Description
   4.2 Circonstances à haut risque
   4.3 Population à risque professionnel
5. VOIES D'ENTREE
   5.1 Voie orale
   5.2 Inhalation
   5.3 Voie cutanée
   5.4 Voie oculaire
   5.5 Voie parentérale
   5.6 Autres
6. CINETIQUE
   6.1 Absorption selon la voie d'exposition
   6.2 Distribution selon la voie d'exposition
   6.3 Demi-vie biologique selon la voie d'exposition
   6.4 Metabolisme
   6.5 Elimination selon la voie d'exposition
7. TOXICOLOGIE
   7.1 Mode d'action
   7.2 Toxicité
      7.2.1 Données chez l'homme
         7.2.1.1 Adultes
         7.2.1.2 Enfants
      7.2.2 Données chez l'animal
      7.2.3 Données in vitro
      7.2.4 Normes sur les lieux de travail
      7.2.5 Dose journalière admissible (DJA) et autres taux indicatifs
   7.3 Carcinogénicité
   7.4 Tératogénicité
   7.5 Mutagénicité
   7.6 Interactions
8. ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES
   8.1 Echantillonage
      8.1.1 Prélèvement de spécimens et d'échantillons
      8.1.2 Stockage des spécimens et échantillons de laboratoire
      8.1.3 Transport des spécimens et échantillons de laboratoire
   8.2 Analyses toxicologiques et interprêtation
      8.2.1 Test sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons
      8.2.2 Tests sur les spécimens biologiques
   8.3 Examens biomédicaux et interprêtation
      8.3.1 Analyse biochimique
         8.3.1.1 Sang, plasma ou sérum
         8.3.1.2 Urine.
      8.3.2 Analyse des gaz du sang artériel
      8.3.3 Analyse hématologique
      8.3.4 Interprétation des examens biochimiques
   8.4 Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation
   8.5 Interprétation globale de l'ensemble des analyses et examens toxicologiques
   8.6 References
9. EFFETS CLINIQUES
   9.1 Intoxication aiguë
      9.1.1 Ingestion
      9.1.2 Inhalation
      9.1.3 Voie cutanée
      9.1.4 Contact oculaire
      9.1.5 Voie parentérale
      9.1.6 Autres voies
   9.2 Intoxication chronique
      9.2.1 Ingestion
      9.2.2 Inhalation
      9.2.3 Voie cutanée
      9.2.4 Contact oculaire
      9.2.5 Voie parentérale
      9.2.6 Autres voies
   9.3 Evolution, pronostic, cause du décès
   9.4 Description analytique des effets cliniques
      9.4.1 Cardiovasculaires
      9.4.2 Respiratoires
      9.4.3 Neurologiques
         9.4.3.1 SNC
         9.4.3.2 Système nerveux périphérique
         9.4.3.3 Système nerveux autonome
         9.4.3.4 Muscles lisses et muscles striés
      9.4.4 Gastro-intestinaux
      9.4.5 Hepatiques
      9.4.6 Urinaires
         9.4.6.1 Renaux
         9.4.6.2 Autres
      9.4.7 Système endocrinien et de la reproduction
      9.4.8 Dermatologiques
      9.4.9 Oeil, oreille, nez, gorge: effets locaux
      9.4.10 Hématologiques
      9.4.11 Immunologiques
      9.4.12 Metaboliques
         9.4.12.1 Troubles acido-basiques
         9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques
         9.4.12.3 Autres
      9.4.13 Réactions allergiques
      9.4.14 Autres effets cliniques
      9.4.15 Risques particuliers
   9.5 Autres
   9.6 Résumé
10. TRAITEMENT
   10.1 Principes généraux
   10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique
   10.3 Decontamination
   10.4 Elimination
   10.5 Traitement antidotique
      10.5.1 Adultes
      10.5.2 Enfants
   10.6 Discussion sur le traitement
11. ILLUSTRATION PAR DES CAS CLINIQUES
   11.1 Cas cliniques de la littérature
12. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
   12.1 Mesures preventives spécifiques
   12.2 Autres
13. REFERENCES
14. AUTEUR (S), LECTEUR (S), DATE (S) (Y COMPRIS MISES A JOUR), ADRESSES COMPLETES



    BARYUM ET SELS DE BARYUM

    International Programme on Chemical Safety
    Poisons Information Monograph G004F
    Chemical


    1.  NOM

        1.1  Substance

             Baryum

             Oxydes
             oxyde de baryum
             hydroxyde de baryum
             peroxyde de baryum

             Sels
             acétate
             benzène sulfonate
             bromate
             bromure
             carbonate
             chlorate
             chlorure
             chromate
             cyanure
             fluorure
             fluorosilicate
             hyposulfite
             manganate
             nitrate
             nitrite
             perchlorate
             phosphate
             platino-cyanate
             séléniure
             siliciure
             stéarate
             sulfate
             sulfure
             thiocyanate
             thiosulfate
             titanate
             uranate

        1.2  Classe

             Elément du groupe IIa (2)
             Métal alcalino-terreux.

        1.3  Synonymes

             Pas de données

        1.4  Numéros d'identification

             1.4.1  Numéro CAS

                    Baryum 7440-39-3

                    Oxydes
                    oxyde de baryum 1304-28-5
                    hydroxyde de baryum 17194-00-2
                    peroxyde de baryum 1304-29-6

                    Sels
                    acétate 543-80-6
                    benzène sulfonate 515-72-0
                    bromate 13967-90-3
                    bromure 10553-31-8
                    carbonate 513-77-9
                    chlorate 13477-00-4
                    chlorure 10361-37-2
                    chromate 10294-40-3
                    cyanure 542-62-1
                    fluorure 7787-32-8
                    fluorosilicate 17125-80-3
                    hyposulfite 35112-53-9
                    manganate 7787-35-1
                    nitrate 10022-31-8
                    nitrite 12047-79-9
                    perchlorate 14674-74-9
                    stéarate 6865-35-6
                    sulfate 7727-43-7
                    sulfure 21109-95-5
                    thiocyanate
                    thiosulfate 35112-53-9
                    titanate 12047-27-7

             1.4.2  Autres numéros

                    Baryum
                    RETCS: CQ 8370000
                    NIOSH: cas 837OOOO
                    DOT: 1399/1400/1854

                    Oxydes:
                    oxyde de baryum NIOSH: CQ 9800000
                    peroxyde de baryum NIOSH: CR 0175000

                    Sels
                    acétate NIOSH: AF 4550000
                    bromate RTECS: EF 8715000
                    carbonate NIOSH: CQ 8600000
                    chlorate NIOSH: FN 9770000
                    chlorure NIOSH: CQ 87500000
                    chromate NIOSH: CQ 8760000
                    cyanure NIOSH: CQ 8785000

                    fluorure NIOSH: CQ 9100000
                    fluorosilicate NIOSH: CR 0525000
                    nitrate NIOSH: CQ 9625000
                    perchlorate RTECS: SC 7550000
                    stéarate NIOSH: WI 2840000
                    sulfate NIOSH: CR 0600000
                    sulfure RTECS: CR 0270000

        1.5  Noms commerciaux

             Pas de données

        1.6  Fabricants, importateurs

             Pas de données

    2.  RESUME

        2.1  Principaux risques et organes cibles

             Le baryum stimule l'ATPase membranaire. Il se comporte
             comme un bloqueur sélectif de la perméabilité potassique
             passive transmembranaire et entraîne une hypokaliémie
             extracellulaire, elle-même responsable d'effets sur la
             musculature lisse et striée et notamment cardiaque.
             Seuls les sels solubles du baryum sont toxiques.

        2.2  Résumé des effets cliniques

             Les troubles résultent des effets de l'hypokaliémie sur
             la musculature lisse et striée. L'atteinte de la musculature
             cardiaque se traduit par des troubles du rythme et de la
             conduction. L'atteinte des muscles squelettiques entraîne,
             après une phase initiale de contracture douloureuse, des
             paralysies flasques. L'atteinte de la musculature
             respiratoire peut être responsable d'une insuffisance
             respiratoire aiguë avec cyanose.

        2.3  Diagnostic

             Le diagnostic d'intoxication par les sels solubles de
             baryum repose sur l'anamnèse et/ou sur l'apparition de
             douleurs abdominales violentes accompagnées de diarrhées
             aqueuses ou sanglantes, de myoclonies pouvant se généraliser
             en convulsions, ou de paralysie musculaire flasque, et de
             l'apparition de troubles du rythme ventriculaire évoluant
             vers la fibrillation ventriculaire.
             La radiographie de l'abdomen sans préparation permet de
             visualiser le baryum radio-opaque dans le tube digestif, en
             cas d'ingestion.
             La radiographie d'une zone cutanée, brûlée par un dérivé
             soluble du baryum permet de visualiser des débris de
             substance restés in-situ.
    

             La radiographie pulmonaire permet de visualiser des signes de
             barytose dans le cadre d'une intoxication chronique.
             La radiographie osseuse permet de visualiser des dépôts
             osseux avec ostéosclérose, en particulier au niveau du
             maxillaire et du fémur.
             Le dosage du baryum plasmatique pourra confirmer le
             diagnostic.

        2.4. Premiers gestes et principes de traitement

             Le traitement de l'intoxication vise:
             - à précipiter et éliminer les sels de baryum non encore
             absorbés, par des solutions de sulfate de magnésium ou de
             sulfate de sodium.
             - à corriger l'hypokaliémie.
             - à maintenir une ventilation en cas de paralysie de la
             musculature respiratoire.
             - à corriger les troubles cardiaques.
             Le dosage de la kaliémie immédiat et tout au long de
             l'évolution permettra de traiter et de surveiller cette
             intoxication.
             Le dosage plasmatique du baryum permettra d'en apprécier la
             gravité.

    3.  PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES

        3.1  Origine de la substance

             Le baryum représente 0,05% de l'écorce terrestre. Ses
             principaux minerais sont le carbonate (BaCO3) dénommé
             withèrite, et surtout le sulfate (BaSO4) dénommé barytine
             ou barytite.
             Il est préparé par réduction de l'oxyde de baryum par
             l'aluminium, le silicium ou le ferrosilicium, à 1200°C.
             Dans les régions aquifères le baryum peut être retrouvé dans
             l'eau de boisson du fait de l'érosion des roches
             sédimentaires.

        3.2  Structure chimique

             Symbole: Ba
             Numéro atomique: 56
             Poids moléculaire: 137,34
             Valence: 2

        3.3  Propriétés physiques

             3.3.1  Couleur

                    Blanc argenté

             3.3.2  Etat/Présentation

                    Bloc solide

             3.3.3  Description

                    Densité: 3,51 à 20°C.
                    Point de fusion: 725°C.
                    Point d'ébullition: 1640°C.
                    Tension de vapeurs: 13,3 mbar à 1049°C.
                                        53,3 mbar à 1195°C.
                                        133 mbar à 1301°C.
                                        533 mbar à 1518°C.
    
    
    Dérivés          Poids      Densité     Point de         Point          Solubilité
                  moléculaire               Fusion °C    d'ébullition
                                                              °C
    
    Baryum          137,36      3,5 (20°C)   752            1640
    Ba
    
    Baryumacétate   255,45      2,19       perd H2O                   1 g pour 1,5 ml d'eau
    C4H6BaO4                               à 110°C                      1 g pour 700 ml d'alcool
    
    Baryum          451,70
    benzène
    sufonate
    C12H10BaO6S2
    
    Baryum          393,19      3,99       décomposition                dans l'eau: g/100 ml
    bromate                                   à 260°C                   0,44 (10°C); 39
    BaBr2O6                                                             (100°C) sol. acétone
                                                                        # insol. alcool
    
    Baryum          297,19                    850°C                     très sol. eau
    bromure                                                             sol. méthanol # insol.
    BaBr2                                                               éthanol
    
    Baryum          197,37      4,29       décomposition                dans l'eau: 24 mg/L à
    carbonate                                à 1300°C                   20°C 60 mg/L à 100°C
    BaCO3                                                               sol. acide; insol. alc
    
    Baryum          304,27      3,179        414°C                      sol. dans eau et HCl
    chlorate
    BaCl206
    
    Baryum          208,27      3,86         963°C                      sol. eau: 375 g/L à
    chlorure                                                            26°C 590 g/L à 100°C
    BaCl2                                                               sol. méthanol peu sol.
                                                                        HCl # insol. éthanol
    

    Dérivés          Poids      Densité     Point de         Point          Solubilité
                  moléculaire               Fusion °C    d'ébullition
                                                              °C
    

    Baryum          253,37      4,50                                    # insol. eau, acide
    chromate                                                            acétiqueou chromique
    BaCr04                                                              dilué
    
    Baryum          189,40                                              très sol. eau
    cyanure                                                             sol. alcool
    Ba(CN)2
    
    Baryum          175,36      4,83         1353°C         2260        sol. eau g/L: 1,58 à
    fluorure                                                            (10°C) 1,62 (30°C)
    BaF2                                                                sol. acide
    
    Baryum          279,45      4,29       décomposition                Sol. eau g/100 ml:
    fluorosilicate              à 300°C     0,015 à 0°C
    BaF6                                                                0,091 à 100°C
                                                                        peu sol. acide dilué
                                                                        # insol. alcool
    
    Baryum          171,38      3,743         78°C                      sol eau 16,7 g/L (0°C)
    hydroxyde                                                           947 g/L (100°C)
    BaH2O2
    
    Baryum          267,34      2,90                                    sol. eau g/100 ml
    hypophosphite                                                       28,6 (17°C); 33,3
    Ba(PO2H2)2                                                          (100°C) # insol. alcool
    
    Baryum          256,29      4,85                                    sol. eau, alcool,
    manganate                                                           acétone
    BaMnO4
    
    Baryum          261,38      3,24         590°C                      sol. eau
    nitrate                                                             peu sol. alcool,
    Ba(NO3)2                                                            acétone
    
    Baryum          229,38      3,187                                   sol. eau # insol.
    nitrite                                                             alcool
    Ba(NO2)2
    
    Baryum          153,36      5,7          1920°C                     sol. eau, acide
    oxyde                                                               très sol. méthanol,
    Ba0                                                                 éthanol
    
    Baryum          336,27                                              sol. eau, méthanol
    perchlorate                                                         peu sol. éthanol
    Ba(ClO4)2                                                           # insol. ether
    

    Dérivés          Poids      Densité     Point de         Point          Solubilité
                  moléculaire               Fusion °C    d'ébullition
                                                              °C
    

    Baryum          169,36                                              # insol. eau
    peroxyde
    BaO2
    
    Baryum          233,35      4,16                                    # insol. eau
    phosphate                                                           sol. HCl dilué
    BaPO4H
    
    Baryum          436,66      3,05                                    sol. eau
    platinocyanate
    BaPt(CN)4
    
    Baryum          216,32      5,02
    séléniure
    BaSe
    
    Baryum          193,48
    Siliciure
    BaSi2
    
    Baryum          233,43      4,5          1580°C                     # insol. eau 2,46 mg/L
    sulfate                                                             25°C 4,13 mg/L 100°C
    BaSO4                                                               et acide dilué
    
    Baryum          169,42      4,36       > 2000°C                     peu sol. eau froide
    sulfure                                                             + sol. eau chaude
    BaS                                                                 sol. NH4Cl
    
    Baryum          253,52                                              très sol. eau
    thiocyanate                                                         sol. acétone,
    Ba(SCN)2                                                            méthanol, éthanol
    
    Baryum          249,48                                              peu sol. eau # insol.
    thiosulfate                                                         alcool, éther,
    BaS2O3                                                              acétone
    
    Baryum          233,26      6,08         1625
    titanate
    BaTi03
    
    Baryum          725,5                                               # insol. eau
    uranate                                                             sol. acide
    BaU2O7
    
                     sol.= soluble
                     insol.= insoluble
                     #insol.= pratiquement insoluble
    

                    Le baryum fait partie des alcalino-terreux. C'est un
                    métal tendre, blanc argenté lorsqu'il est pur, très
                    malléable. Brillant lorsqu'il vient d'être coupé, il
                    se ternit rapidement au contact de l'air puis devient
                    brun-jaunâtre et finalement gris. Il semble qu'il se
                    couvre d'une couche d'oxyde et de nitrure. Il possède
                    une forte affinité pour l'eau. Il s'oxyde à l'air en
                    formant une couche superficielle protectrice.
    
                    Les principaux sels insolubles sont: le sulfate, le
                    carbonate, les phosphates, le fluorure, les chromates,
                    le silicate et le fluosilicate.
                    Le carbonate est insoluble dans l'eau mais soluble
                    dans les acides dilués. Le sulfate est insoluble dans
                    l'eau, pratiquement insoluble dans les acides
                    dilués.
    
                    Les sels solubles sont: le chlorure, l'oxyde, le
                    nitrate.
                    Le chlorure est très soluble dans l'eau, soluble dans
                    les acides dilués.
                    L'oxyde est soluble dans l'eau et dans les acides
                    dilués. Le nitrate est soluble dans l'eau, insoluble
                    dans l'alcool, soluble dans les acides (87g/L d'eau à
                    20°, 347 g/L à 100°).
                    L'hydroxyde est partiellement soluble dans l'eau (à
                    20°C 3,89 g de Ba(OH)2 dans 100 g d'eau).

        3.4  Autres caractéristiques

             Le baryum métallique sous forme divisée peut s'enflammer
             sous l'effet d'une élévation de température et/ou au contact
             de l'air humide ou de tout autre gaz oxydant; il doit être
             conservé sous hélium ou argon sec. Il peut aussi être
             conservé sous pétrole.
             L'eau réagit sur le baryum à température ordinaire avec
             dégagement d'hydrogène.
             Ba + 2H2O ----> Ba(OH)2 + H2 = 92,500 Kcal.
             La réaction avec l'ammoniac, l'azote, l'hydrogène ou
             l'oxygène est très exothermique.
             Le baryum peut réagir de manière explosive au contact d'un
             hydrocarbure halogéné tel que: monofluorotrichlorométhane,
             trifluorotrichloroéthane, tétrachlorure de carbone,
             trichloréthylène, perchloréthylène.
             Il a une grande affinité pour l'azote, le soufre et le
             phosphore.
    
             Le sulfure de baryum est phosphorescent.
             Les dérivés du baryum colorent la flamme en vert.

    4.  UTILISATIONS / CIRCONSTANCES DE L'INTOXICATION

        4.1  Utilisations

             4.1.1  Utilisations

             4.1.2  Description

                    (Haguenoer & Furon, 1981)
                    Le métal:
                    - Alliage avec l'aluminium ou le magnésium pour la
                    fabrication de piégeurs à gaz dans les tubes
                    électroniques.
                    - Alliage avec le nickel pour l'industrie automobile.
                    - Porteur pour le radium.
                    - Extincteur pour les feux d'uranium ou de plutonium.
                    Les oxydes:
                    - L'oxyde, BaO, sous forme poreuse, permet de sécher
                    les gaz et les solvants (pétrole, alcool divers). Il
                    est utilisé dans la fabrication d'huile et de
                    lubrifiant.
                    - L'hydroxyde, Ba(OH)2, est utilisé dans la
                    fabrication du verre, dans la vulcanisation du
                    caoutchouc, comme inhibiteur de corrosion, comme
                    lubrifiant, dans le raffinage des huiles minérales et
                    végétales, dans l'industrie du sucre.
                    - Le peroxyde, BaO2, est employé dans le blanchiment
                    des fibres textiles et de la paille, dans la
                    fabrication de l'eau oxygénée, pour amorcer les
                    combustions dans les bombes calorimétriques ou en
                    aluminothérapie, dans les cathodes et comme agent
                    d'oxydation en synthèse organique.
                    Les sels:
                    - L'acétate, Ba(CH3COO)2, entre dans la
                    composition de lubrifiants. Il sert de catalyseur en
                    synthèse organique et comme mordant d'impression dans
                    le textile.
                    - Le benzène sulfonate est utilisé comme additif aux
                    huiles de lubrification.
                    - Le bromate, Ba(BrO3)2, sert à préparer les
                    bromates de terres rares et comme inhibiteur de
                    corrosion dans les aciers à faible teneur en
                    carbone.
                    - Le bromure, BaBr2, entre dans la préparation de
                    substances phosphorescentes.
                    - Le carbonate, BaCO3, est employé sous forme
                    d'appâts comme raticide et corvicide. Il entre dans la
                    fabrication de tuiles, de briques, de céramiques,
                    émaux, peintures et dans l'industrie du verre pour
                    obtenir des verres lourds à indice de réfraction
                    élevé. Il entre comme charge dans la fabrication du
                    papier. Il est enfin utilisé dans des électrodes, des
                    verres optiques et comme réactif analytique.
    

                    - Le chlorate, BaClO3, sert en pyrotechnie (feux de
                    Bengale verts), mais est aussi utilisé dans la
                    fabrication d'allumettes et explosifs. C'est un
                    mordant en teinturerie.
                    - Le chlorure, BaCl2, est utilisé dans l'industrie
                    des pigments, des laques, du verre. En teinturerie, il
                    est utilisé comme mordant, comme charge et pour
                    teinter les fibres textiles. Il sert dans le raffinage
                    de l'aluminium, le tannage des cuirs, la fabrication
                    du chlore et de la soude. Il a aussi été utilisé en
                    médecine vétérinaire mais des accidents foudroyants
                    ont été observés à la dose de 300 mg en intra-veineux
                    direct chez le cheval.
                    - Le chromate, BaCrO4, est un pigment anticorrosion
                    pour les métaux, mais il entre aussi dans les
                    peintures d'art, dans la coloration du verre, des
                    céramiques et de la porcelaine.
                    - Le cyanure, Ba(CN)2, est utilisé dans certains
                    bains d'électrométallurgie.
                    - Le fluorure, BaF2, sert à opacifier les émaux,
                    dans la fabrication de verres, dans l'embaumement.
                    - Le fluorosilicate, BaSiF6, est un pesticide. Il
                    est employé comme insecticide et raticide. Il s'est
                    révélé efficace dans le traitement contre les vers des
                    vignes, le carpocapse des pommiers et le
                    doryphore.
                    - L'hypophosphite, Ba(PO2H2)2, est utilisé dans
                    le nickelage.
                    - Le manganate, BaMnO4, est un pigment utilisé dans
                    les peintures sur fresque.
                    - Le nitrate, Ba(NO3)2 est utilisé en pyrotechnie
                    (pour faire des signaux de secours verts), et dans
                    l'industrie des tubes à vide.
                    - Le nitrite, Ba(NO2)2, permet des réactions de
                    diazotation. C'est un agent anticorrosif. Il est
                    utilisé dans les explosifs.
                    - Le perchlorate, Ba(ClO4)2, permet la
                    détermination de la ribonucléase. C'est un absorbant
                    pour l'eau dans le dosage du C et de H.
                    - Le phosphate, BaPO4H, est employé comme substance
                    ignifuge et dans la fabrication d'objets
                    phosphorescents.
                    - Le platino-cyanate, BaPt(CN)4, est utilisé pour
                    faire des écrans aux rayons X en radiographie.
                    - Le séléniure, BaSe, est employé dans l'industrie des
                    semi-conducteurs et des cellules photoélectriques.
                    - Le siliciure, BaSi2, permet de désoxyder et de
                    désulfurer les acides.
                    - Le stéarate, est utilisé comme stabilisant dans
                    l'industrie des revêtements plastiques.
                    - Le sulfate, BaSO4, entre dans la fabrication du
                    papier photographique, de la cellophane, du
                    caoutchouc, des résines, des fibres synthétiques, des

                    encres pour lithographie, de l'ivoire artificielle. Ce
                    sulfate étant insoluble même en milieu acide il est
                    employé comme produit de contraste aux rayons X, lors 
                    des explorations du tube digestif, par voie orale ou
                    en lavement. Il est incorporé à la plupart des
                    dispositifs intra-utérins.
                    - Le sulfure, BaS, permet d'obtenir des objets
                    phosphorescents. Il entre dans la fabrication de la
                    lithopone et la vulcanisation du caoutchouc. Il est
                    parfois utilisé comme dépilatoire.
                    - Le thiocyanate, Ba(SCN)2, est utilisé en
                    teinturerie, photographie, comme agent dispersant pour
                    la cellulose.
                    - Le thiosulfate (hyposulfite), BaS2O3, sert dans
                    la fabrication d'allumettes, d'explosifs, dans
                    certains procédés photographiques et en chimie
                    analytique.
                    - Le titanate, BaTiO3, est utilisé dans l'industrie
                    électronique.
                    - L'uranate, BaU2O7, est utilisé en peinture sur
                    porcelaine.
                    Les dérivés du baryum sont également utilisés dans la
                    fabrication de ciments spéciaux, et pour la protection
                    contre les rayonnements ionisants.
                    Certains composés sont utilisés dans l'industrie des
                    matières plastiques. Ce sont des agents stabilisants
                    qui empêchent la polymérisation spontanée ou la
                    dégradation des polymères (thermodégradation,
                    photodégradation, vieillissement). Parmi ces composés
                    on trouve en particulier des sels d'acides gras de
                    baryum.

        4.2  Circonstances à haut risque

             Les risques proviennent principalement de l'ingestion de
             dérivés solubles du baryum.
             Intoxications aiguës par confusion:
             Ce sont souvent des intoxications collectives.
             - Les sels de baryum sont interdits comme rodenticides dans
             de nombreux pays car ils sont à l'origine d'intoxications par
             confusion avec des produits alimentaires, (intoxications
             alimentaires collectives après utilisation de sels de baryum
             raticides pris pour de la farine).
             - Ingestion de sel (NaCl) contaminé par du BaCl2 (présence
             de gisements de baryum dans les mines de sel du district de
             Yi-Pin, dans la province du Shi Chuai en Chine).
             - Ingestion de saucisses, contaminées par carbonate de
             baryum, chez 24 patients en Israël (Lewi & Bar-Khayim,
             1964).
             - Des intoxications médicamenteuses se sont produites lors
             d'examens radiologiques. Il s'agissait de confusions entre le
             sulfate de baryum et des sels solubles.

             Intoxications aiguës volontaires:
             Il s'agit alors d'intoxications individuelles. Les produits
             utilisés sont des sels solubles du baryum, notamment ceux qui
             étaient contenus dans les rodenticides et dans les produits
             dépilatoires.

        4.3  Population à risque professionnel

             Les risques industriels viennent de l'inhalation mais
             aussi de l'ingestion de poussières contenant des dérivés du
             baryum.
             Intoxications aiguës:
             Elles sont très rares, néanmoins, le risque ne doit pas être
             négligé car les composés solubles dans l'eau ou dans l'eau
             additionnée d'acides (notamment le carbonate, le chlorure,
             l'hydroxyde, l'oxyde, le nitrate) sont extrêmement
             dangereux.
             - contamination par voie pulmonaire:
             Les composés solubles du baryum peuvent pénétrer dans
             l'organisme à l'état finement divisé par voie respiratoire
             (au cours du broyage ces composés solubles sont sous forme de
             poussières ou d'aérosols).
             - contamination par voie cutanée:
             Des intoxications générales consécutives à des brûlures
             cutanées par du chlorure de baryum on été décrites (Stewart &
             Hummel, 1984).
             - contamination par voie orale:
             Elles sont consécutives à des méprises.
             Intoxications chroniques:
             - Les sels solubles provoqueraient des dépôts osseux avec
             ostéosclérose principalement du maxillaire et du fémur.
             - Les composés insolubles, notamment le sulfate sont inhalés
             sous forme de poussières et sont à l'origine de
             pneumoconioses, la barytose.

    5.  VOIES D'ENTREE

        5.1  Voie orale

             - Les sels solubles de baryum passent assez facilement
             la barrière digestive.
             - Les sels insolubles ne passent pas la barrière digestive,
             mais des impuretés solubles ont été à l'origine d'accidents.

        5.2  Inhalation

             Elle est fonction de la solubilité des sels inhalés. Les
             poussières solubilisables passent facilement la paroi
             alvéolo-capillaire. Certaines poussières peu solubilisables
             peuvent passer partiellement la paroi alvéolo-capillaire
             (Einbrodt et al., 1972).

        5.3  Voie cutanée

             Le baryum sous forme de stéarates ne franchit pas la
             peau du lapin et du cobaye (Schmidt et al., 1975).
             Certains sels caustiques (chlorure), peuvent provoquer des
             brûlures cutanées et pénétrer en quantité suffisante pour
             être dosables dans le plasma et entraîner des signes
             biologiques (Stewart & Hummel, 1984).

        5.4  Voie oculaire

             Irritation oculaire.
             Chez le lapin, une dose unique de nitrate de baryum pendant
             24 heures entraîne une irritation oculaire sévère.

        5.5  Voie parentérale

             Pas de données

        5.6  Autres

             Pas de données

    6.  CINETIQUE

        6.1  Absorption selon la voie d'exposition

             Voie orale:
             Par cette voie, l'absorption ne concerne que les composés
             solubles dans l'eau ou dans les acides dilués (principalement
             carbonate, chlorure, hydroxyde, oxyde et nitrate de
             baryum).
             Ces sels solubles traversent la barrière digestive. Le
             transport sanguin est essentiellement plasmatique. Le sulfure
             de baryum, au contact du suc gastrique produit de l'hydrogène
             sulfuré qui est un inhibiteur de la respiration cellulaire et
             provoque des anoxies tissulaires.
             Pour certains composés, un effet caustique s'associe aux
             phénomènes d'absorption.
             - Données animales:
             Chez les animaux de laboratoire, l'absorption dépend de
             nombreux facteurs: espèce, composé testé, alimentation.
             Le facteur d'absorption par cette voie serait de 0,90.
             (Kojola et al., 1978)
             L'absorption par la muqueuse gastrique, chez le rat, est
             rapide, environ une demi-heure.
             - Données humaines:
             Chez l'homme, l'absorption a été estimée à environ 5% chez
             l'adulte, mais serait peut-être supérieure pour certains
             auteurs (10%). Chez l'enfant, l'absorption serait
             significativement plus élevée.
    

             Inhalation:
             - Les sels solubles, à l'état finement divisé, peuvent
             pénétrer assez facilement dans l'organisme en traversant la
             paroi alvéolo-capillaire. Le facteur d'absorption par cette
             voie serait de 0,75. (Kojola et al., 1978). L'absorption de
             solutions déposées sur la muqueuse nasale de hamsters est,
             pour les 4 premières heures, de 61% contre 11% pour
             l'absorption gastrique (Cuddihy & Griffith, 1973).
    
             - Les sels insolubles, sous forme de poussières, ont tendance
             à s'accumuler au niveau de l'arbre respiratoire et sont à
             l'origine de pneumoconioses.
             Données animales:
             Aucun transport par voie lymphatique n'a été observé chez les
             rats après inhalation de BaSO4 pendant deux mois.
    
             Données humaines:
             Certains auteurs ont fait la preuve d'un passage partiel de
             la barrière pulmonaire, car ils ont retrouvé le baryum dans
             les os, en particulier pour des poussières de sulfate. La
             clairance dépend, dans ce cas, non seulement de la solubilité
             du dérivé, mais aussi, de la taille des particules.
    
             Voie cutanée:
             Une absorption peut avoir lieu sur une peau antérieurement
             lésée ou lorsque le sel en cause entraine des lésions
             caustiques.
    
             Voie placentaire:
             Du baryum a été retrouvé chez des nouveaux-nés, ce qui
             tendrait à prouver que ce produit traverse la barrière
             placentaire (Schroeder & Mitchener, 1975).
             Chez des foetus de souris, du baryum a été retrouvé dans le
             squelette, spécialement dans les zones de croissance. A
             l'exception de l'oeil, les taux retrouvés dans les tissus
             mous étaient faibles.
    
             Allaitement:
             La présence de baryum chez les enfants de moins de un an
             pourrait être due à une alimentation par le lait maternel
             (Schroeder & Mitchener, 1975).

        6.2  Distribution selon la voie d'exposition

             Le corps humain contient normalement du baryum,
             approximativement 22 à 24 mg, dont la plus grande partie
             (90%) se trouve dans les os. Il n'y a pas d'accumulation avec
             l'âge ni de différence d'un sexe à l'autre (Kojola et al.,
             1978). Le transport est essentiellement plasmatique.
    

             Voie orale:
             - Données animales:
             La présence de baryum dans les follicules thyroïdiens a été
             constatée chez certains bovins, mais, d'une façon générale,
             on ne trouve guère de baryum dans les glandes endocrines.
             (Haguenoer & Furon, 1981)
             - Données humaines:
             Après ingestion de nitrate de baryum, 54% du baryum est
             transporté par une protéine plasmatique, en concurrence avec
             le transport protéique du calcium (Clayton & Clayton,
             1981).
             Le baryum se fixe au niveau des muscles pendant les 30
             premières heures. A un degré moindre, il se fixe aussi,
             initialement, dans le poumon, le rein et la rate. Le baryum
             est aussi retrouvé dans les yeux. Le foie ne stocke pas ce
             métal. Il n'y a pas de fixation cérébrale (Haguenoer & Furon,
             1981).
             Puis il libère lentement les sites pour se concentrer dans
             les os (le site préférentiel de localisation serait la
             surface de l'os). Le baryum a une grande affinité pour le
             tissu osseux avec accumulation au niveau des maxillaires, des
             fémurs (Haguenoer & Furon, 1981), et de la moelle osseuse. Il
             est incorporé à l'os de façon similaire au calcium, mais
             sensiblement deux fois plus rapidement. Cette fixation est en
             partie irréversible.
             Des dosages après autopsie montrent que les taux osseux
             humains sont relativement constants (Clayton & Clayton, 1981).
             Des traces persistent dans les cheveux.
    
             Inhalation:
             - Selon toute vraisemblance, les sels solubles, lorsqu'ils
             sont inhalés suivent la même distribution que
             précédement.
             - Lors de l'inhalation de sels insolubles on observe un
             stockage pulmonaire responsable d'une pneumoconiose, la
             barytose.
    
             Voie parentérale:
             L'injection d'isotopes radio-actifs de baryum et de calcium
             montre que le baryum est rapidement et préférentiellement
             transféré du sang vers l'os. Les taux sanguins de baryum
             diminuent plus rapidement que ceux du calcium, du fait de la
             plus grande affinité osseuse du baryum.

        6.3  Demi-vie biologique selon la voie d'exposition

             Voie orale:
             - Après ingestion le baryum plasmatique disparait presque
             complètement en 24 heures (Clayton & Clayton, 1981).

             - L'administration orale de chlorure de baryum chez le rat
             montre une absorption rapide (environ 30 minutes) par
             différents organes après absorption par la muqueuse
             gastrique.
             - Les pics de concentration sont de l'ordre d'une heure et
             demi pour les tissus mous, et deux heures pour le tissu
             squelettique (Kojola et al., 1978).

             Voie parentérale:
             Les demi-vies osseuses ont été calculées par Newton et al.
             (1977). Ils rapportent 3,5 jours pour 22,6% de la dose
             injectée, 35,1 jours pour 4,2%, 741 jours pour 3,9% et 8000
             +ou- 4900 jours pour 1,6%. Thomas et al. (1973) donnent une
             demi-vie globale de 460.
             Pour Domaski et al. (1966), la fraction libre, après une dose
             unique, est de 34,8%, 16 jours après, chez le rat
             Pour Clary & Tardiff (1974), une estimation de la demi-vie
             biologique du baryum chez le rat serait de l'ordre de 90 à
             120 jours.
    
             - données humaines:
             Pour Harrison et al. (1967), après l'injection intraveineuse
             d'une seule dose chez l'homme, les taux tissulaires maximum
             sont obtenus une heure à une heure et demi après l'injection.
             La fraction libre, après une injection unique, est de 10,5%,
             15 jours après l'injection.
             Pour Clary & Tardiff (1974), 2/3 de la dose totale se
             retrouve dans le corps 14 jours après l'exposition.

        6.4  Metabolisme

             Le mécanisme par lequel le baryum se dépose dans les
             tissus n'est pas très bien connu. Quoiqu'il en soit, il
             semble que, chez l'homme, il soit qualitativement similaire à
             celui du calcium, bien que quantitativement très différent.

        6.5  Elimination selon la voie d'exposition

             Voie orale:
             Elle est urinaire et digestive, mais elle prédomine dans les
             selles. Il existe aussi une élimination par les cheveux
             (Haguenoer & Furon, 1981).
             - données animales:
             Chez le rat, l'élimination est respectivement de 7% dans les
             urines et 20% dans les fèces en 24 heures.
             - données humaines:
             Chez l'homme, approximativement 72% du baryum ingéré est
             éliminé dans les fèces.
             Le métabolisme du baryum diffère de celui du calcium par
             cette prépondérance de l'élimination fécale. La clairance
             urinaire du baryum peut-être augmentée par une perfusion
             saline. Le baryum est excrété plus rapidement que le
             calcium.
    

             Voie parentérale:
             Pour Newton et al. (1967), elle est là encore urinaire et
             digestive. Elle prédomine dans les selles même après
             injection intra-veineuse. 84% du baryum injecté en intra-
             veineux est éliminé dans les 6 premiers jours (Haguenoer &
             Furon, 1981).
    
             - Données animales:
             Chez le rat l'élimination urinaire (7%) est, en 24 heures,
             plus faible que l'élimination fécale (20%) (Clayton &
             Clayton, 1981).
    
             - Données humaines:
             Chez l'homme, le ratio entre élimination fécale et rénale
             serait de 9/1.
             24 heures après l'injection intra-veineuse ou intra-
             musculaire de chlorure de baryum, 20% sont retrouvés dans les
             selles et 5 à 7% sont retrouvés dans les urines, chez
             l'adulte comme chez l'enfant.

    7.  TOXICOLOGIE

        7.1  Mode d'action

             L'entrée du Ba++ dans la cellule est plus facile que
             celle des ions plus petits, relativement beaucoup plus
             chargés (Borowitz & Shankbaky, 1977).
    
             1° Effets membranaires
             Le baryum stimule l'ATPase membranaire, Na-K dépendante. Il
             se comporte comme un bloqueur sélectif de la perméabilité
             potassique passive transmembranaire.
             Il entraîne:
             - une dépolarisation des membranes cellulaires.
             - une diminution de la perméabilité du K+ par interaction
             au niveau des sites membranaires. Il en résulte une
             diminution de la diffusion passive du potassium vers le
             milieu extracellulaire sans diminution du transfert actif
             vers la cellule, aboutissant à une accumulation de K
             intracellulaire aux dépends du milieu extracellulaire.
             - Une inhibition de la pompe à calcium au niveau des
             membranes plasmatiques des microsomes cellulaires, avec
             relargage du Ca de ses sites membranaires, entraînant des
             contractions des fibres musculaires (Haguenoer & Furon,
             1981).
    
             2° Effets cellulaires généraux
             Sa toxicité pourrait être liée à son aptitude à dissocier les
             combinaisons sulfatées protoplasmiques au niveau des muscles
             lisses et du tissu nerveux.
    

             3° Effets sur les muscles
             BaCl2 provoque une contraction durable avec mouvements
             fibrillaires:
             - des muscles striés
             - des muscles lisses
             Les contractions induites par le Ba++ sont principalement
             dues au relargage du Ca et en partie à une stimulation
             directe des éléments contractiles.
             Le baryum stimule la transmission synaptique par libération
             d'acétylcholine, puis succède un blocage neuro-musculaire,
             qui semble être du à la modification de la perméabilité au K
             avec maintien de la dépolarisation au niveau de la plaque
             motrice. Les contractions et fibrillations musculaires sont
             aussi dues aux interférences ioniques Ba++ Ca++. Toute
             les cellules musculaires sans discrimination sont touchées
             qu'elles soient lisses ou striées.
             L'exploration électrophysiologique ne montre aucune anomalie
             de conduction des fibres nerveuses. Il n'y a pas non plus de
             modifications histologiques de la cellule musculaire.
             Les études récentes semblent démontrer que les effets
             musculaires sont autant dus aux modifications de perméabilité
             vis à vis du potassium (hypokaliémie de transfert) qu'aux
             effets directs du cation baryum.
    
             4° Effets cardiaques
             Au niveau cardiaque on observe un ralentissement et une
             augmentation de l'amplitude des contractions, ainsi que des
             fibrillations à fortes doses. Le baryum augmente
             l'excitabilité et la conductibilité cardiaque. Tous les
             troubles sont potentialisés par l'hypokaliémie observée de
             façon constante (Rosza & Berman, 1971).
             L'arythmie cardiaque due au baryum est antagonisée par les
             prostaglandines: PGF2a,PGE2,PGA et PGE.
             Le baryum provoque une forte vaso-constriction artérielle par
             stimulation directe du muscle artériel, antagonisée par les
             inhibiteurs calciques.
    
             5° Sur l'estomac
             En plus de l'action sur la musculature, le Ba++ stimule la
             sécrétion acide de l'estomac, par diminution de la différence
             de potentiel et diminution de l'entrée intracellulaire des
             ions Cl-.
             De plus cette stimulation gastrique peut également être la
             conséquence d'un relargage d'histamine par le Ba++.
             A la différence du strontium, le Ba++ provoque une
             sécrétion importante d'histamine, même en l'absence
             d'inducteur.
             Le muscle lisse est violemment stimulé (péristaltisme).
    
             6° Effets sur la sécrétion biliaire
             Ba++ stimule la fonction biliaire.
    

             7° Effets sur les métabolismes
             - Catécholamines:
             Le baryum stimule la sécrétion médullo-surrénalienne de
             catécholamines. Il imite l'action du calcium dont il ne
             modifie pas la distribution intracellulaire dans la
             médullosurénale.
             Il active aussi la tyrosine hydroxylase .
             - Calcium:
             Les sels de baryum stimulent la sécrétion de calcitonine,
             hormone hypocalcémiante.
             - Insuline:
             Le baryum stimule la sécrétion d'insuline en l'absence
             d'hyperglycémie par action directe sur les îlots
             pancréatiques.
             Ces effets métaboliques sont, pour la plupart, provoqués par
             action directe du Ba++ simulant l'action de Ca++ (Somers
             et al., 1976).

        7.2  Toxicité

             7.2.1  Données chez l'homme

                    7.2.1.1  Adultes

                             Seuls les sels solubles sont
                             toxiques.
                             Les intoxications peuvent survenir pour des
                             doses faibles. Les doses létales per os pour
                             la majorité des sels varient de 0.8 à 15 g.
                             Pour le BaCl2 elles sont de l'ordre de 0,8
                             à 0,9 grammes (Clayton & Clayton, 1981), soit
                             0,55 à 0,60 g de baryum. Pour BaCO3 elles
                             sont de 2 à 4 g.
                             Le carbonate et le sulfite sont aussi
                             toxiques mais agissent plus lentement. BaS et
                             BaCl2 à la dose de 100 mg provoquent des
                             symptômes graves.

                    7.2.1.2  Enfants

                             Pas de données

             7.2.2  Données chez l'animal

                    Les doses toxiques varient en fonction de
                    l'espèce, du composé, de l'âge et d'autres facteurs.
                    - Intoxication aiguë:
                    La dose létale 50 par voie orale en aigu chez le rat
                    nouveau-né est de 220 mg/kg, de 132 mg/kg, chez le rat
                    adulte.
                    Des chiens recevant des doses orales de 0,1 à 1
                    mmol/kg de chlorure de baryum (Chou & Chin, 1943),
                    développent des troubles gastro-intestinaux, des

                    paralysies des muscles squelettiques, mais peu de
                    troubles cardiaques ou respiratoires. Pour des doses
                    intra-veineuses de 0,03 à 0,1 mmol/kg ils présentent
                    une toxicité cardiaque marquée.
                    L'injection sous cutanée de chlorure de baryum à dose
                    unique de 5mg/kg chez le lapin entraine des signes
                    d'intoxication aiguë, puis le décès en 2 heures à 2
                    heures 30.
                    Des chiens recevant des perfusions de chlorure de
                    baryum à la dose de 1 µmol/kg/minute (Roza & Berman,
                    1971) développent en moins de 5 minutes une
                    hyperthermie, des extrasystoles, puis des
                    fibrillations ventriculaires, des paralysies
                    squelettiques et respiratoires, puis l'arrêt
                    cardiaque. La dose létale chez le chien pour le
                    chlorure de baryum est de 30 mg/kg.
                    - Intoxication chronique:
                    Des intoxications chroniques ont été reproduites par
                    injections de 10,5 et 2 mg/kg chez des lapins, qui
                    décédaient en 98 à 193 jours.
                    Des contacts cutanés, à dose de 12 mg/kg/j, pendant 26
                    semaines, ont entraîné, chez des cobayes, des
                    hyperplasies myéloïdes de la rate, du foie et de la
                    moëlle osseuse, ainsi que des modifications
                    cellulaires sanguines périphériques.

             7.2.3  Données in vitro

                    La perfusion de pancréas isolé de rat, par des
                    solutions contenant 2 mEq/L de Ba++, provoque une
                    sécrétion d'insuline. Ce mécanisme est antagonisé par
                    le calcium, le magnésium et le vérapamil. Il est
                    potentialisé par l'EGTA (éthylène-glycol-2-
                    (aminoéthyl)-tétracétique acide), le glucose, la
                    théophylline, et la cytochalasine B, (Somers et al.,
                    1976).

             7.2.4  Normes sur les lieux de travail

                    Valeurs dans l'atmosphère:
                    La valeur limite de concentration des composés
                    solubles du baryum exprimée en Ba++ a été fixée à
                    0,5 mg/m3, dans l'air inspiré. (Le TLV-TWA pour 8
                    heures par jour et 40 heures par semaine est de 0,5 mg
                    de Ba/m3)

             7.2.5  Dose journalière admissible (DJA) et autres taux
                    indicatifs

                    Valeurs dans les eaux de boisson:
                    Aux Etats-Unis, la teneur en baryum des eaux de
                    boissons doit être inférieure à 200 µg/L d'eau, avec
                    des MCL (niveau maximum de contamination) de 1000
                    µg/L.
                    La norme CEE est de 100 µg/L.
                    La norme US EPA pour les eaux de boisson est de 1
                    mg/L, et les doses orales totales de référence sont de
                    0,05 mg/kg/jour.

        7.3  Carcinogénicité

             Le sulfate de baryum est rapporté comme étant une
             substance potentiellement tumorigène chez le rat (RTECS).
             Le chromate de baryum a été rapporté comme étant un
             carcinogène positif chez l'homme, et un carcinogène indéfini
             chez l'animal (IARC, 1980), mais les propriétés
             carcinogénétiques pourraient être dues à la présence du
             chrome et non à celle du baryum.

        7.4  Tératogénicité

             Chez des rates, exposées à des doses de 3,1 et 13,4 mg
             de BaCO3/m3, 24 jours avant la conception et durant la
             gestation, on note une augmentation de la mortalité foetale
             et des petits poids à la naissance, mais pas d'effets
             tératogènes (Tarasenko, 1977).
             Chez l'embryon de poulet, une injection de chlorure de baryum
             dans le sac embryonnaire au 8° jour de développement montre
             des défauts de développement des orteils. Aucun effet n'est
             retrouvé lorsque l'injection a lieu au 4° jour du
             développement (Ridgeway & Karnofsky, 1952).
             Le carbonate provoque des altérations de la fonction des
             spermatozoïdes aussi bien lors des intoxications aiguës que
             chroniques, par ingestion ou par inhalation. Une augmentation
             de la période de repos du cycle oestral chez l'animal a été
             décrite (Haguenoer & Furon, 1981).

        7.5  Mutagénicité

             Nishioka (1975) rapporte que le chlorure de baryum
             n'augmente pas la fréquence des mutations des brins
             déficients réparés de bacillus subtilis. Contrairement à
             d'autres métaux, le baryum n'a pas d'effets sur la synthèse
             de l'ADN.

        7.6  Interactions

             Pas de données

    8.  ANALYSES TOXICOLOGIQUES ET EXAMENS BIOCHIMIQUES

        8.1  Echantillonage

             8.1.1  Prélèvement de spécimens et d'échantillons

                    Les méthodes de dosage par spectrographie sont
                    applicables sur l'air ambiant et les substances
                    biologiques solubles dans l'acide chlorhydrique.
                    Aucune procédure spécifique n'est requise.
                    - Dosage dans l'eau: le volume minimum requis est de
                    200 ml.

             8.1.2  Stockage des spécimens et échantillons de
                    laboratoire

                    - Dosage dans l'eau: le contenant doit être en
                    verre ou en plastique (de préférence, polyéthylène
                    avec un couvercle en polypropylène);
                    - Dosage dans le sol et les sédiments: container en
                    polyéthylène.
                    - Matériel biologique: congelé ou lyophilisé. Lorsque
                    le produit est lyophilisé, il peut-être conservé à
                    température ambiante pendant plusieurs années sans
                    modifications significatives.

             8.1.3  Transport des spécimens et échantillons de laboratoire

                    Pas de données

        8.2  Analyses toxicologiques et interprêtation

             8.2.1  Test sur le(s) élément(s) toxique(s) des échantillons

                    Détection dans l'air:
                    - Méthode basée sur la formation de chromate de
                    baryum
                    - Méthode de Yagoda basée sur la formation de cristaux
                    mixtes de sulfate de baryum et de permanganate de
                    potassium.
                    - Méthode volumétrique par dosage avec l'acide
                    éthylènediamine-tétracétique.
                    - Méthodes physico-chimiques:
                    * néphélométrie du sulfate de baryum 
                    * électrodes spécifiques au baryum
                    * absorption atomique
                    - Méthode spectrographique de Grabowski et Unice
    
                    Un test simple permet de vérifier la pureté du sulfate
                    de baryum: le mélange de sulfate de baryum et d'eau
                    donne une suspension claire. l'adjonction d'une

                    solution de sulfate de magnésium ou de sulfate de
                    sodium qui précipiterait prouverait la présence de
                    sels solubles dans la suspension.

             8.2.2  Tests sur les spécimens biologiques

                    - colorimétrie.
                    - spectrométrie;
    
                    - colorimétrie:
                    Après précipitation sous forme de chromate de baryum
                    et dissolution en milieu HCl, l'intensité de la
                    coloration jaune peut-être mesurée. On peut aussi
                    mesurer celle donnée par le complexe violet entre le
                    Cr6+ et la diphénylcarbazide.
                    - spectrométrie d'absorption atomique:
                    en utilisant une flamme réductrice à 553.6 nm.
    
                    Interpretation:
                    Les taux sériques engendrant des signes cliniques
                    seraient de l'ordre de 18 microgrammes/L.

        8.3  Examens biomédicaux et interprêtation

             8.3.1  Analyse biochimique

                    8.3.1.1  Sang, plasma ou sérum

                             <8.3.1.1.>Ionogramme: recherche d'une
                             hypokaliémie

                    8.3.1.2  Urine.

                             <8.3.1.2.>Recherche d'une hématurie éventuelle.

             8.3.2  Analyse des gaz du sang artériel

             8.3.3  Analyse hématologique

                    Bilan d'hémolyse, quelques rares cas ayant été
                    décrits; dosage de la methémoglobine en cas
                    d'intoxication au nitrate de baryum; NFS en cas
                    d'intoxication chronique.

             8.3.4  Interprétation des examens biochimiques

        8.4  Autres examens biochimiques (diagnostiques) et interprétation

        8.5  Interprétation globale de l'ensemble des analyses et examens
             toxicologiques

             L'hypokaliémie est le signe essentiel de cette
             intoxication et devra être contrôlée tout au long de
             l'évolution.

        8.6  References

    9.  EFFETS CLINIQUES

        9.1  Intoxication aiguë

             9.1.1  Ingestion

                    Les troubles résultent des effets toxiques sur
                    la musculature lisse, striée ou cardiaque.
                    L'hypokaliémie et ses complications cardiorythmiques
                    restent le principal danger de cette intoxication.
                    Classiquement, l'évolution se fait soit vers le décès
                    dans les 48 premières heures, soit, passé ce délai,
                    vers la restitution ad-integrum.

             9.1.2  Inhalation

                    Un cas d'intoxication aiguë par inhalation a
                    été décrit. Il s'agit d'un sujet de 22 ans qui reçoit
                    une projection de poudre de carbonate de baryum sur le
                    visage et l'inhale sans l'avaler. Une heure après il
                    présente des crampes abdominales, des nausées, des
                    vomissements. Deux heures plus tard on constate une
                    hyper-salivation, une démarche ébrieuse. A l'hôpital
                    on diagnostique un syndrome de Guillain-Barré.
                    L'examen biologique montre une hématurie, une
                    augmentation de la créatininémie, une hypokaliémie
                    sévère à 0,3 mmol/L. Un diagnostic de paralysie
                    périodique hypokaliémique est alors porté. Le dosage
                    de baryum est cependant vérifié: le taux est de 250
                    mEq/L (pour une normale de 5 mEq/L). La
                    symptomatologie neurologique et rénale régresse en 5
                    jours environ grâce à des administrations importantes
                    de potassium intra-veineux (Shankle & Keane,
                    1988).

             9.1.3  Voie cutanée

                    - action locale:
                    Irritation cutanée ou brûlures selon le dérivé
                    considéré. Chez le lapin, une dose unique de 500 mg de
                    nitrate de baryum pendant 24 heures entraîne une
                    irritation cutanée modérée.
                    - action générale:
                    Une intoxication consécutive à une brûlure cutanée par
                    chlorure de baryum a été décrite. Elle a entraîné une
                    diminution de la kaliémie qui est passée de 3,3 mEq/L
                    au moment de l'admission à 2,2 mEq/L 4 heures plus
                    tard. 2 heures après l'accident, les taux plasmatiques
                    de baryum étaient de 12,4 mg/L (Stewart & Hummel,
                    1984).
    

                    Des contacts cutanés, à dose de 12 mg/kg/j, pendant 26
                    semaines, ont entraîné, chez des cobayes, des
                    hyperplasies myéloïdes de la rate, du foie et de la
                    moelle osseuse, ainsi que des modifications
                    cellulaires sanguines périphériques.

             9.1.4  Contact oculaire

                    Irritation oculaire.
                    Chez le lapin, une dose unique de nitrate de baryum
                    pendant 24 heures entraîne une irritation oculaire
                    sévère.

             9.1.5  Voie parentérale

                    Le chlorure de baryum a été utilisé en
                    intraveineuse direct en médecine vétérinaire. Des
                    accidents foudroyants ont été observés à dose de 300
                    mg en IVD chez le cheval.
                    Les expérimentations animales reproduisent
                    l'intoxication décrite par voie orale.

             9.1.6  Autres voies

                    Pas de données.

        9.2  Intoxication chronique

             9.2.1  Ingestion

                    Les effets chroniques sur la santé humaine,
                    notamment par exposition à des eaux de boisson, sont
                    mal déterminés, peu d' études épidémiologiques ou
                    expérimentales ayant été menées sur ce sujet (Kojola
                    et al., 1978).
                    Une étude comparant deux populations ayant bu pendant
                    au moins 10 ans des eaux contenant des taux respectifs
                    de baryum de 0,1 mg/L et 7,3 mg/L n'a montré aucune
                    différence significative quant à la pression
                    sanguine.

             9.2.2  Inhalation

                    - sels solubles:
                    L'absorption chronique de sels solubles aurait
                    provoqué des dépôts osseux avec ostéosclérose
                    principalement du maxillaire et du fémur.
                    - sels insolubles:
                    L'inhalation de sels insolubles correspond à
                    l'apparition d'une pneumoconiose bénigne, la barytose,

                    provoquée essentiellement par le sulfate et le
                    carbonate, ainsi que par les minerais et la
                    lithopone.
                    Dans les mines il faut aussi rappeler les risques de
                    silicose.

             9.2.3  Voie cutanée

                    Le baryum et certains de ses sels sont
                    responsables d'effets locaux irritatifs ou
                    caustiques.

             9.2.4  Contact oculaire

                    La causticité peut produire des irritations
                    conjonctivales avec larmoiement.

             9.2.5  Voie parentérale

                    Pas de données.

             9.2.6  Autres voies

                    Pas de données

        9.3  Evolution, pronostic, cause du décès

             Classiquement, l'évolution se fait, soit vers le décès,
             dans les 48 premières heures, par arrêt cardiorespiratoire
             d'origine hypoxique ou hypokaliémique, soit, passé ce délai,
             vers la restitution ad-integrum.

        9.4  Description analytique des effets cliniques

             9.4.1  Cardiovasculaires

                    Aiguë:
                    L'atteinte de la musculature cardiaque se traduit par
                    des troubles du rythme et de la conduction.
                    - ralentissement avec bradycardie, arythmie,
                    extrasystoles, bigéminisme, le tout évoluant vers la
                    fibrillation ventriculaire à l'origine de la mort qui
                    peut survenir en 1 à 2 heures. Les modifications
                    électrocardiographiques sont comparables à celles de
                    l'hypokaliémie.
                    Le baryum provoque une atteinte du métabolisme
                    énergétique du myocarde, une diminution de
                    l'excitabilité du système de conduction cardiaque dans
                    la région nodale atrioventriculaire.
                    - hypertension.
                    - vasoconstriction coronarienne.
                    - arrêt cardiaque
    

                    Chronique:
                    Tachycardie, arythmie, extrasystoles persistantes.

             9.4.2  Respiratoires

                    <9.4.2.>Aiguë:
                    - contraction de la musculature provoquant des
                    douleurs thoraciques angoissantes suivies d'une
                    paralysie des muscles respiratoires responsable d'une
                    insuffisance respiratoire aiguë avec cyanose (Deloste,
                    1986).
                    - arrêt respiratoire.
    
                    Chronique:
                    Le baryum et ses sels sont caustiques et peuvent
                    produire des irritations de la muqueuse rhino-
                    pharyngée, surtout le chlorure, le peroxyde, le
                    nitrate et le perchlorate.
                    Une toux d'irritation survient fréquemment.
    
                    L'exposition à long terme à des sels insolubles peut
                    entrainer l'apparition d'une pneumoconiose bénigne, la
                    barytose, provoquée essentiellement par le sulfate et
                    le carbonate, dérivés insolubles du baryum, ainsi que
                    par les minerais et la lithopone.
                    Cette barytose n'a habituellement aucune traduction
                    symptomatique et fonctionnelle.
                    - aspect radiologique: Il s'agit de petites opacités
                    de 2 à 3 mm de diamètre, facilement visibles après
                    quelques mois seulement d'exposition, à cause de la
                    radio-opacité du baryum. Plus tard, ces opacités
                    s'élargissent et s'intensifient, surtout au niveau des
                    noyaux lymphatiques hilaires. L'arrêt de l'exposition
                    correspond à une disparition progressive des images
                    radiologiques. Il s'agit donc d'une pneumoconiose
                    bénigne du fait de sa réversibilité.
                    - aspect microscopique: On observe, au début, une
                    mobilisation très faible de polynucléaires, avec
                    prolifération de macrophages et exsudat intra-
                    alvéolaire de faible intensité. Parfois apparaissent,
                    dans les alvéoles et les parois alvéolaires, des
                    macrophages contenant du baryum. A l'arrêt de
                    l'exposition, les modifications épithéliales
                    bronchiolaires régressent progressivement sans
                    provoquer de lésions.
                    Il n'a jamais été rapporté de cas de fibrose.

             9.4.3  Neurologiques

                    9.4.3.1  SNC

                             <9.4.3.1.>Aiguë:
                             Les troubles neuromusculaires sont quasi
                             constants. On observe des secousses ou des
                             contractures musculaires, au maximum des
                             convulsions, associées à des paralysies
                             flasques réalisant au maximum des paralysies
                             respiratoires.
                             En règle générale, il n'y a pas d'atteinte de
                             la conscience, cependant, on observe parfois
                             une somnolence et/ou une confusion.

                    9.4.3.2  Système nerveux périphérique

                             Tremblements fins des extrémités,
                             sans troubles sensitifs définis.

                    9.4.3.3  Système nerveux autonome

                             Hyperactivation du système nerveux
                             autonome, augmentation des catécholamines
                             plasmatiques.

                    9.4.3.4  Muscles lisses et muscles striés

                             Aiguë:
                             La phase initiale de contractures musculaires
                             douloureuses est suivie de paralysies
                             périphériques flasques, aréflexiques, liées
                             aux mouvements transmembranaires du potassium
                             et aux effets du baryum sur les fibres
                             musculaires striées.
                             Certains auteurs ont constaté que la durée
                             des troubles musculaires était en corrélation
                             avec les taux sériques de baryum, plutôt
                             qu'avec l'hypokaliémie (Phelan et al., 1984).
    
                             Peuvent se voir: une sensation de faiblesse
                             généralisée, une asthénie, des paralysies
                             flasques du cou, de la tête, du tronc, des
                             membres avec abolition des reflexes
                             tendineux.
                             Dans les cas graves, il existe une
                             quadriplégie complète, avec paralysie du
                             diaphragme et des inter-costaux, de la langue
                             et du pharynx, entrainant des troubles de la
                             phonation, de la déglutition, et une
                             insuffisance respiratoire aiguë avec
                             cyanose.
    

                             L'action directe du Ba++ sur les fibres
                             lisses de l'appareil digestif provoque des
                             gastro-entérites hémorragiques, avec
                             vomissements profus.
    
                             Chronique
                             Asthénie

             9.4.4  Gastro-intestinaux

                    Aiguë:
                    Troubles digestifs précoces:
                    - brûlures bucco-oesogastriques.
                    - hypersialorrhée.
                    - gastro-entérite hémorragique, par action directe du
                    Ba++ sur les fibres lisses de l'appareil digestif.
                    Les vomissements sont généralement très abondants. Ils
                    s'accompagnent de coliques, de diarrhées aqueuses et
                    de douleurs abdominales.
                    Le baryum, opaque aux rayon X, est visible sur les
                    radiographies de l'abdomen sans préparation.
    
                    Chronique:
                    Anorexie, amaigrissement.
                    Nausées, dyspepsie, sécheresse des muqueuses bucco-
                    pharyngées avec sensation de soif, hémorragies gastro-
                    intestinales.

             9.4.5  Hepatiques

                    Pas de données

             9.4.6  Urinaires

                    9.4.6.1  Renaux

                             Aiguë:
                             L'insuffisance rénale aiguë est rare. Elle
                             est secondaire à une néphrite tubulaire
                             interstitielle aiguë, conséquence d'une
                             hypovolémie non ou mal corrigée, induite par
                             les pertes ioniques digestives.
                             Une néphrotoxicité propre est mise en avant
                             par certains auteurs, mais l'utilisation
                             thérapeutique de sulfate de magnésium
                             intraveineux a pu être l'agent déclenchant
                             par précipitation du baryum dans le rein,
                             induisant une nécrose ou une obstruction
                             tubulaire (Wetherill et al., 1981). Cette
                             atteinte rénale est réversible.

                    9.4.6.2  Autres

                             Pas de données

             9.4.7  Système endocrinien et de la reproduction

                    Une diminution de la fécondité chez la femme a
                    été décrite. En outre, le foetus est beaucoup plus
                    sensible à l'action des différents sels de baryum,
                    surtout au cours de la première moitié de la grossesse
                    et particulièrement lors de la nidation et de la
                    formation du placenta. Ces effets se traduisent par
                    des modifications hématopoïétiques, cardiovasculaires
                    et du métabolisme minéral (Haguenoer & Furon, 1981).
                    Une corrélation entre le niveau de baryum dans les
                    eaux de boisson et des malformations humaines est
                    difficile à mettre en évidence.

             9.4.8  Dermatologiques

                    Le baryum et certains sels (chlorure, oxyde,
                    hydroxyde...) sont caustiques. Ils produisent des
                    irritations cutanées ou des lésions caustiques.

             9.4.9  Oeil, oreille, nez, gorge: effets locaux

                    Aiguë:
                    Le baryum et ses sels sont caustiques. Ils sont
                    responsables, par voie locale, d'une conjonctivite
                    douloureuse avec larmoiement.
                    Lors d'ingestion, une mydriase réactive est parfois
                    notée.
                    Des sensations de saveur désagréable ont été notées.

             9.4.10 Hématologiques

                    Aiguë:
                    En cas d'intoxications massives, des hémolyses ont été
                    notées.
                    Des méthémoglobinémies peuvent survenir lors
                    d'intoxications par du nitrate de baryum.
                    Une leucocytose est parfois observée.
    
                    Chronique:
                    Des modifications de la formule sanguine ont été
                    observées après ingestion subchronique de stéarate de
                    baryum. Elles étaient associées à des lésions
                    hépatiques et rénales (Haguenoer & Furon, 1981).
                    Des contacts cutanés répétés, à dose de 12 mg/kg/j,
                    pendant 26 semaines, ont entraîné, chez des cobayes,
                    des hyperplasies myéloïdes de la rate, du foie et de
                    la moelle osseuse, ainsi que des modifications
                    cellulaires sanguines périphériques.

             9.4.11 Immunologiques

                    - données animales:
                    Leucocytose.
                    Vacuolisation cytoplasmique des macrophages
                    péritonéaux de souris exposées au sulfate de baryum.

             9.4.12 Metaboliques

                    9.4.12.1 Troubles acido-basiques

                             Une acidose respiratoire peut
                             survenir.

                    9.4.12.2 Troubles hydro-électrolytiques

                             Aiguë:
                             L'hypokaliémie est considérée, classiquement,
                             comme liée aux pertes urinaires de potassium,
                             mais elle est en fait induite par des
                             mouvements transmembranaires du potassium des
                             liquides extracellulaires vers les liquides
                             intracellulaires (Diengott et al., 1964;
                             Shankle & Keane, 1988).

                    9.4.12.3 Autres

                             Chronique:
                             - effets osseux:
                             Des dépôts osseux avec ostéosclérose,
                             visibles en radiographie, en particulier au
                             niveau maxillaire et fémoral, ont été décrits
                             chez l'homme.

             9.4.13 Réactions allergiques

                    Pas de données

             9.4.14 Autres effets cliniques

                    Pas de données

             9.4.15 Risques particuliers

                    Une diminution de la fécondité chez la femme a
                    été décrite. En outre, le foetus est beaucoup plus
                    sensible à l'action des différents sels de baryum,
                    surtout au cours de la première moitié de la grossesse
                    et particulièrement lors de la nidation et de la
                    formation du placenta. Ces effets se traduisent par
                    des modifications hématopoïétiques, cardiovasculaires
                    et du métabolisme minéral (Haguenoer & Furon, 1981).
    

                    Une corrélation entre le niveau de baryum dans les
                    eaux de boisson et des malformations humaines est
                    difficile à mettre en évidence. Elle aurait été
                    retrouvée dans deux études et non retrouvée dans deux
                    autres.

        9.5  Autres

             Pas de données

        9.6  Résumé

             A compléter

    10. TRAITEMENT

        10.1 Principes généraux

             Le traitement de l'intoxication vise:
             - à précipiter et éliminer les sels de baryum non absorbés,
             par lavage gastrique, lavement, injection intra-veineuse,
             avec des solutions de sulfate de magnésium ou de sulfate de
             sodium,
             - à corriger l'hypokaliémie,
             - à maintenir une ventilation en cas de paralysie
             respiratoire,
             - à corriger les troubles cardiaques.

        10.2 Maintien des fonctions vitales et traitement symptomatique

             - l'intubation endo-trachéale et la ventilation
             assistée sont nécessaires, en cas d'insuffisance respiratoire
             due à la paralysie des muscles respiratoires.
             - les accès de contractures musculaires sont traités par le
             sulfate de sodium, antagoniste musculaire du baryum, par voie
             IV (10 ml de solution à 10% toutes les 30 minutes).
             L'intubation sous diazépam avec assistance ventilatoire peut
             s'avérer nécessaire.
             - les antiarythmiques et béta-bloquants sont utiles dans le
             traitement des accidents cardiaques.
             Le lactate de sodium a été proposé par certains auteurs pour
             traiter les troubles du rythme, mais, cette thérapeutique,
             alcalinisante, peut agraver l'hypokaliémie.
             - l'utilisation de KCl pour corriger l'hypokaliémie est
             essentielle, mais doit être prudente car il s'agit d'une
             hypokaliémie de transfert.
             - Pour traiter les douleurs abdominales, certains auteurs ont
             utilisé de l'atropine ou de la morphine.
             - correction des désordres électrolytiques et volémiques pour
             prévenir l'apparition d'une insuffisance rénale aiguë.
             - prévention des hémorragies digestives.
    

             - traitement d'une méthémoglobinémie éventuelle par le bleu
             de méthylène dans le cas d'une intoxication par du nitrate de
             baryum.

        10.3 Decontamination

              Ingestion
             Evacuation gastrique par lavages itératifs au sérum salé
             additionné de MgSO4 (solutions à 2 et 5%, 10 à 15 ampoules
             de 10 ml à 300 g/L).
             Lavements répétitifs, avec du sulfate de sodium, d'autant
             plus que des radiographies abdominales auront montré la
             présence de concrétions radio-opaques dans le grêle et/ou le
             colon.
    
              Inhalation
             Pas de données
    
              Contact cutané
             Lavage cutané à l'eau au moins 15 minutes puis
             hospitalisation.
             En cas de brûlure cutanée, radiographie, et, si présence de
             baryum in-situ, débridement chirurgical de la plaie.
    
              Contact oculaire
             Lavage oculaire à grande eau (jet doux et tiède), 15 minutes,
             puis hospitalisation.

        10.4 Elimination

              Ingestion
             - élimination des sels de baryum non absorbés:
             Elle peut être assurée, avant lavage, par l'administration,
             par sonde nasogastrique, d'une solution à 2 à 5% de sulfate
             de sodium (ou de magnésium), qui a la propriété de réagir
             avec les sels solubles de baryum et de les transformer en
             sels insolubles non toxiques. Exemple: 30 grammes de sulfate
             de sodium, dans 250 ml d'eau, per os ou par sonde naso-
             gastrique, à renouveler une heure après, si nécessaire.
             Des lavements avec du sulfate de sodium peuvent, sans risque,
             y être associés.
             - élimination des sels de baryum déjà absorbés:
             Certains auteurs ont utilisé du sulfate de magnésium en
             intraveineux (IV lente de 10 ml de solution à 10% toutes les
             15 minutes jusqu'à amélioration des signes cliniques). Ceci
             augmenterait peut-être le risque d'insuffisance rénale.
             La diurèse sodée forcée a été utilisée pour éliminer le
             baryum et ses complexes sulfatés.
             Une épuration extrarénale avec un bain de dialyse chargé en
             potassium (7,5 mmol/L), chez un sujet en hypokaliémie (1,7
             mmol/L) a été pratiquée avec succès dans un cas (Szajewski et
             al., 1988).
    

              Voie parentérale
             On pourra utiliser du sulfate de magnésium en intraveineux
             (IV lente de 10 ml de solution à 10% toutes les 15 minutes
             jusqu'à amélioration des signes cliniques), associé à une
             diurèse saline augmentée par du furosémide intraveineux
             (Wetherill et al., 1981). Ceci augmenterait peut-être le
             risque d'insuffisance rénale.
             Une épuration extrarénale avec un bain de dialyse chargé en
             potassium (7,5 mmol/L), chez un sujet en hypokaliémie (1,7
             mmol/L), a été pratiquée avec succès dans un cas d'ingestion
             (Szajewski et al., 1988). Cette méthode pourrait
             éventuellement être mise en oeuvre, en cas d'intoxication par
             voie parentérale

        10.5 Traitement antidotique

             10.5.1 Adultes

                    Le vérapamil a une action antagoniste
                    compétitive sur les effets coronaro-constricteurs du
                    baryum. Les béta-bloquants s'opposent à l'action
                    cardiaque du baryum.
    
                    La seule mesure efficace est un apport de potassium.
                    Cependant cette thérapeutique est contre-indiquée en
                    cas d'insuffisance rénale majeure (créatininémie
                    supérieure à 100 mg/L) car le pool potassique n'est
                    pas modifié; l'apport de potassium doit être prudent
                    en cas d'hypoaldostéronisme (diabète, insuffisance
                    rénale).
                    Les quantités totales nécessaires pour traiter une
                    intoxication varient. Elles sont souvent importantes
                    et doivent être adaptées à la kaliémie (exemple: 254
                    mmol en 3 jours, 240 mEq en 16 heures, 420 mEq en 24
                    heures,...).

             10.5.2 Enfants

                    Pas de données

        10.6 Discussion sur le traitement

             L'utilisation de sulfate de magnésium en intraveineux
             est discutée. Celui-ci précipite les sels solubles de baryum
             mais risque de ce fait de provoquer une insuffisance rénale
             par obstruction et nécrose tubulaire. Certains auteurs
             pensent que le sulfate de magnésium est à éviter. D'autres
             considèrent qu'il peut être utilisé, si l'indication prime la
             contre-indication, l'insuffisance rénale étant habituellement
             complètement régressive en quelques semaines.